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À GENOUX LES GARS

Antoine DESROSIÈRES - France 2018 1h38mn - avec Souad Arsane, Inas Chanti, Sidi Mejai, Mehdi Dahmane, Elis Gardiole... Écrit par Souad Arsane, Inas Chanti, Anne-Sophie Nanki et Antoine Desrosières. Sélection Un Certain Regard, Festival de Cannes 2018.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

À GENOUX LES GARSVoilà un film qui, sur le papier, a tout pour déplaire au public majoritaire d’Utopia. Sans vouloir vous caricaturer, cher public, vous avez plutôt plus de 35 ans, êtes plutôt bien élevé et cultivé, venez rarement des quartiers très populaires. Il est donc normal que vous soyez un peu imperméable à la culture adolescente et post-adolescente des cités, que vous ne prisiez pas forcément l’humour des comédiens issus du stand up et des shows sur internet, et point trop non plus une certaine vulgarité nourrie par l’abus de films pornographiques. Comme À genoux les gars est le fruit de toute cette culture bis, vous pourriez bien être tenté de fuir, de passer votre chemin, eh bien vous auriez tort. Point… Parce que si cet étonnant OFNI (Objet Filmique Non Identifié) est un peu tout ce qui vient d’être dit précédemment, c’est aussi un des films les plus désopilants depuis bien longtemps, qui aborde en outre, sous couvert d’un humour décapant, des sujets dont on ne rit pas forcément habituellement, ce qui en fait un film politique et féministe essentiel. Enfin c’est l’objet d’une performance exceptionnelle de deux jeunes actrices par ailleurs co-signataires d’un scénario qui s’est construit au fur et à mesure de leurs improvisations.

Après une première scène drôlatique où l’on découvre les deux sœurs Rim et Yasmina, à peine adultes, en pleine soirée pyjama et parlant sexualité et plaisir féminin, le film enchaîne sur un événement tragi-comique plus grave : en l’absence de sa sœur Rim, en voyage scolaire à Auschwitz (on reconnaît que ce clin d’œil est un peu facilement provoc), Yasmina s’est laissée convaincre, dans un jeu assez ignoble de persuasion dont les mauvais garçons ont le secret, de faire une gâterie au copain de Rim. Yasmine ressent immédiatement le côté pathétique de la chose, encore plus quand elle découvre que son propre copain a filmé l’action, ce qui va donner lieu à un odieux chantage devenu un peu trop courant chez les adolescents…
L’immense audace du film tient autant dans la capacité de rire du pire (ici l’abus sexuel des jeunes filles dans toute l’horreur de sa normalité dans le regard des jeunes hommes), dans un esprit à la Hara Kiri ou à la Desproges, que dans la tchatche imparable, irrésistible des deux actrices, qui ont donc écrit elles-mêmes une grande partie de leurs dialogues assassins. Ce qui désamorce au passage les accusations entendues sur le côté prétendument exagéré des situations et de la bêtise crasse des garçons.

Le film fait suite au premier moyen métrage d’Antoine Desrosières, Haramiste, dans lequel deux jeunes filles musulmanes tentaient de composer entre leurs convictions religieuses, ce qui est « haram » et l’éveil de leur sexualité…
Deux ans plus tard, les jeunes filles ont grandi et sont confrontées à la connerie sexiste (mais aussi homophobe et complotiste) des mecs et vont affirmer leur intelligence, leurs désirs et ça dépote. Le tout au rythme étonnant de chansons yéyé des années 60 au côté sucré et faussement gentillet qui délivre des paroles féministes contrebalançant la crudité des situations. A l’ère Weinstein / Ramadan, ça fait carrément du bien.