MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020
UTOPIA-297 ... Lire EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac
Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerr...

Message du Théâtre de l'Usine : « En attendant de vous retrouver ! »
Chères spectatrices, chers spectateurs,Suite aux décisions prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le Théâtre de l’Usine reste fermé jusqu’à nouvel ordre afin de protéger la santé de chacun d’entre nous. L’ensemble des représentations programmées sont à ce jour annu...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »
Jérôme Soubeyrand, comédien, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en décembre 2014 pour la présentation de son film Ceci est mon corps en compagnie de son actrice Laetitia Lopez. Ceci est mon corps est mis en visionnage libre toute cette semaine (dans les films confinés, liens dans la c...

Séance exceptionnelle dans le cadre de l'opération Best of Docs,
semaine organisée par Documentaire sur Grand Ecran, le jeudi 21 novembre à 20h30 à Utopia Saint-Ouen suivie d'une rencontre avec la brillante réalisatrice franco-serbe Mila Turajilc.

• Précédée à partir de 19h30 d'un apérif balkanique en participation libre •

L'ENVERS D'UNE HISTOIRE

Mila Turajlic - documentaire France/Serbie 2017 1h44mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ENVERS D'UNE HISTOIRELe deuxième long-métrage documentaire de Mila Turajlic (après Cinéma Komunisto en 2010) est habité tout du long par une idée forte : celle des rapports entre histoire et héritage ou, pour le dire autrement, que ce que l’on reçoit de ses parents concerne tout autant le domaine intime que le destin politique d’un pays. Ainsi peut-on voir L’Envers d’une histoire autant comme un portrait de famille que comme un retour sur cinquante ans d’histoire serbe. Pour cela, la réalisatrice, née en 1979, choisit de poser sa caméra dans un lieu stratégique : un appartement familial en plein cœur de Belgrade, nationalisé en 1949 par le pouvoir communiste de Tito et scindé depuis en deux, où ses grands-parents et parents durent cohabiter à proximité de nouveaux voisins, derrière les pans d’un faux mur posé à l’occasion dans leur salon.

C’est depuis cette paroi, à la fois physique et symbolique, que Mila Turajlic envisage les bouleversements historiques qui suivirent : la désagrégation de la Yougoslavie, l’arrivée au pouvoir de Slobodan Milosevic, sa politique ethniciste et belliciste, ses réélections successives, puis le renversement du régime par la révolution démocratique du 5 octobre 2000. Autant d’événements qui ne furent jamais que les symptômes d’une division profonde et toujours persistante de la Serbie. Mais, dans cet appartement vit une résidente hors du commun qui apparaît comme le véritable sujet du film : Srbijanka Turajlic, la propre mère de la réalisatrice, professeure de maths aux cheveux courts et vêtue comme un garçon, figure majeure de l’opposition à Milosevic, mais aussi de la révolution du 5 octobre, puis une ministre du gouvernement de transition démocratique, avant qu’elle ne se retire de la vie publique, qu’elle commente néanmoins régulièrement à la télévision. Pourtant, devant la caméra de sa fille, Srbijanka affiche un troublant scepticisme teinté de résignation : elle eut beau lutter toute sa vie pour la liberté, ses concitoyens n’en restent pas moins tiraillés, à chaque nouvelle élection, entre les tentations nationalistes, populistes ou l’illibéralisme prorusse. Animé par un esprit de clarté, le film parvient à entremêler des trames historiques, générationnelles et géopolitiques complexes, grâce à un travail de montage extrêmement efficace, d’une grande fluidité narrative, truffé en outre d’images d’archives étonnantes et peu montrées (l’apostrophe catastrophée de Vinko Hafner, l’un des « pères fondateurs » de la Yougoslavie, à un Milosevic drapé dans son orgueil sur les bancs du Parlement).

Mila Turajlic joue sur la façon dont l’intérieur (l’appartement) et l’extérieur (la rue, l’espace public) se convoquent mutuellement. Sa caméra joue avec habileté du motif des embrasures et des fenêtres qui permettent à l’un et l’autre de communiquer : celles qui ouvrent au-dehors et permettent d’observer, par exemple, les manifestations en cours, mais aussi la télévision, où bruissent les images du pays. Le film n’est ainsi fait que de seuils à franchir, jusqu’au seuil ultime et originel : la scission de l’appartement. Mais, en matière de passage, le plus beau est encore le relais, d’un côté à l’autre de la caméra, entre la mère et sa fille : ce flambeau des luttes que l’on n’a pas pu mener jusqu’au bout et, avec lui, la vigueur d’un pessimisme sachant qu’il n’y a, peut-être, pas grand-chose à espérer des révolutions. Du moins jusqu’à la prochaine.

(Le Monde)