MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif). PASS CAMPUS : 3,50 euros. Paiement CB, Chèque ou Espèces.

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA DU 22 SEPTEMBRE AU 2 NOVEMBRE 2021 ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA DU 22 SEPTEMBRE AU 2 NOVEMBRE 2021 ( À TÉLÉCHARGER)...

LA GAZETTE UTOPIA DU 18 AOÛT AU 21 SEPTEMBRE ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA DU 18 AOÛT AU 21 SEPTEMBRE ( À TÉLÉCHARGER)...

LA NOUVELLE GAZETTE UTOPIA DU 7 JUILLET AU 3 AOÛT ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA NOUVELLE GAZETTE UTOPIA DU 7 JUILLET AU 3 AOÛT ( À TÉLÉCHARGER)...

LE PROGRAMME UTOPIA 299 - DU 30 SEPTEMBRE AU 10 NOVEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LE PROGRAMME UTOPIA 299 - DU 30 SEPTEMBRE AU 10 NOVEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)...

OLD JOY

Kelly REICHARDT - USA 2006 1h15mn VOSTF - avec Will Oldham, Daniel London, Tanya Smith, la chienne Lucy... Scénario de Kelly Reichardt et Jonathan Raymond, d’après sa nouvelle.

Du 21/10/21 au 02/11/21

OLD JOYDeux hommes et une chienne en balade dans les paysages somptueux des montagnes de l’Oregon, nord-ouest des Etats Unis. Un film comme une escapade, hors des sentiers trop bien tracés d’une vie citadine et raisonnable, un film comme une parenthèse (dés)enchantée. Enchantée parce que vieille amitiée renouée, communion avec la nature, air pur, sensation de liberté, obligations familiales, sociales, professionnelles oubliées… Désenchantée parce qu’évidence que ça ne va pas durer, que le retour à la réalité sera douloureux, parce que sentiment de perte d’un certain état d’enfance, d’innocence, d’insouciance. Le titre exprime avec grâce ce bien-être mélancolique, ou cette mélancolie bienheureuse: Old joy dit-il. Et un passage du dialogue explicite : « sorrow is nothing but and old joy », traduit dans les sous-titres par : « la tristesse n’est rien d’autre qu’une joie passée »…

Lorsque Mark reçoit ce coup de fil inattendu de Kurt, il flemmarde dans son jardin, tandis que Tania, sa femme enceinte jusqu’au cou (précisons l’échelle : au front, c’est l’accouchement), se force à boire un jus de quelque chose, sans doute bourré de vitamines super bonnes pour la santé mais visiblement dégueulasse au goût… Kurt est en ville, il propose à Mark une virée en forêt, comme au bon vieux temps, histoire de reprendre leur amitié là où ils l’avaient laissée, on ne saura pas trop où… Mark n’accepte pas tout de suite, il se sent obligé de demander « l’autorisation » à Tania, non sans lui avoir proposé hypocritement (gros ventre et randonnée, ça fait hiatus) de les accompagner. L’épouse accepte, forcément, mais ne fait pas semblant de se réjouir de l’opportunité offerte au futur papa de se changer les idées… En trois plans et deux lignes de dialogue, la situation est campée : Mark se sent coincé dans sa petite vie de famille, même s’il faudrait sans doute le torturer à mort pour le lui faire avouer…

Kurt, lui, c’est tout l’inverse. Barbu hirsute en même temps qu’en voie de calvitie, petit bedon et visage poupin, il n’a pas quitté l’adolescence, vit à droite et à gauche, travaille en pointillé, ne s’est pas fixé (dans tous les sens du terme: sa consommation de substances prohibées s’arrête de toute évidence à l’herbe qu’il fume sans trop de modération). Vie apparemment sans contrainte qui ne signifie pas forcément épanouissement… Ce serait trop simple.
Une petite canadienne et quelques bricoles indispensables dans le coffre de la Volvo (la suédoise appartient à Mark, évidemment), la chienne Lucy sur la banquette arrière, et c’est parti. Le décor péri-urbain défile par la vitre, les deux potes échangent des nouvelles, Mark raconte comment son père, à l’âge de 70 ans, s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus supporter son mariage et a quitté le domicile conjugal, comment il a été atteint de caillots au cerveau qui ont disparu comme ils étaient venus… Et Kurt de commenter : c’est un peu comme ces vieux Indiens qui s’isolent pour mourir… De l’autre côté de la vitre, le paysage est devenu plus sauvage.

Kurt connaît le chemin, c’est pour ça qu’ils vont commencer par se paumer, et passer la première nuit dans un endroit choisi au petit bonheur, et qui se révélera au matin être une décharge sauvage ! Mais ne ricanez pas, la balade vaudra le détour, qui les mènera jusqu’à des sources d’eau chaude en pleine forêt… Séquences magnifiques, ambiance élégiaque, complicité retrouvée et peut-être équivoque, et cette mélancolie qui les envahira, qui ne nous quittera pas. Pas tout de suite en tout cas…