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ATELIER Chroniques Cinéma Utopia
Le cinéma Utopia d’Avignon accueille des collégiens pour la projection d’un film et leurs propose, sur plusieurs séances dans leur établissement, de réfléchir sur ce film et de poser les bases de la chronique audio qu’ils enregistrent à l’issue de l’atelier. Ce travail ...

UNE LIBRAIRIE PEUT DISPARAÎTRE
C’était, il y a quelques mois, la librairie L’Eau vive, librairie jeunesse que nous vous conseillons fortement, a failli fermer définitivement ses portes dans  l’intramuros. Aujourd’hui, toujours dans l’intramuros, c’est autour de la librairie Holstein d’être à l’article de la mort et qui vous d...

Séances bébé
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux apparais...

POUR ÊTRE À L’HEURE À UTOPIA : places de parking
   PARKING PIOT : horaire de la navette de la Porte de l’Oulle à l’Île Piot. Lundi au samedi et dans les deux sens, sauf jours fériés, premier départ vers 7h20 et dernier vers 20h20 toutes les 10 minutes environ.PARKING DES ITALIENS : horaires de la navette (aller-retour gratuit au départ d...

PARIS LA BLANCHE

Lidia TERKI - France 2017 1h23mn - avec Tassadit Mandi, Zahir Bouzerar, Karole Rocher, Sébastien Houbani, Marie Denarnaud... Scénario de Lidia Terki et Colo Tavernier.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PARIS LA BLANCHEC'est la très belle histoire de Rekia, une femme algérienne de 70 ans restée au pays, qui décide d'aller chercher à Paris son mari, Nour. Celui-ci, émigré en France 48 ans auparavant, revenait chaque année en Kabylie, puis repartait de l'autre côté de la Méditerranée, laissant parfois un enfant à venir. Mais de- puis quelques années, les seules nouvelles qu'on a de lui, c'est l'argent qu'il continue d'envoyer régulièrement à sa femme.



C'est aussi l'histoire tragique de ces vieux travailleurs immigrés, ces Chibanis, qui ont bâti les immeubles, ex- trait les minerais, connu les cadences infernales sur les chaînes de production..avant de comprendre que leur retour au pays serait tellement difficile qu'ils pour- raient bien finir leurs jours, invisibles, dans des foyers insalubres, les cheveux blancs, le corps rompu par les travaux les plus pénibles, une tristesse insondable dans le regard.

C'est encore l'histoire de Français ordinaires qui savent encore tendre la main à l'autre à l'heure où ce geste n'est plus dans l'air du temps. Le personnage de Tara (Karole Rocher, parfaite) nous permet de rencontrer des Syriens, des Soudanais qui voient peut-être dans cette femme algérienne qui cherche son mari la mère qu'ils ont laissée au pays ou la femme qui pourrait venir les cher- cher un jour.
Au début du film, Rekia prend donc son courage à deux mains, n'écoute pas l'avis unanime de ses enfants qui considèrent que leur père les a abandonnés, rassemble ses petites économies et entreprend la grande traversée, celle-là même qu'a effectuée Nour près de cinquante ans plus tôt. Mais cette fois-ci, cet aller solitaire Alger – Marseille – Paris – banlieue n'a pour but que d'être suivi au plus vite d'un retour avec l'homme qu'elle aimait, qui l'aimait, et avec qui elle veut terminer sa vie dans la petite maison qui est la leur.

Rekia saura-t-elle retrouver Nour et lui insuffler la force de vie nécessaire pour reprendre la place de mari et de père que l'émigration économique lui a volée ? C'est tout l'enjeu de ce premier long métrage de Lidia Terki, un film parfaite- ment réussi qui, au-delà de cette histoire touchant à l'émigration algérienne vers la France des années 70, traite de toutes les immigrations et du cortège de souffrances, de déchirures, de perte d'identité qu'elles entraînent.
Paris la blanche, comme la couleur de la page sur laquelle s'écrira, ou non, l'ave- nir auquel devrait avoir droit un homme et une femme qui s'aiment, en tout cas qui s'aimaient.