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DANS LES BOIS

Mindaugas SURVILA - documentaire Lituanie 2017 1h03mn - Pour les enfants à partir de 6 ans. Visible en famille, chaudement recommandé à tous ceux qui aiment se promener dans la nature. Sans paroles.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DANS LES BOISÀ 5 ans, à 20 ans, à 95 ans, des plus jeunes aux un peu plus âgés, on a tous fait cette expérience, au détour d'une balade en forêt, de tomber en arrêt devant ce qui nous semble être le plus merveilleux spectacle que la nature puisse nous offrir : il peut être banal, comme une longue cohorte de fourmis à l'assaut d'une châtaigne, inattendu, comme la toile d'une araignée qui accroche la lumière rasante du matin, ou plus exceptionnel comme le fugace passage, sous nos yeux, d'une laie et de ses marcassins… On se fige, pour ne pas briser l'instant, et on reste là à observer. Et on voudrait se fondre dans le décor pour assister, spectateurs privilégié, aux mille histoires, aux innombrables aventures qui adviennent, là, invisibles et pourtant à portée de main… On imagine que Mindaugas Survila, le réalisateur de Dans les bois, a longtemps marché, longtemps observé et longtemps rêvé dans les forêts lituaniennes. Et c'est ce rêve qu'il nous invite à partager.

Le spectacle est magnifique. C'est une immersion totale et sensorielle dans un univers si proche et pourtant méconnu, à la rencontre d'une faune sauvage passionnante – et souvent impressionnante.
La forêt de Lituanie ressemble à s'y méprendre à celles de notre hexagone. Certes les loups qui ouvrent le film y sont plus familiers, et les élans imposants qui s'enivrent de pommes en décomposition aux abords des villes à l'automne y sont plus nombreux que les cerfs dont s'enorgueillissent nos anciens domaines royaux ; mais on y retrouve les mêmes chouettes, serpents, blaireaux, hérons, rapaces, corbeaux…
Pas d'épate, pas d'effets spéciaux ni d'anthropomorphisme stupide, pas de surenchère technologique : Mindaugas Survila fait du cinéma à l'ancienne, et c'est tant mieux. Grâce à des heures de planque patiente, il traque les moments doux, drôles ou tragiques du quotidien des animaux : la toilette d'un blaireau, des corbeaux qui chicanent les fesses d'un aigle qui fait dix fois leur poids pour lui faire céder sa proie ou l'empressement des bébés chouettes affamés guettant par le trou de leur arbre, angoissés, l'arrivée de leur mère.
L'homme est peu présent dans cette histoire sauvage, sinon dans ces scènes qui se répètent, quasi-burlesques, où un vieux paysan transporte lentement des betteraves qu'il dépose à la limite de son champ avant que, peu à peu, de jeunes chevreuils s'enhardissent et viennent faire bombance. C'est simple et magique. D'une sobriété exemplaire, sans commentaire ni musique superfétatoires, le voyage paraît bien trop court (une petite heure) et vous laisse avec dans les yeux des étoiles qu'on voudrait ne jamais voir s'éteindre.