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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ
    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 2 décembre pour la séance de AU REVOIR LA-HAUT à 13h50. Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h40 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

APPEL À PARTICIPATION
À force de tricoter bien au chaud, en papotant au ciné, un projet est né :  l’envie de réaliser un ouvrage collectif, de petits carrés d’environ 10cm x10cm, cousus les uns aux autres pour former des couvertures. Que nous enverrons à l’Auberge des migrants, à Calais. L’hiver approche – plus r...

STUPID THINGS

(DAYVEON) Amman ABBASI - USA 2017 1h15mn VOSTF - avec Devin Blackmon, Kordell « Kd » Johnson, Chasity Moore, Lachion Buckingham... Scénario d'Amman Abbasi et Steven Reneau.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

STUPID THINGSC'est un film lumineux et sensible qui pourrait avoir le même parcours que le merveilleux Moonlight sorti au printemps. Le point commun entre les deux films : parler d'une situation violente, celle de jeunes noirs américains ghettoïsés, victimes d'une violence inéluctable et promis à un destin écrit d'avance, avec une douceur inédite et en prenant la situation du côté de l'intime, au-delà des clichés sociologisants et réducteurs. Le réalisateur s'est largement inspiré de la situation d'une petite commune de l'Arkansas, dans ce Deep South où les Noirs ont vu la discrimination économique succéder à la ségrégation, une région bien connue du réalisateur qui y est né, une région bien éloignée des clichés urbains de Los Angeles ou New York mais où la criminalité, certes rurale, est pourtant endémique.

On découvre Dayveon aka DD, 13 ans, qui traîne son ennui et sa mélancolie comme bien des gosses du coin. Image récurrente du film, on aperçoit dans sa chambre le portrait à l'aérographe de son frère abattu lors d'une rixe, un drame qui a fait basculer la vie du jeune adolescent. Il vit aux côtés de sa sœur qui vient d'avoir un bébé et de son « beau-frère », qui travaille de nuit et tente d'apporter tant bien que mal à Dayveon la figure paternelle qui lui manque probablement.
Mais voilà, à 13 ans on fait rarement ce qu'attendent les adultes qui nous entourent et qui veulent nous protéger, c'est l'âge souvent des mauvais choix et des mauvaises fréquentations et quand on est jeune, noir, et désœuvré dans l'Arkansas, on a bien plus de risques de tomber dans les pièges que la vie vous tend. Et Daeyvon va se laisser « initier » par les Bloods, le gang local. Une petite rossée en règle par les anciens et les voilà, lui et son ami Brayden, adoubés par le gang pour des petits méfaits un peu minables. Quand on est Blood, on ne devient pas vraiment une terreur… Les Bloods se contentent de braquer des épiceries et n'y parviennent souvent pas, ils fument surtout de l'herbe qui fait rire toute la journée et leur violence paraît un brin ridicule, même si Little Rock en Arkansas a été élue il y a quelques années ville la plus dangereuse des Etats Unis.

La grande force du film est de peindre avec une grande délicatesse non pas la violence certes réelle mais les relations humaines qui prévalent entre les personnages. L'amitié qui se noue entre Dayveon et Brayden, un grand échalas qui traîne sa patte blessée, est traduite à travers quelques scènes magiques : celle où les deux promus dans le gang se retrouvent au bord d'un lac pour tenter de répéter les signes de reconnaissance des Bloods est aussi belle que dérisoire, magnifique aussi ce plan où les deux garçons juchés sur le même vélo se jurent leur amitié. La relation difficile entre Dayveon et le fiancé de sa sœur, qui tente de le sortir de son engrenage, est également très touchante, faite de fermeté mais aussi de compréhension.
Malgré un budget qu'on devine riquiqui, la photographie est splendide et met en valeur la nature exubérante du Sud américain, filmée avec une sorte de nonchalance renforcée par une bande son classique et envoûtante qui contraste avec les moments de tension. Servi par des acteurs qui sont tous des jeunes originaires du coin et proches de leurs personnages (l'acteur qui joue Brayden boite parce qu'il s'est fait réellement tirer dessus peu avant le tournage), le jeune réalisateur réalise un film d'une saisissante authenticité, lui qui est d'origine pakistanaise et qui a vécu dans ce coin de l'Arkansas la discrimination post-11 Septembre.