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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film)
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(THE ANGEL'S SHARE) Ken LOACH - GB 2012 1h41mn VOSTF - avec Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland, William Ruane, Jasmin Riggins, Roger Allam, Siobham Reilly, Charles MacLean... Prix du Jury au Festival de Cannes 2012.
Pour faire une bonne comédie écossaise, il faut des joyeux lurons en kilt et à l'accent incompréhensible basé sur le roulement infini des rrrr, des paysages de landes avec un mouton psychopathe à l'hectare, une bonne dose d'humour non-sensique et quelques bonnes rasades de whiskies aux noms imprononçables (vous reprendrez bien un petit Auchentoshan, ou alors un Glenglassaugh, à moins qu'un Glendronach vous semble moins tourbeux ?). Contrairement à ce que laisserait penser la carrière du très honorable Ken Loach, l'homme des drames sociaux bouleversants, il y a bien tout ça dans son nouveau film parfaitement jubilatoire et drolatique. Mais même si La Part des anges redonne ses lettres de noblesse à la comédie anglaise, les personnages de Ken Loach sont toujours aussi authentiques et profondément émouvants et l'Écosse montrée dans le film n'a rien d'une jolie carte postale. Des personnages venus de l'univers traditionnel du réalisateur, celui des jeunes laissés pour compte de Glasgow, la capitale ouvrière écossaise, bien loin des Highlands verdoyants.
Au centre du récit, Robbie, un petit délinquant à la gueule d'ange qui a cumulé malgré son jeune âge bagarres et séjours en prison. A priori un jeune mec déjà foutu. Mais Robbie est sur le point de devenir père et ça lui remet quelques idées en place. Pour l'amour de sa dulcinée et de son pioupiou, il est bien décidé à se ranger. Pas facile quand la moitié de Glasgow veut lui faire la peau, aussi bien les copains des gars à qui il a cassé le nez que sa « belle famille » qui veut tout faire pour l'éloigner, y compris l'empêcher d'accéder à la maternité, allant jusqu'à le soudoyer pour qu'il parte définitivement à Londres…
Mais Robbie, même s'il doit prendre des gnons, va s'accrocher, comme tous les héros amochés mais tenaces de Ken Loach. Il va d'abord accepter sans rechigner un travail d'intérêt collectif et repeindre avec d'autres bras cassés un bâtiment municipal à l'abandon. Ce sera sa chance car Albert, un éducateur au profil de pilier de pub, va le prendre sous son aile, comprenant que derrière la petite brute il y a un potentiel… Le vrai déclic se produira quand Albert va lui communiquer sa passion des bons whiskies, Robbie s'avérant un nez exceptionnel, capable de reconnaître les subtilités des meilleurs crus. Et ce nouveau talent, d'une dégustation chic à Edimbourg jusqu'à une visite de distillerie au fin fond des Highlands, va changer sa vie, vous allez voir comment, ce n'est pas triste !
Ken Loach alterne situations hilarantes et bouleversantes sans tomber dans l'angélisme ni la complaisance. Hilarant quand, dans une scène d'ouverture d'anthologie, Rhino, un des pieds nickelés qui suivra Robbie, est totalement ivre au bord d'un quai de gare la nuit et ne comprend rien aux injonctions, via haut-parleur, du chef de gare alors qu'un train s'approche. C'est d'autant plus drôle que Loach ne force pas les situations mais tire l'humour de la vitalité, de la fantaisie, de l'humanité de ces gens qu'il aime et qu'il filme depuis des décennies, ces prolos perdus du Nord de l'Angleterre et de l'Écosse. Il sait être bouleversant quand Robbie fond en larmes lors d'une confrontation avec le jeune homme qu'il a frappé sans raison plusieurs semaines auparavant et qui en est encore traumatisé…
Et quand la lumière se rallume, bousculés par le rire et l'émotion que nous ont offerts tous ces sacrés écossais au coeur aussi gros que leurs défauts, on n'a qu'une envie : se retrouver avec quelques amis pour en parler autour d'un bon whisky qui sent la lande.
