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ASTEROID CITY

Écrit et réalisé par Wes ANDERSON - USA 2023 1h45mn VOSTF - avec Jason Scharwatzman, Scarlett Johansson, Tom Hanks, Jeffrey Wright, Tilda Swinton, Bryan Cranston, Edward Norton, Adrien Brody, Margot Robbie, Steve Carrell… on s’arrête là mais on pourrait doubler, voir tripler le nombre d’actrices et d’act...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ASTEROID CITYAprès la déception (NDLR : pas forcément partagée par tous les membres d’Utopia) causée par The French dispatch il y a deux ans, le dandy Wes Anderson était attendu au tournant : Asteroid City allait-il être une nouvelle maison de poupée sans âme ou parviendrait-il à donner à son casting de stars XXL des rôles et un scénario un peu plus consistants ? Les admirateurs de Moonrise kingdom et de The Grand Budapest hotel peuvent être rassurés : la (grande) forme est largement revenue.
Asteroid City est l’histoire d’une convention de jeunes scientifiques amateurs qui se déroule en 1955, dans un site désertique du Nevada devenu une ville touristique depuis qu’une météorite s’y est écrasée. Mais le réalisateur étant un grand amateur de récits gigognes proliférants, c’est aussi la chronique d’une troupe de théâtre new-yorkaise dont les comédiens répètent dans la douleur une nouvelle pièce intitulée… Asteroid City.

La combinaison des deux donne un mélange de fantaisie apparente et de gravité en sourdine bardé d’hommages à l’Actors Studio et de clins d’œil à des classiques du cinéma aussi divers que Rencontres du troisième type de Spielberg, Le Gouffre aux chimères de Billy Wilder, ou encore New York-Miami de Frank Capra.
Format carré et noir et blanc pour le « making of » sur les planches, écran large et couleurs pop acidulées pour la « fiction », le film est, comme (presque) toujours chez Anderson, un régal esthétique. Avec des trouvailles formidables comme cette discussion amoureuse entre Scarlett Johansson et Jason Schwartzman à la fenêtre de leurs bungalows respectifs séparés par toute la largeur du cadre. On ne sait où donner du regard devant la multitude de détails et d’accessoires vintage plus ou moins réinventés par Wes Anderson et son chef décorateur, Adam Stockhausen.
Mais cette reconstitution aussi décalée que maniaque de l’Amérique des années 1950 n’est pas gratuite : elle rappelle que, derrière la façade triomphale d’une société de l’abondance et du progrès technologique, les États-Unis vivaient alors dans une intense paranoïa liée à la guerre froide – la bande-son, toujours aussi riche en morceaux musicaux improbables, est ponctuée par des bruits d’explosions, et un nuage en forme de champignon apparaît régulièrement pour rappeler qu’Asteroid City s’est développée à proximité d’une base d’essais nucléaires.

Et dans la profusion de silhouettes qui, pour nombre d’entre elles, ne passent que le temps d’une ou deux courtes scènes, Wes Anderson réussit, avec Jason Schwartzman, Tom Hanks et trois petites filles étonnantes, à faire exister une belle famille de cinéma, attachante et émouvante. Une famille où, comme dans ses plus belles réussites, tendresse et incompréhension réciproques se mêlent, dans les petites joies de l’existence comme dans la grande douleur du deuil.

(Samuel Douhaire, Télérama)