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L’ÉCHIQUIER DU VENT

Écrit et réalisé par Mohammad Reza ASLANI - Iran 1976 1h41 VOSTF - avec Fakhri Khorvash, Mohammad Ali Keshavarz, Akbar Zanjanpour, Shohreh Aghdashlou...

Du 15/09/21 au 28/09/21

L’ÉCHIQUIER DU VENTC’est la résurrection d’un chef d’œuvre perdu du cinéma iranien que nous offre aujourd’hui l’excellent distributeur Carlotta Films. Un film miraculé, une perle rare qu’il ne faut surtout pas rater. L’Échiquier du vent a été réalisé en 1976 et à l’époque, il n’a été projeté que deux fois à l’occasion du Festival de Téhéran. La première projection fut littéralement sabotée – sans doute par un projectionniste soumis au régime iranien que le film et son réalisateur dérangeaient au plus haut point – : image sous éclairée, bobines projetées dans le désordre ! Le temps que le projecteur soit réglé correctement et que le bon déroulement du film soit rétabli… le jury et les journalistes présents avaient quitté la salle. Pour la seconde projection, le lendemain, la salle était quasiment vide, les journalistes ne se sont pas donné la peine de revenir. Ce qui n’empêchera pas la critique d’être sanglante et de réclamer le remboursement de l’argent public consacré à la production ! Le film a été retiré de la compétition par le jury qui n’avait pu en voir que trente minutes sombres et incompréhensibles. Et dans la foulée, les bobines ont été confisquées. Fin du premier acte, tragique.


Longtemps considéré comme perdu corps et biens, le film a été retrouvé par hasard chez un brocanteur. Mohammad Reza Aslani a pu ainsi retrouver sa création et, grâce aux soins et aux talents conjugués de la Film Foundation de Martin Scorsese et de la Cineteca de Bologne, en superviser la restauration. C’est donc à Bologne qu’a eu lieu la première véritable projection de L’Échiquier du vent, enfin tel qu’en lui-même, magnifiquement restauré.

Dans l’opulence d’une grande maison bourgeoise, dont les décors sont inspirés des miniatures persanes (superbe direction artistique), une héritière paraplégique doit faire face aux convoitises de trois hommes, son beau-père et ses deux neveux. Elle ne peut compter que sur le seul soutien de sa servante. Aslani orchestre un petit jeu de massacre au sein d’une bourgeoisie exsangue – l’action se passe au début du 20e siècle mais le film a été tourné trois ans avant la révolution de 1979. Les scènes d’intérieur, éclairées à la bougie, confèrent aux visages un teint de cire, à la fois magnifique et lugubre. S’appuyant sur les éléments architecturaux de la maison, la mise en scène installe des jeux de circulation comme autant de prises d’influence. Dans le grand escalier du hall d’entrée, les positions préférentielles vont et viennent au gré des dominations. Plus dure sera la chute.
A l’immobilité de l’héritière, clouée dans un fauteuil en rotin, répondent les virevoltes de la servante. Parmi les très belles scènes du film, une évocation de relation lesbienne entre les deux femmes confirme le sous-texte érotique, sensible malgré l’atmosphère étouffante. Le récit est rythmé et aéré à quatre reprises par le chœur des lavandières, un plan fixe d’une composition picturale étourdissante, dans lequel un groupe de femmes commente l’action. La tragédie prend alors des airs opératiques.
La plupart du temps latente et contenue, la violence n’éclate que lors de deux séquences d’une force inouïe. La musique traduit la tension en introduisant des hurlements de loups ou de hyènes scandés par une rythmique entêtante. Elle vient libérer les dérèglements en sommeil et atteindre le spectateur jusque dans son échine.