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LA GAZETTE UTOPIA 277 (DU 24 JANVIER AU 27 FÉVRIER 2018 ) À TÉLÉCHARGER
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SPARRING

Samuel JOUY - France 2017 1h35mn - avec Mathieu Kassovitz, Olivia Merilahti, Souleyman M’Baye, Billie Blain, Lyes Salem, Tomy Leconte... Scénario de Samuel Jouy, Clément Roussier et Jérémie Guez.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SPARRINGNe fuyez surtout pas sous prétexte que c’est un film sur la boxe… C’est un film sur les gens de l’ombre. Ceux qu’on ne regarde pas ou qu’on croise sans les voir, ceux que les lumières du succès n’ont pas atteints, parce que la chance ou l’ambition n’ont pas été au rendez-vous, parce qu’il a manqué la confiance, une main tendue, quelqu’un qui aurait cru en eux. Steve Landry est l’un de ceux-là. Le gars ordinaire qui sert les plats dans une quelconque cantine d’entreprise, celui à qui l’on dit bonjour, merci et au revoir sans que l’échange n’aille plus loin… chacun sa caste, chacun son monde. Steve n’est pas malheureux, il a une femme qui l’aime et qu’il aime et deux enfants mignons qu’il semble chaque jour regarder avec un peu plus d’émerveillement, tant la douceur de cette enfance insouciante et joyeuse semble agir sur son âme meurtrie comme un baume réconfortant. Ce n’est pas qu’il est triste, Steve, ni déprimé, ni malheureux, il voudrait simplement le meilleur pour ses mômes, pouvoir acheter un piano pour sa fille douée pour la musique, leur offrir un choix que lui n’a peut-être pas eu. Il ne veut pas beaucoup plus, il veut simplement un peu de quoi rêver au-delà des contraintes matérielles imposées par une vie modeste… payer les traites, la mutuelle, et de quoi remplir le frigo.

Et puis Steve est boxeur. Amateur. A quarante piges, il est sur le point de raccrocher les gants, d’en finir avec les coups, le nez cassé et les arcades fendues. Malgré de nombreuses défaites, il s’accroche pourtant au ring et continue les combats pour gagner quelques billets, pas grand chose. On se doute bien qu’il ne cherche plus ni la gloire qui a filé sans le voir, ni la reconnaissance de ses pairs dans un milieu rude où l’esprit d’équipe n’a pas sa place, mais plutôt l’adrénaline, l’excitation du combat. Steve cherche inlassablement cette petite musique obsédante de la boxe et l’ivresse qui va avec : la symphonie des cris et des bravos, le froissement aérien des chaussons sur le tapis et le bruit sec des coups qui déchire l’atmosphère. C’est bientôt son cinquantième combat et Steve l’a promis : il va arrêter. Mais avant, il accepte une ultime proposition, celle de devenir le « sparring partner » d’une tête d’affiche qui doit préparer son prochain championnat. Pour acheter le piano… par défi, parce qu’il n’a plus peur de rien et plus rien à perdre.
Faire le « sparring » pour des pros, c’est le rôle ingrat endossé par des boxeurs pour échauffer les guerriers. Le sparring, c’est celui qui prend les coups, qui encaisse, qui saigne, qui se relève sans moufter, c’est celui qui demeure et qui restera définitivement dans l’ombre.

On aimerait vous dire à quel point ce film nous a touchés, par son étonnante délicatesse, pas dans les scènes de combat, bien entendu, qui sont nombreuses et toujours parfaitement filmées et incarnées (Kassovitz pratique la boxe et s’est longuement entraîné dans une salle de club à Achères), mais dans le récit poignant de la trajectoire de ce héros très discret qui a trouvé dans la boxe un refuge loin d’une vie parfois trop grise et ronronnante, une vie qu’il chérit pourtant comme un trésor. La très belle tendresse qui unit Steve à sa femme et à sa fille est peinte avec force et fragilité, celle des réalisateurs attentionnés capables de dénicher, et de nous offrir la grâce qui s’est glissée dans les détails, comme un Ken Loach sait si bien le faire.