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"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

La Lettre de Wajdi Mouawad
“Nogent-sur-Marne, le 12 avril 2020Mon cher petit garçon, T’écrire ces quatre mots me bouleverse. Ils rendent si réel l’homme que tu es, en cet aujourd’hui qui est le tien, quand, dans celui qui est le mien, tu n’es encore qu’un enfant. Cette lettre je l’adresse donc à l’homme que tu n’es pas en...

AVANT-PREMIÈRE lundi 4 novembre à 20h suivie d'une rencontre avec le réalisateur.

VIVRE ET CHANTER

(Huo Zhe Chang Zhe) Écrit et réalisé par Johnny MA - Chine 2019 1h45mn VOSTF - avec Gan Guidan, Yan Xihu, Zhao Xiaoli... Quinzaine des réalisateurs Cannes 2019.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VIVRE ET CHANTERUn vieux quartier périphérique de la ville de Shengdu doit être démoli. Shengdu, c'est, dans la province du Sichuan, au centre le la Chine en pleine explosion économique, une « petite » mégapole chinoise (à peine 14 millions d'habitants) qui croit plus vite que son ombre. Anachronisme urbain et culturel, le vieux quartier en sursis abrite une troupe familiale qui présente, dans un bâtiment qui menace ruine, des spectacles d'opéra traditionnel à un public de plus en plus rare et vieillissant. Zhao Li, la vaillante patronne de la troupe, remue ciel et terre, jongle et fait des miracles avec des budgets de misère, affronte la bureaucratie, s'efforce contre vents et marées de sauver le lieu et son art. Mais les acteurs, fatalistes, se préparent à monnayer leurs talents pour s'insérer dans le nouveau monde. Lorsque sa propre nièce, l'étoile de la troupe, se laisse attirer par les lumières de la ville, les personnages du monde de l’opéra, son échappatoire, commencent à apparaître dans la vraie vie de Zhao Li…

C'est un film généreux, tout en simplicité et en finesse, qui ne se morfond pas dans la nostalgie d'un monde en train de disparaître mais s'émerveille d'en capter les derniers feux. Un film de troupe qui rend palpable la complicité, la tendresse des acteurs entre eux et du réalisateur pour ses personnages (la fiction est jouée par les vrais acteurs dont elle narre l'histoire).
Cerise sur le gâteau : autant la représentation de spectacles vivants dans les films chinois peut parfois – souvent – paraître absconse, culturellement inaccessible au spectateur d'ici, autant Vivre et chanter, en racontant les coulisse des spectacles en même temps qu'ils sont joués, réussit le tour de force de les rendre immédiatement palpables, compréhensibles au commun des mortels occidentaux. Tout comme les opéras qui sont montés, le film est beau, triste et drôle, il vous cueille dès la première image pour ne plus vous lâcher.

« On retrouve dans Vivre et chanter des éléments communs à de nombreux films chinois : l'opéra traditionnel avec ses maquillages et ses costumes multicolores, la musique ancienne et les percussions dissonantes. Mais le bruit des bulldozers vient démentir ces sensations d'immuabilité. Derrière l'impression que rien ne change jamais dans l'Empire du Milieu, la modernité avance en aveugle et détruit tout sur son passage. En suivant les efforts de ces artistes pris en étau entre les avancées du “progrès” à l'extérieur et leur art passé de mode, Johnny Ma nous livre un portrait en creux de la Chine d'aujourd'hui. Huo Zhe Chang Zhe se présente comme un opéra dans l'opéra, une situation assez courante dans le cinéma asiatique. Les personnages traditionnels prennent part à certaines scènes clés, le film quittant d'un coup la réalité pour faire un tour dans l'allégorie. On ne peut que se prendre d'affection pour ces Chinois dont la voix n'est pas entendue et se retrouve sacrifiée sur l'autel des intérêts étatiques. Le Sichuan, c'est loin. Mais ce n'est pas si loin. ». (avec la complicité involontaire de JF Lixon, francetvinfo.fr)