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UN PEU PLUS DE SOUTIEN
... du côté des artistes israéliens : Merci Utopia ! Nous soussignés, citoyens israéliens, cinéastes, enseignants et ouvriers de la culture, nous souhaitons remercier le circuit des salles Utopia pour leur décision de décaler la programmation du film israélien “A 5 heures de Paris” et de program...

L'« affaire Utopia » autour du film israélien : une polémique obscène
Texte publié par Simone Bitton sur son blog de Rue89 Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film A cinq heures de Paris par le réseau de salles Utopia - et son remplacement par mon film Rachel - me sont parvenus tardivement, plus d'une semaine après le début de cette étonnante polémiq...

Eyal Sivan : « Utopia, se réveiller »
Lettre d'Eyal Sivan, Paris 14 Juin 2010. Cela fait des années que les salles du réseau Utopia accueillent à la fois les films et les débats autour d'importants sujets de société dont la France d'en-haut n'aime pas discuter. Les salles Utopia font le lien entre un cinéma indépendant, les réseaux asso...

Lette à Frédéric Mitterand
Monsieur le Ministre, Nous aimons les films israéliens, nous les diffusons abondamment, qu'ils soient soutenus par des fonds israéliens ou qu'ils soit indépendants de ces fonds dans leur production, et nous avons depuis toujours organisé une foultitude de débats autour de ces films. C'est d...

LA SÉANCE DU LUNDI 15 MARS à 20h30 à Utopia Saint-Ouen sera suivie d’une rencontre avec Marc Dufumier, professeur, titulaire de la Chaire d’agriculture comparée et de développement agricole à l’Institut national agronomique Paris-Grignon, membre du conseil d’administration de l’Institut de recherches et d’applications des méthodes de développement (IRAM)www.iram-fr.org.

LE TEMPS DES GRÂCES

Dominique MARCHAIS - documentaire France 2009 2h03mn -

LE TEMPS DES GRÂCESUn superbe documentaire qui nous parle de l’impasse du monde agricole et par là même de notre rapport à la terre qui nous nourrit. Qui le fait sans leçon péremptoire, en laissant le temps de la parole aux paysans, agronomes, paysagistes qui tous dressent un constat terrible mais qui, tous, ont une esquisse de solution, si le courage politique combiné à un réel engagement des consom’acteurs sont de la partie.

Utopia a largement défendu Herbe, portrait éclairant des éleveurs laitiers bretons en plein paradoxe. Mais ce n’était un petit bout de la lorgnette… Dominique Marchais s’avoue totalement novice dans le monde rural. Il n’est pas ingénieur agronome, comme Olivier Porte, le réalisateur de Herbe, il n’a pas côtoyé durant plus de trois décennies les paysans comme Depardon. Il se revendique promeneur, amoureux des paysages façonnés par l’agriculture, à l’image des romanciers romantiques allemands pour qui la nature était une source d’inspiration infinie. Avec une légitime candeur, il veut juste comprendre pourquoi ce monde rural se bouleverse à vue d’œil, et ne semble pas tourner très rond. Pourquoi les haies et les chemins creux se sont raréfiés, pour laisser place à des paysage ouverts de champs à perte de vue ? Pourquoi les sols sont-ils morts ? Pourquoi le travail de la terre ne nourrit-il plus son homme, condamnant beaucoup d’agriculteurs à abandonner ou les obligeant à une double activité ?
Pour tenter de répondre à ces interrogations, Dominique Marchais ne s’est ni cantonné à une seule région (son road-movie rural nous conduit des riches plaines céréalières de l’Yonne au causses cévenoles qui font du si bon fromage persillé, en passant par les plateaux limousins et leurs splendides vaches rousses), ni à un seul type d’interlocuteurs. Bien sûr il rencontre de nombreux paysans (céréaliers, éleveurs laitiers bio, éleveurs ovins revendiquant leur lien avec l’industrie), mais aussi ceux qui pensent l’agriculture de demain et analysent les erreurs passées ou présentes : économiste, agronome, ou simple écrivain comme le génial Pierre Bergounioux, poète lucide et indispensable du monde paysan. Tous ces gens ont des parcours et des choix parfois radicalement différents et pourtant leur constat est sans appel : il faut faire, s’il est encore temps, un grand rétropédalage. Nos sols ont été totalement lessivés et détruits par une surproduction terrifiante et l’usage répété des intrants chimiques, et toute la technologie du monde ne fera bientôt plus rien pour les sauver et continuer à produire. On est fasciné de voir les microbiologistes analyser la teneur d’un sol de Champagne en micro organismes et comprendre pourquoi une vigne se meurt. Et pourtant les solutions, nos scientifiques les ont : il « suffirait » de reconstituer les haies, pourvoyeuses en matières ligneuses et champignons capables de reconstituer les sols. Economiquement, alors que les primes agricoles sont remises en cause et que les marges de la grande distribution ruinent les paysans, alors que l’installation de jeunes agriculteurs est devenue presque impossible à cause de la spéculation immobilière (habitat aussi bien que zones commerciales) et des blocages du syndicat agricole majoritaire, Marc Dufumier, génial enseignant à Agro Paris Tech, a aussi les réponses : sortir enfin du cycle infernal de la course à la production, justifiée par le mythe selon lequel la France devrait nourrir le monde (même si cela doit ruiner les paysans des pays du Sud), défendre des cultures à forte valeur ajoutée (notre camembert et notre champagne n’auront jamais de concurrents sérieux) et les circuits courts indépendants de la grande distribution.

Au bout de ce passionnant voyage, qui a en outre le mérite non négligeable de rendre esthétiquement « grâce » à la beauté des campagnes françaises, on se sent pris de l'irrésistible envie, en ces temps électoraux, de pousser nos candidats à prendre enfin les engagements qui s’imposent, alors que l’agriculture, pourtant source même de vie semble, étonnamment absente de leurs préoccupations.