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Le blog des profondeurs...
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À l’attention des enseignants : 9e édition de l’opération CINÉALLEMAND POUR LES JEUNES, en partenariat avec le Goethe-Institut.
 Trois films sont proposés, pour les élèves de primaire, collège et lycée. Plus d’informations au 04 90 82 65 36    D’ÉGAL À ÉGAL Pour les 9-13 ansMichi, 10 ans, vit dans un foyer pour enfants. Une lettre trouvée par hasard ayant appartenu à sa mère disparue lui permet de...

UNE CARTE UTOPIA ?
Oui, vous avez bien lu, je parle bien d’une carte de cinéma Utopia. Vous en rêviez, on s’en doute bien. Mais comme rien n’est vraiment gratuit ou illimité dans ce dur monde de l’exploitation cinématographique (ou même ailleurs, il me semble…) on vous donne une explication. Si cette carte que nous av...

VENIR À UTOPIA… C’EST PLUS FACILE QU’ALLER À MOSSOUL !
   Nous vous mettons ci-dessous, et après vérifications auprès des opérateurs, les tarifs et horaires des différents parkings. Si toutefois ces informations sont erronées, merci de nous le faire savoir que nous relancions nos limiers pour tirer cette affaire au clair. PARKING DE L’ÎLE PIOT, gratu...

Des nouvelles de Ben et Arouna.
Vous avez été nombreux à signer la pétition pour Ben, jeune ivoirien hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon suite à son Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) du 19 octobre. Contrairement à nos espoirs raisonnables, le tribunal administratif (TA) vient de c...

L’État poursuit Nicole Briend pendant que la BNP-Paribas poursuit ses pratiques d’évasion à grande échelle.
Souvenez-vous, dans une précédente gazette nous vous parlions de cette militante d’Attac, Nicole Briend. Elle est convoquée le 6 février au tribunal de Carpentras pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN après avoir participé, avec une dizaine de personnes d’Attac, à une&n...

APRÈS LA TEMPÊTE

Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA - Japon 2016 2h VOSTF - avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APRÈS LA TEMPÊTEComment le titre original japonais, littéralement « Plus profond que la mer », a-t-il pu se transformer en Après la tempête ? À la décharge du traducteur peu inspiré, il faut dire qu’il lui était difficile de deviner la référence limpide à une chanson d’amour sirupeuse des années 80 et à son interprète, Teresa Teng, considérée alors comme une diva en Asie. En passant d’une langue à l’autre on a perdu le petit clin d’œil amusé, la mise en bouche douce-amère, acidulée comme une sucette à l’anis, tout à la fois tendre et caustique. C’est le pouvoir des vieilles rengaines populaires : on a beau les trouver démodées et mièvres, elles nous replongent parfois, à notre corps défendant, des années en arrière, au pays perdu de l’enfance. En l’occurrence celle de Kore-Eda.



Tout comme la cité HLM très photogénique qui sert de décor au film et dans laquelle le réalisateur a grandi. Mais si Kore-Eda fait de son passé une source d’inspiration, ce n’est pas pour se vautrer dans la nostalgie. Après la tempête est un film à la répartie cinglante et désabusée, souvent extrêmement drôle. Il faut dire qu’il est servi par une panoplie d’acteurs remarquables, qui n’en sont pas à leur premier film avec Kore-Eda.
Ce pourrait être un jeu des 7 familles... D’abord on tirerait la carte du père : Shinota Ryota. D’un tel père pour un peu on ne voudrait pas ! Certes séduisant, attachant en diable, mais si peu fiable qu’il finit invariablement par agacer ses plus fidèles alliés. Un looser magnifique ! Que cet écrivain à la carrière littéraire jadis prometteuse se contente à ce jour d’un petit boulot minable de détective privé étonne tout son monde. Il ressemble à ces anti-héros de romans noirs, solitaires, fuyant les côtés lumineux du monde. Véritable roi au pays des situations ubuesques, se ridiculisant régulièrement avant que d’autres ne le fassent. Perdant le peu qu’il gagne dans des paris, ainsi que le peu de crédit qu’il a encore aux yeux de la mère de son fils quand il ne parvient plus à payer la pension alimentaire.

Tiens, la mère, justement : Shirashi Kyoko. À force d’anticiper les ratés de son ex, d’assurer les arrières comme si elle était seule au monde, elle s’est faite plus dure qu’elle ne l’est. Corsetée par l’obligation d’être raisonnable en permanence, elle a perdu l’insouciance et la jovialité qui va avec. Elle est celle qui tente de construire en ne reproduisant pas les erreurs du passé et son nouveau prétendant, stable, sécurisant, est l’antithèse de Ryota (qui s’en agace, forcément). Entre eux deux : le fiston ! Shingo, un adolescent plutôt docile, qui navigue entre ses géniteurs au gré des temps de garde. Observant l’un puis l’autre, sans vouloir choisir un camp. Après tout, ses deux parents, bien qu’imparfaits, sont tout de même à ses côtés.

Mais la famille ne serait pas complète sans le personnage – ô combien délicieux ! – de la grand-mère paternelle : Yoshiko. C’est dans l’appartement de ce petit bout de bonne femme pleine de bon sens et d’humour que l’intrigue va prendre toute son ampleur, que la finesse va l’emporter, loin des clichés auxquels ont pouvait s’attendre. Alors que le vingt troisième cyclone de l’an- née se déchaîne au dehors, père, mère, petit-fils et mère-grand vont se retrouver prisonniers toute une nuit de l’immeuble vieillissant devant lequel le grand poulpe de l’aire de jeux semble monter la garde. Une pause forcée où chacun est amené peu à peu à écouter, à entendre. Puis peut-être à pardonner aux autres ou à soi-même de n’avoir réussi à n’être qu’un pâle brouillon de celui qu’on espérait devenir. Et le jeune Shingo semble s’abreuver à cette source, se questionner, prêt à partir à la conquête de ses propres rêves.