LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 47€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€
(paiements uniquement en chèques et en espèces)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

FERMETURE DU CINEMA
Suite aux mesures liées au Coronavirus, le cinéma sera fermé jusqu’à nouvel ordre.Merci de votre compréhension, et à très vite.... Lire FERMETURE DU CINEMA...

PENDANT LES TRAVAUX, LE CINÉMA RESTE OUVERT !
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.21cmL’accès à Utopia n’est pas tous les jours facile, mais on dira ce qu’on voudra : l’élargissement de l’avenue du Dr Pezet apporte une belle respiration et pas mal de lumière. Les arbres transplantés aux Prés-d’Arènes ou chez nos voisins de la Pasqu...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes

Rodolphe MARCONI - documentaire France 2019 1h25mn -

Du 04/03/20 au 07/04/20

CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettesLorsque le réalisateur Rodolphe Marconi rencontre Cyrille, un peu par hasard, c'est sur une plage de la Côte Atlantique, loin de ses bêtes et de son Auvergne. Le jeune trentenaire avance dans les vagues mais seulement jusqu'aux genoux. A 30 ans, Cyrille, qui n'a jamais appris à nager, découvre l'océan et prend des vacances pour la première fois. Son meilleur et à vrai dire seul ami lui a offert le camping, son frère a exceptionnellement accepté de garder ses vaches pendant 15 jours et son père va lui battre froid pendant trois semaines parce que, selon lui, les vacances c'est pour les fainéants ! Bouleversé par l'histoire du jeune paysan, le réalisateur décide de le suivre caméra au poing dans son Allier natal pour filmer son quotidien. Et témoigner de la réalité d'un monde rural à la fois indispensable à la société (c'est lui qui la nourrit) et ignoré, laissé pour compte par elle, ses institutions, ses politiques. Raconter la détresse des petits agriculteurs, les plus faibles, pris à la gorge et dans des engrenages qui les dépassent.

Loin de l'Auvergne de carte postale qui expose en quadrichromie la chaine des Puys dans les pages glacées des brochures touristiques, à des années-lumières des publicités pour les fromages du Cantal ou de Saint Nectaire, le film nous entraîne dans des terres plus rugueuses, plus âpres, mais aussi beaucoup plus réelles et généreuses. Celles où Cyrille enchaîne des journées harassantes et répétitives : lever à 6 h, traite des vaches, travaux des champs et soins aux bêtes jusque tard dans la nuit, quand Cyrille doit baratter lui même son beurre dont il vend quelques dizaines de barquettes sur le marché hebdomadaire local pour quelques dizaines d'euros. Et ce rythme, Cyrille le tient 7 jours sur 7, toute l'année durant, ignorant dimanches et jours fériés. Un combat inlassable pour la survie de son exploitation. Perdu d'avance ? Cyrille a dû emprunter pour s'installer : 250 000 euros pour l'aire de stabulation de ses vaches. Mais voilà, les recettes n'arrivent jamais à compenser les charges, les factures des fournisseurs, les honoraires du vétérinaire, les notes du mécanicien pour sa moissonneuse… Et les dettes s'accumulent. Et comme il n'a pas les moyens d'enrichir leur alimentation l'hiver, les 20 vaches produisent trop peu pour que la coopérative accepte d'acheter son lait une partie de l'année : malgré ses bénéfices confortables, la structure collective refuse de se déplacer pour moins de 300 litres deux fois par semaine.
Et le cercle vicieux s'installe, Cyrille ne peut pas se verser un salaire, et reste tributaire de son père pour le logement et la nourriture. Mais il tient le coup, il s'obstine, il s'accroche, étranger à l'amertume, repoussant la rancœur, refusant la colère, bien aidé par l'intervention de l'association Solidarités Paysans, qui soutient les petits agriculteurs surendettés.

Rodolphe Marconi dresse le très beau et très émouvant portrait d'un homme particulièrement attachant, dont on découvre aussi l'impasse de la vie sentimentale, quand tout son univers social est réduit à son village, ses marchés, sa très (trop ?) proche famille. On pense évidemment au récent Au nom de la terre, mais le documentaire s'avère plus subtil, plus nuancé que la fiction, tout en dressant le même constat sur les difficultés de plus en plus insurmontables rencontrés par des agriculteurs pourtant compétents et passionnés mais broyés par la logique infernale de l'agro-industrie.