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FUNAN

Denis DO - film d'animation France/Cambodge 2019 1h26mn - avec les voix de Bérénice Bejo, Louis Garrel... Scénario de Denis Do et Magali Pouzol. Grand Prix – Festival International du film d'animation d'Annecy. Grand Prix et Prix du Public – Animation Film Festival de Los Angeles.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FUNANPour son premier film, d’une élégance folle, Denis Do a l’extrême délicatesse de ne pas nous asséner la fameuse petite phrase tant en vogue ces derniers temps sur nos écrans : « D’après une histoire vraie… ». Il aurait incontestablement pu la revendiquer, mais il y a tant de pudeur dans sa démarche que nous n’en dirons pas plus. Là n’est d’ailleurs pas l’essentiel. C’est une tranche d’histoire parmi tant d’autres qu’il raconte, comme sa mère n’est qu’une Cambodgienne parmi tant d’autres. Il met de la distance, une distance juste qui ne surdose pas les effets, met de la clarté où d’autres auraient noirci les traits. C’est un long métrage lumineux, luxuriant, à l’image du Pays du Sourire, qui devient progressivement un personnage à part entière. Ses tendres rizières, ses couchers de soleil somptueux, cette luminosité rare qui fait que le moindre brin d’herbe prend parfois une couleur irréelle. Et puis surtout ce ciel immense qui plane, bienveillant, au-dessus des têtes.

C’est l’heure du repas, mais « comme toujours » à Phnom Penh, ai-je envie d'ajouter. Les petits bouibouis, les restaurants populaires grouillent de monde. Des femmes passent avec de grands saladiers pleins de victuailles sur la tête, la musique monte des transistors. La ville est tranquille, le temps est clément.
Dans la famille de Sovanh, petit garçon docile, règne une atmosphère bienheureuse : on se taquine, on se dorlote, cela transpire la tendresse. La maisonnée au grand complet, on se prépare à manger. Autour de la grande natte qui sert de table, la grand-mère, les parents, un jeune oncle… Une multitudes de petits mets colorés qui mettent l’eau à la bouche, rien qu’à les voir, n’attendent plus que le feu vert soit donné… Soudain, la radio annonce : les khmers rouges viennent de prendre Phnom Penh… Ni plus, ni moins… Nous sommes le 17 avril 1975. Quelques instants plus tard, même ville, même décors, entièrement vidés… Pas de cris, pas de pathos. Denis Do n’use pas de ces artifices faciles. Le scénario sera sobre de bout en bout.
Plus loin, un million cinq cent mille personnes, soit la totalité des habitants de la capitale, cheminent sur une route de campagne. Longue guirlande humaine bariolée, comme coincée, perdue entre l’azur et la verdure. C’est le début d’une longue marche qui semblera interminable… La révolution Khmer est en route. Ceux qui croyaient n’être partis que pour quelques jours, pour fuir de soi-disant bombardements américains imminents, ne savent pas encore que leur exil durera plusieurs années et combien il sera rude.
En attendant Sovanh profite encore un peu des genoux de Chou, sa maman, tandis que son père fait l’inventaire du peu de vivres et d’eau qui leur restent pour continuer d’avancer. Par rapport à ceux qui les entourent, ils sont encore chanceux, ils ont au moins une voiture pour les porter. Mais bien sûr cela ne va pas durer…

Voilà pour la petite histoire, la grande on la connait. Cela va être la réorganisation totale de tout un pays conduite par « Angkar », un gouvernement auto-proclamé qui désormais fera sa loi durant plusieurs années.
Funan est une merveilleuse occasion de se plonger dans cette période trouble, sa violence d’autant plus saisissante qu’elle contraste avec la bonhommie d’un peuple aux larges sourires et la sérénité saisissante des paysages. Un véritable voyage, dans le temps, dans un pays, ses bruissements. C’est d’une beauté !