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Le blog des profondeurs...
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Aux enseignantes et enseignants de tous degrés.
   Dans le cadre du dispositif Collège et Cinéma, le mercredi 18 octobre sera la journée de prévisionnement des films. Cette journée, destinée prioritairement aux enseignants du dispositif, sera, cette année, ouverte à toutes et tous.Ainsi, ce mercredi vous pourrez voir à 9h00 l’Île de Black Mòr,...

LES LUMIÈRES DE LA VILLE : APPEL A CASTING !
   L’association 100 pour 1 et le cinéma Utopia, lance le projet Les Lumières de la ville : faire un film en une journée avec la participation de 6 jeunes migrants et 6 spectateurs d’Utopia. L’association 100 pour 1 Vaucluse et environ aide des familles sans papiers à se loger et les prend en cha...

Discrètement, la Région PACA met fin aux formations aux premiers savoirs des plus démunis.
En septembre seront célébrées partout en France les journées de lutte contre l’illettrisme ; occasion pour les acteurs de la formation et de l’insertion de mobiliser et de rappeler l’importance de ce phénomène persistant, véritablefléau pour le développement humain et économique de notre société...

Faites pousser une ferme près de chez vous et donnez du sens à votre épargne avec Terre de liens !
   Faites pousser une ferme près de chez vous et donnez du sens à votre épargne avec Terre de liens !La ferme des Gavottes à Plan d’Orgon (13) a besoin de votre soutien pour pérenniser son activité agricole ! terredeliens.org/les-gavottes. En prêtant de l’argent à la Foncière Terre de liens, vous...

AUGMENTATION DES TARIFS À PARTIR DU 18 OCTOBRE 2017
  (La dernière fois c’était le 15 mai 2013). Le plein tarif passe à 7 euros et le carnet d’abonnement à 50 euros pour 10 places ! Par contre, le tarif reste à 4 euros pour les séances avant 13h et pour les moins de 14 ans.Les étudiants devront débourser 5,50€ au lieu de 5€, sauf bien entendu s’il...

APRÈS LA TEMPÊTE

Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA - Japon 2016 2h VOSTF - avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo, Kirin Kiki...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APRÈS LA TEMPÊTEComment le titre original japonais, littéralement « Plus profond que la mer », a-t-il pu se transformer en Après la tempête ? À la décharge du traducteur peu inspiré, il faut dire qu’il lui était difficile de deviner la référence limpide à une chanson d’amour sirupeuse des années 80 et à son interprète, Teresa Teng, considérée alors comme une diva en Asie. En passant d’une langue à l’autre on a perdu le petit clin d’œil amusé, la mise en bouche douce-amère, acidulée comme une sucette à l’anis, tout à la fois tendre et caustique. C’est le pouvoir des vieilles rengaines populaires : on a beau les trouver démodées et mièvres, elles nous replongent parfois, à notre corps défendant, des années en arrière, au pays perdu de l’enfance. En l’occurrence celle de Kore-Eda.



Tout comme la cité HLM très photogénique qui sert de décor au film et dans laquelle le réalisateur a grandi. Mais si Kore-Eda fait de son passé une source d’inspiration, ce n’est pas pour se vautrer dans la nostalgie. Après la tempête est un film à la répartie cinglante et désabusée, souvent extrêmement drôle. Il faut dire qu’il est servi par une panoplie d’acteurs remarquables, qui n’en sont pas à leur premier film avec Kore-Eda.
Ce pourrait être un jeu des 7 familles... D’abord on tirerait la carte du père : Shinota Ryota. D’un tel père pour un peu on ne voudrait pas ! Certes séduisant, attachant en diable, mais si peu fiable qu’il finit invariablement par agacer ses plus fidèles alliés. Un looser magnifique ! Que cet écrivain à la carrière littéraire jadis prometteuse se contente à ce jour d’un petit boulot minable de détective privé étonne tout son monde. Il ressemble à ces anti-héros de romans noirs, solitaires, fuyant les côtés lumineux du monde. Véritable roi au pays des situations ubuesques, se ridiculisant régulièrement avant que d’autres ne le fassent. Perdant le peu qu’il gagne dans des paris, ainsi que le peu de crédit qu’il a encore aux yeux de la mère de son fils quand il ne parvient plus à payer la pension alimentaire.

Tiens, la mère, justement : Shirashi Kyoko. À force d’anticiper les ratés de son ex, d’assurer les arrières comme si elle était seule au monde, elle s’est faite plus dure qu’elle ne l’est. Corsetée par l’obligation d’être raisonnable en permanence, elle a perdu l’insouciance et la jovialité qui va avec. Elle est celle qui tente de construire en ne reproduisant pas les erreurs du passé et son nouveau prétendant, stable, sécurisant, est l’antithèse de Ryota (qui s’en agace, forcément). Entre eux deux : le fiston ! Shingo, un adolescent plutôt docile, qui navigue entre ses géniteurs au gré des temps de garde. Observant l’un puis l’autre, sans vouloir choisir un camp. Après tout, ses deux parents, bien qu’imparfaits, sont tout de même à ses côtés.

Mais la famille ne serait pas complète sans le personnage – ô combien délicieux ! – de la grand-mère paternelle : Yoshiko. C’est dans l’appartement de ce petit bout de bonne femme pleine de bon sens et d’humour que l’intrigue va prendre toute son ampleur, que la finesse va l’emporter, loin des clichés auxquels ont pouvait s’attendre. Alors que le vingt troisième cyclone de l’an- née se déchaîne au dehors, père, mère, petit-fils et mère-grand vont se retrouver prisonniers toute une nuit de l’immeuble vieillissant devant lequel le grand poulpe de l’aire de jeux semble monter la garde. Une pause forcée où chacun est amené peu à peu à écouter, à entendre. Puis peut-être à pardonner aux autres ou à soi-même de n’avoir réussi à n’être qu’un pâle brouillon de celui qu’on espérait devenir. Et le jeune Shingo semble s’abreuver à cette source, se questionner, prêt à partir à la conquête de ses propres rêves.