LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LES LUMIÈRES DE LA VILLE, DES NOUVELLES DU PROJET.
Les Lumières de la ville, c’est ce projet qui nous tient à coeur, celui que nous développons patiemment avec la dévouée Marie-Hélène de 100 pour 1 et le non-moins dévoué Christophe pour l’aspect technique. Sans oublier nos complices de Cinambule et du Collectif Inouï. C’est donc la création d’une «&...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

Ils viennent découvrir des films
Que nous les appellions migrants, immigrés, réfugiés… Qu’ils soient partis de chez eux pour des raisons économiques, de famine ou de guerre, raisons religieuses, orientation sexuelle… Ils ont fui l’âme abimée, espérant trouver un endroit où la vie serait possible. Ils sont jeunes et viennent de temp...

PÉTITION POUR QUE BEN RESTE EN FRANCE
Ben jeune ivoirien qui était hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon a reçu jeudi 19 octobre une Obligation de Quitter le Territoire Français et l’ASE a demandé une levée de placement. Ben peut donc se retrouver à la rue. Ben Diakite est né le 24/03/2000, il a un certifi...

PATAGONIA, EL INVIERNO

Emiliano TORRES - Argentine 2016 1h35mn VOSTF - avec Alejandro Sieveking, Cristian Salguero, Adrián Fondari, Mara Bastelli... Scénario de Marcelo Chaparro et Emiliano Torres. Prix spécial du Jury et Prix de la meilleure photographie, Festival de San Sebastián 2016.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PATAGONIA, EL INVIERNOSi vous êtes venus éponger votre soif de nature authentique, de paysages majestueux et d’histoires du bout du monde, vous allez êtres rassasiés ! Nous sommes en Patagonie, dans la pointe sud de l’Argentine – une des régions les moins peuplées au monde – et plus précisément dans la région de Santa Cruz, moins connue que la Terre de Feu mais toute aussi somptueuse. Les terres du Grand Sud, comme on les appelle, sont ici presque un personnage à part entière, tant l’homme semble ridiculement petit face à l’étendue du décor, tant la force de cette nature et son pouvoir fantasmatique semblent écraser la destinée de ceux qui s’y aventurent. Terres spectaculaires mais aussi terres inhospitalières. Patagonia, el invierno nous projette dans des contrées où des hommes venus travailler la terre affrontent la rudesse climatique et la solitude. Les rapports humains n'en sont que plus rugueux. Dans cet environnement, la sensation de liberté marque les hommes à jamais, parfois jusqu'à atteindre une forme d'ivresse destructrice.


Evans a travaillé toute sa vie dans une hacienda perdue sur les hauts plateaux de Patagonie. En été, épaulé d'une poignée de saisonniers, il élève des moutons jusqu'à la tonte. Puis en hiver, il garde les lieux jusqu'au retour des beaux jours. Il règne sur les lieux en vieil homme rustre et aigri. Chaque printemps, le propriétaire foncier qui dirige ses affaires depuis la ville lui envoie de nouveaux ouvriers. Ils viennent de tout le pays, beaucoup ont connu un parcours qu’on devine compliqué. Evans occupe seul la maison du contremaître et les dirige sans la moindre sympathie. Eux effectuent un dur labeur et logent en commun dans la dépendance. Cette année-là, un homme se distingue des autres à plusieurs reprises : Jara est travailleur, sait manier les chevaux, fait preuve de bonne conduite et même de principes moraux peu fréquents chez les saisonniers. Evans l’observe sans pour autant s’en rapprocher.

Un jour, le propriétaire convoque Evans pour lui expliquer froidement qu’il est temps pour lui de prendre sa retraite. A l’automne, il lui faudra partir. Pas un mot de reconnaissance, pas une trace d’humanisme : après tant d’années de loyaux services, la pilule est dure à avaler. Evans n'a d'autre choix que de s’y résoudre et tente alors de reprendre contact avec sa fille qu’il a laissée en ville. Mais lorsqu’il rentre à l'hacienda, il comprend que c’est Jara qui sera désigné pour prendre sa suite. S’instaure alors une rivalité frontale entre les deux hommes…

La construction du film suit astucieusement le cours d'une année et des saisons qui la rythment. Ce qui s’apparente au début à un documentaire sur la vie des gauchos de Patagonie se mue progressivement en drame social et lorgne même vers le thriller dans sa dernière partie. À mesure que le climat change et se durcit, la splendeur des grands espaces laisse place à des vents glaçants et à un épais manteau neigeux. Thème central du film au sens large, l’adaptation de l’homme à son environnement apparaît délicate à bien des égards. Comment retourner à une vie ordinaire quand on n’a jamais connu que l'isolement ? Comment accepter que, même dans ces terres reculées, l'humain soit soumis aux logiques d'exploitation qui font passer les hommes après les profits ? En filmant la Patagonie comme point de recul ultime, Patagonia, el invierno livre un regard amer sur une société argentine aussi difficile à habiter qu’impossible à fuir.