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WASTE LAND

Lucy WALKER - documentaire Brésil/GB 2010 1h38mn VOSTF - avec Vik Muniz... Musique de Moby.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WASTE LANDPoubelle la vie ! Ça pourrait être le slogan de ce stupéfiant, bouleversant, enthousiasmant documentaire qui en une heure et demie, relativisera voire effacera vos petits tracas quotidiens. Pardonnez ce bon mot quelque peu moisi (pardon aussi à France 3, dont j’ai parodié le titre de la série télévisée célèbre mais minable qui fait honte à tout Marseillais disposant de plus de deux neurones, quand elles n’ont pas été trop détruites par le foot et le pastis), dû à une trop courte nuit et au rythme de travail digne des pires workshops de Chine centrale que nous imposent les tyrans d’Utopia. Mais ce slogan résume assez bien la magie du cinéma et de l’art en général, capable de faire naître l’émotion dans les endroits les plus improbables voire les plus repoussants et de rendre visibles et émouvants ceux que la société ignore ou rejette.


Bienvenue (euh, c’est pas vraiment le mot) à Gramacho, belle île au large de Rio de Janeiro devenue la plus grande décharge à ciel ouvert au monde. Sur ces montagnes de déchets grandes comme la dune du Pyla, dans le bruit permanent des mouettes et des pelleteuses, dans l’odeur des remontées de méthane de la fermentation, s’activent quotidiennement 3000 « catadores », ces trieurs infatigables ayant chacun des spécialités bien spécifiques (papiers, plastiques, objets encombrant…). Une vraie petite ville à elle toute seule. C’est dans cet enfer sur terre que s’est installé l’artiste brésilien internationalement reconnu Vik Muniz, jeune rescapé de la guerre des gangs (c’est grâce à une indemnité versée pour une balle reçue dans son adolescence qu’il put voyager et s’installer à New York et ainsi percer dans l’art contemporain). Vik Muniz travaille depuis des années à partir de matières premières usuelles pour réaliser ses œuvres. Chocolat, sucre, mais aussi faux diamants sont les ingrédients de ses compositions, avec une forte valeur symbolique. Là, il a décidé de composer des portraits à partir des objets de récup de Gramacho. Sa démarche consiste à choisir quelques catadores, les photographier dans des situations rappelant des tableaux ou des situations très connues de l’histoire de l’art, puis de recomposer dans un hangar sur une grande dimension la photo réalisée à partir d’objets et de matières que ramassent les catadores.

Au-delà de ce travail tout bonnement génial qui transcende et rend splendide le fruit d’un labeur ingrat, le documentaire de Lucy Walker révèle surtout des personnages incroyables. Il y a Tiao, le jeune et charismatique représentant de la coopérative des trieurs, le politique infatigable de la bande ; Zumbi l’intello qui récupère les livres et au lieu de les recycler, les fait rejoindre la bibliothèque des catadores, qu’il contribue à alphabétiser ; Suelem, 18 ans mais déjà mère de trois enfants, qui fuit la prostitution à Gramacho ; Irma, la cuisinière de Gramacho, qui arrive tous les midis à partir de récup à faire un plat principal tout à fait délicieux ; et Isis, qui tente en s’abrutissant dans le travail d’oublier la perte de son enfant.
Autant de gueules formidables, de personnages hors du commun, déjà des combattants qui, à travers le travail de Vik Muniz, se révèlent à eux-mêmes jusqu’aux galeries chics de Rio, voire à Londres où Tiao accompagne Vik Muniz dans une vente aux enchères : là, le jeune catador découvre que sa bobine, magnifiée par Vik, peut valoir quelques centaines de milliers de livres qui vont sacrément aider les œuvres sociales de sa coopérative. Une séquence ubuesque et magnifique, qui montre bien que l’art, contrairement aux sirènes pessimistes, peut bien changer le cours du destin des hommes.