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CINÉ TRICO'THÉ
    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 7 octobre pour la séance de CRASH TEST AGLAE à 14h15. Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h30 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Après «120 BPM», épargnez-nous vos louanges
Tribune de Didier Lestrade, journaliste, écrivain, cofondateur d’Act Up et de Têtu, parue dans Libération le 30 mai 2017 Il y a encore deux mois, ma mère me disait à table : ­«Didier, tu as tout fait contre le sida, c’est bien, maintenant, il faut que tu tournes la page et que tu écrives sur a...

APRÈS LA TEMPÊTE

Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA - Japon 2016 2h VOSTF - avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APRÈS LA TEMPÊTEComment le titre original japonais, littéralement « Plus profond que la mer », a-t-il pu se transformer en Après la tempête ? À la décharge du traducteur peu inspiré, il faut dire qu’il lui était difficile de deviner la référence limpide à une chanson d’amour sirupeuse des années 80 et à son interprète, Teresa Teng, considérée alors comme une diva en Asie. En passant d’une langue à l’autre on a perdu le petit clin d’œil amusé, la mise en bouche douce-amère, acidulée comme une sucette à l’anis, tout à la fois tendre et caustique. C’est le pouvoir des vieilles rengaines populaires : on a beau les trouver démodées et mièvres, elles nous replongent parfois, à notre corps défendant, des années en arrière, au pays perdu de l’enfance. En l’occurrence celle de Kore-Eda. Tout comme la cité HLM très photogénique qui sert de décor au film et dans laquelle le réalisateur a grandi. Mais si Kore-Eda fait de son passé une source d’inspiration, ce n’est pas pour se vautrer dans la nostalgie. Après la tempête est un film à la répartie cinglante et désabusée, souvent extrêmement drôle. Il faut dire qu’il est servi par une panoplie d’acteurs remarquables, qui n’en sont pas à leur premier film avec Kore-Eda.


Ce pourrait être un jeu des 7 familles… D’abord on tirerait la carte du père : Shinota Ryota. D’un tel père pour un peu on ne voudrait pas ! Certes séduisant, attachant en diable, mais si peu fiable qu’il finit invariablement par agacer ses plus fidèles alliés. Un looser magnifique ! Que cet écrivain à la carrière littéraire jadis prometteuse se contente à ce jour d’un petit boulot minable de détective privé étonne tout son monde. Il ressemble à ces anti-héros de romans noirs, solitaires, fuyant les côtés lumineux du monde. Véritable roi au pays des situations ubuesques, se ridiculisant régulièrement avant que d’autres ne le fassent. Perdant le peu qu’il gagne dans des paris, ainsi que le peu de crédit qu’il a encore aux yeux de la mère de son fils quand il ne parvient plus à payer la pension alimentaire.
Tiens, la mère, justement : Shirashi Kyoko. À force d’anticiper les ratés de son ex, d’assurer les arrières comme si elle était seule au monde, elle s’est faite plus dure qu’elle ne l’est. Corsetée par l’obligation d’être raisonnable en permanence, elle a perdu l’insouciance et la jovialité qui va avec. Elle est celle qui tente de construire en ne reproduisant pas les erreurs du passé et son nouveau prétendant, stable, sécurisant, est l’antithèse de Ryota (qui s’en agace, forcément).
Entre eux deux : le fiston ! Shingo, un adolescent plutôt docile, qui navigue entre ses géniteurs au gré des temps de garde. Observant l’un puis l’autre, sans vouloir choisir un camp. Après tout, ses deux parents, bien qu’imparfaits, sont tout de même à ses côtés.




Mais la famille ne serait pas complète sans le personnage – ô combien délicieux ! – de la grand-mère paternelle : Yoshiko. C’est dans l’appartement de ce petit bout de bonne femme pleine de bon sens et d’humour que l’intrigue va prendre toute son ampleur, que la finesse va l’emporter, loin des clichés auxquels ont pouvait s’attendre. Alors que le vingt troisième cyclone de l’année se déchaîne au dehors, père, mère, petit-fils et mère-grand vont se retrouver prisonniers toute une nuit de l’immeuble vieillissant devant lequel le grand poulpe de l’aire de jeux semble monter la garde. Une pause forcée où chacun est amené peu à peu à écouter, à entendre. Puis peut-être à pardonner aux autres ou à soi-même de n’avoir réussi à n’être qu’un pâle brouillon de celui qu’on espérait devenir. Et le jeune Shingo semble s’abreuver à cette source, se questionner, prêt à partir à la conquête de ses propres rêves…