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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

120 BATTEMENTS PAR MINUTE

Robin CAMPILLO - France 2017 2h20 - avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Aloïse Sauvage, Simon Bourgade... Scénario de Robin Campillo et Philippe Mangeot. Festival de Cannes 2017 : Grand Prix et Prix de la Critique internationale.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

120 BATTEMENTS PAR MINUTEIls étaient jeunes, fougueux, gourmands à vouloir goûter jusqu'aux fruits défendus. Certains timides, d'autres exubérants, de tous horizons et de tous styles. Tous avaient la vie devant eux et mordaient dedans à bouche que veux-tu, sans complexe, sans crainte, sans penser à s'économiser, ni à se protéger. Mai 1968 était passé par-là, puis 1982 avec des modifications de loi, un vent de liberté semblait vouloir balayer les préjugés rétrogrades. On avait le droit d'aimer qui on voulait ouvertement, ou presque, et on n'allait pas s'en priver ! Insouciance savoureuse des années 1990…



Puis parvinrent des rumeurs lointaines, incertaines, sur une maladie qui frappait on ne savait encore trop comment, laissant libre cours aux fantasmes les plus extravagants. Soudain il devenait périlleux de boire dans le verre d'un autre, de croquer dans la même pomme, d'échanger des baisers, sans parler de la gaudriole… Une partie du microcosme hétérosexuel tentait sottement de se rassurer en constatant que les victimes appartenaient principalement à la communauté gay. Les pires pisse-froid moralisateurs allaient même jusqu'à y voir l'intervention ciblée d'une main invisible punissant les liaisons contre-nature des seuls « pédés ». C'était avant de constater que le fléau s'abattait également sur « d'innocents » hémophiles… avant qu'on ne comprenne le mode de propagation du virus du Sida…

Le film démarre dix ans plus tard dans un petit amphithéâtre plein comme un œuf, lors d'une vivifiante réunion d'Act Up Paris. On y discute stratégie, on décide des actions, l'imagination est au pouvoir. Ils s'appellent Pierre, Paul, Jacques, Nathan, Sophie, Éva, Hélène, Muriel… ils ont pour eux la fougue, la jeunesse, ou pas, ils sont homo, gouines, ou pas… Séropositifs, en pleine santé, ou pas… En dépit de leurs différences, de leurs egos, de leurs grandes gueules, ils sont tous animés par cette magnifique ambition : rendre visible les invisibles, ceux qui meurent dans un silence gouvernemental irresponsable, voire coupable, parce que complice des laboratoires pharmaceutiques qui privilégient leurs intérêts financiers au détriment de l'intérêt général ! Sempiternel leitmotiv qui rend l'épopée de ces activistes atemporelle si bien que, des années plus tard, elles résonne toujours aussi puissante, brûlante d'actualité, d'urgence. Ensemble ils vont construire une forme de lutte joyeuse, impertinente qui n'a pour tous moyens que la solidarité, le courage, l'intelligence collectifs. Face à l'injustice, à l'indifférence, au mépris, ils ne vont baisser ni les yeux, ni les bras ! Ils vont s'acharner, développer une forme d'expertise pour aller se confronter aux élus, aux médecins, faire activer la mis en place des traitements. Ils étaient à l'avant garde de leur temps, ils le seront aussi en matière de VIH. Vivre intensément ! Lutter férocement ! Bien loin du « pour vivre heureux, vivons cachés » cher à notre époque, ils vont crier à la face du monde ce qu'il ne veut pas entendre. S'ils provoquent, montrent leur nombril ou leur cul, ce n'est pas dans l'espoir d'obtenir plus de « like » sur une page, mais pour secouer le cocotier d'une société muselée par les tabous.

120 battements par minute … C'est comme une accélération du cœur, une accélération du temps pour ceux qui n'en ont plus à perdre. 120 bpm, musique, ce n'est pas le tempo d'un requiem, c'est celui d'un rythme qui percute, d'une ode à la vie, à la force vitale. C'est le tempo des corps qui se cherchent, qui se trouvent avant de s'enlacer éperdument, tendrement dans l'intimité de la nuit… L'eurythmie d'une jeunesse qui exulte, qui court, danse fougueusement sur l'air de Smalltown boy de Bronski Beat pour faire la nique à la mort ! Même le dance-floor peut-être un terrain de jeu politique.

Robin Campillo nous fait entrer magnfiquement dans l'intimité d'un combat qui fut aussi le sien (et n'oublions surtout pas son co-scénariste Philippe Mangeot qui fit aussi partie de l'aventure). À la Grande Histoire d'une génération, il mêle des histoires individuelles émouvantes mais sans pathos, il raconte la peur, la grandeur et la noblesse d'âme de ses compagnons de colère, parfois perdus en route. Ce n'est pas pour rien qu'il a su galvaniser une pléiade d'acteurs qui interprètent ces engagés de la première heure de façon juste et formidable !