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Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON !
Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON ! aux horreurs qui
sont le quotidien de la politique menée contre les étrangers par Besson
et Sarkozy.
Avec les artistes, syndicats et organisations s’engagent : RESF, LDH,
Cimade, Autre Monde, CFDT, FSU, CGT, Solidaires, UNSA. Nous, artistes, ...
L'AFFAIRE UTOPIA
Quelle affaire !
Utopia à Toulouse, annule la sortie nationale d'un film réalisé par un israélien pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne, en signe de protestation contre l'attaque brutale de l'armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à n...
POLÉMIQUE ET DROIT DE RÉPONSE - L’épouvantail des tyrans (*)
Ce texte fait suite à un débat soulevé par un billet de Sud Culture dénonçant les conséquences perverses du désengagement de l’État dans les financements de la culture textes plus bas dans cette même page). On peut le résumer ainsi : la logique de survie imposée à des structures comme par exem...
Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?
Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables
L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques
propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un
nombre important de salles du parc français, et par là même la
diversité cul...
Familles en danger !
La
Convention Internationale des droits de l’enfant demande aux états signataires
d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, dans notre
pays, plusieurs pères sont en danger d’expulsion et de nombreuses familles
risquent ainsi d’être brisées, au mépris des conventions intern...
En colaboration avec la Compagnie Fraction, jeudi 30 octobre à 20h00,
rencontre ciné-philo avec Bernard Proust, philosophe et Jean-François Matignon
Laurent CANTET - France 2008 2h08mn - avec François Bégaudeau et tous les élèves, les profs, l'administration et le personnel du collège, les parents... Scénario de Laurent Cantet, Robin Campillo et François Bégaudeau d'après son roman. PALME D’OR à l'unanimité du jury, FESTIVAL DE CANNES 2008.

Il y a des grands moments d’émotion comme vous n’imaginez pas dans la vie d’un cinéphage faiseur d’Utopia, des moments jubilatoires, intenses… Le cœur s’emballe, la cervelle se dilate et vous vous prenez à espérer les choses les plus folles, comme des lendemains qui chantent pour le cinéma, avec des films qui vous donnent le sentiment exaltant qu’ils peuvent être un levier pour inverser le sens de rotation de la planète. Entre les murs nous avait emballés, mais on le trouvait si subtil, si intelligent, que même émouvant et drôle, on n’imaginait pas qu’un jury international, avec des Américains dedans, puisse capter toute la délicatesse et la puissance d’une écriture cinématographique à l’apparence modeste mais si formidablement maîtrisée. Alors quand on a su qu’il avait raflé la Palme d’Or à l'unanimité… nos préjugés en ont pris un vieux coup et l’on est sortis brutalement du contre-coup dépressif qu’on éprouve toujours en fin de festival de Cannes (question d’ambiance) pour s’émerveiller de l’année cinéma à venir… Comment, en effet, mieux aborder la rentrée qu’avec ce film épatant qui semble fait sur mesure pour nous, tout en ayant la perspective de le voir déborder dans toutes sortes de salles vers un public vaste, partageant avec le plus grand nombre ce beau moment d’intelligence, d’humanité… vendu avant même de s’être vu attribuer la Palme d’or dans quarante pays, promis à une diffusion mondiale ! Entre les murs nous réconcilie avec l’industrie cinématographique et jamais on n’a été aussi contents de voir arriver la fin des vacances !
Entre les murs est une fiction qui se nourrit du réel, le travaille et le recompose pour lui donner plus de force et de sens encore, du grand cinéma qui a l’air de couler de source et où les vraies vies sont jouées pour leur donner plus de vérité encore. François Bégaudeau, prof de son état, après avoir écrit un roman du même nom à partir de sa propre histoire, a travaillé le scénario avec le réalisateur et fait l’acteur dans la peau du rôle principal qui n’a d’autre origine que sa propre vie...
Le film nous plonge dans le quotidien d’un collège du xxe arrondissement de Paris, d’une classe de toutes les couleurs, où les élèves sont un résumé de la planète entière, et trimballent les histoires de leurs origines le plus souvent comme des handicaps, parfois comme des atouts : instables et vifs, futés et inadaptés, bruts de décoffrage et difficiles à manier… Ils ont de la répartie et un mal fou à dire les choses, une capacité d’adaptation réelle mais sont réfractaires à la discipline demandée. Etre prof dans ces conditions-là, c’est aussi savoir établir une forme de rapport de force qui suppose parfois une difficulté à rester dans le cadre des règles établies. C’est une petite guerre usante et incessante qui peut mener, si le prof la gagne, à une grande complicité, s’il la perd, au désastre y compris pour lui-même. Violente, drôle, polémique dans cette confrontation scolaire de chaque jour, chacun des tenants de l’autorité est constamment partagé entre des nécessités contradictoires, écartelé devant la multiplicité des cas et des réponses à donner, fluctuant entre un goût profond pour l’enseignement, la nécessité de se protéger, le découragement devant l’énormité de la tâche à accomplir. Comment prendre en compte la diversité tout en enseignant une culture unique ? Parfois, il arrive qu’après avoir cru s’enliser dans l’échec, apparaisse le côté positif des choses, un embryon d’évolution… Partagés entre un grand idéal, les consignes de l’Académie, les basses questions matérielles (qui va payer le café ?), le quotidien des enseignants, de la salle de classe à la salle des profs, au conseil de discipline, aux discussions avec les parents… n’a rien d’évident ni de facile et il arrive parfois que des réactions bien humaines les poussent jusqu’à la claque qui échappe ou le nom d’oiseau qui jaillit pour l’impertinente qui provoque… « Pétasse », pas un mot admis pour un prof ! le genre à déclencher un incident diplomatique, conseil de discipline, et tout le bazar… avec en sus les sentiments de culpabilité qui vont avec la peur de mal jouer son rôle, le désir de ne pas exclure tout en imposant la même règle à tous.
Élèves, profs, parents, tous ici ont bossé sur les rôles, mais tous sont des non professionnels et ces formidables personnages réunis sous la houlette de Laurent Cantet offrent un état des lieux lucide, subtil, sans faux-fuyants de l’école de la république. Une école qui n’est pas au bout de ses peines mais dont ce film salutaire montre bien quel rôle fondamental elle joue et à quel point il est capital de la renforcer.
La Ligue de l’Enseignement, depuis 1866, invite les citoyens à s’associer dans la lutte contre les inégalités, à débattre et à être acteurs dans la cité afin de transformer la société pour la rendre plus juste, plus libre et plus solidaire.
A travers l’éducation permanente, elle contribue à former des citoyens tout au long de leur vie et promeut un grand service public laïc d’éducation. Elle apporte son concours aux projets des établissements scolaires : classes de découverte, voyages éducatifs, éducation à la citoyenneté et aide à la scolarité.
