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Dernier Ciné trico'thé de la saison !
On se retrouve le samedi 1er juin dans le hall du cinéma après la séance - vers 16h - de L’ADIEU À LA NUIT, pour papoter, siroter un thé (sûrement glacé !) et tricoter !... Lire Dernier Ciné trico'thé de la saison !...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Nouveautés Vidéo en Poche
Il y a du nouveau sur Vidéo en Poche ! Nous sommes très heureux de vous annoncer l’entrée au catalogue du film 120 battements par minute de Robin Campillo ainsi que de Jeanette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont. Le principe est toujours le même, venez avec votre clé USB ou votre dis...

DIEU EXISTE, SON NOM EST PETRUNYA

Teona STRUGAR MITEVSKA - Royaume de Macédoine du Nord 2018 1h40mn VOSTF - avec Zorica Nusheva, Labina Mitevska, Stefan Vujisic, Suad Begovski... Scénario de Elma Tataragic et Teona Strugar Mitevska.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DIEU EXISTE, SON NOM EST PETRUNYACe film au titre énigmatique, presque un blasphème, nous plonge dans un état de grâce aussi vivifiant qu’un plongeon dans les eaux glacées des Balkans. Et pour une fois, nous ne commencerons pas par le commencement, mais par le clou de l’histoire qui vaut son pesant d’hosties, autant que son héroïne que vous découvrirez plus tard.

Chaque année à Stip, bourgade macédonienne pas franchement folichonne, a lieu le même rituel ancestral : les habitants chastement vêtus de pied en cap suivent une procession religieuse effervescente. Chose étonnante, à la foule des dévots à la mise pudibonde, se mêle une nuée de jeunes mâles gambadant à demi-nus. Le prêtre orthodoxe en tête de cortège, exaspéré, peine à réfréner les ardeurs de ces olibrius testostéronés jusqu’au bout des orteils. Arrivés au bord de l’eau, nos jeunes mâles piaffent d’impatience en invectivant le vénérable homme d'église ! Puis on comprend enfin qu’une croix va être lancée depuis le pont et que le moins frileux, le plus véloce (ou féroce ?), bref le premier des gars qui la rattrapera dans la rivière aura tous les honneurs durant une pleine année… Euh… C’est vraiment un truc écrit dans la bible, ça ? On a à peine le temps de se poser la question que le maître de cérémonie ouvre un large bec et laisse tomber sa croix. Plouf, ça saute dans tous les sens ! Eh ben ! Ils ne font pas rêver, ces gonzes prêts à s’étriper pour récupérer un morceau de bois ! Tiens ? Il ne flotte pas ? Tout est décidément étrange dans cette ex-Macédonie. Personne ne voit plus le crucifix qui a coulé à pic… Personne ? Sauf…

Sauf Petrunya, qui le repère et s'en empare ! À demie-nue ? Mais non, la donzelle ne mange pas de ce pain-là, elle est au contraire entortillée jusqu’à la garde dans une jolie robe prêtée par une amie. Il n’y avait rien de prémédité dans son geste, en passant par-là elle entendit le mot « bonheur » et puis sauta ! Parce que du bonheur, s’il y en a une qui en a besoin ici-bas… Alors elle brandit son trophée, radieuse, prête à partager son succès avec ses pairs… Mais non ! Un gars musculeux lui arrache la précieuse relique des mains. La foule, loin de la soutenir, se déchaîne contre elle : seul un homme a le droit d’attraper la Croix, c’est écrit dans la bible ou dans la loi… euh… laquelle déjà ?
Ce n’est pas dans l'eau glacée que notre héroïne a sauté mais dans un vide juridique du droit ecclésiastique et tout le pays va s’en mêler. C’est un fameux bordel. Et ça ne va pas en rester là… Parce que Petrunya, de manière tout à fait inattendue, ne va pas lâcher l’affaire…

Pour que vous compreniez mieux, il faut vous dire qu’on a fait sa connaissance quelques scènes plus tôt. Petrunya dégage un charme têtu, pas forcément évident de prime abord mais qui va s’imposer progressivement à nous, tout comme son intelligence et sa finesse d’esprit. Mais tout cela a dû mal à transparaître dans une société patriarcale qui semble constamment lui susurrer son inutilité de fille improductive. Jusque-là, elle n’avait que ses yeux pour pleurer, les sucreries pour se consoler, coincée entre un avenir tout bouché et une mère étouffante toujours prête à la castrer. On la croyait timorée, benête, coincée ? Petrunya va s’avérer être une pure géante ! Et ce film vivifiant et drôle va s'imposer comme un excellent antidote aux masculinistes de tous poils !