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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE

Roman POLANSKI - France 2017 1h40mn - avec Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez, Josée Dayan, Noémie Lvovsky, Brigitte Roüan... Scénario de Roman Polanski et Olivier Assayas, d'après le roman de Delphine Le Vigan.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIEUn regard de prédatrice, des lèvres de vamp… Elle (sublime Éva Green) a la beauté heureuse de celles qui n’ont pas besoin d’artifices pour la mettre en valeur. Énigmatique créature, d’emblée envoûtante, presque trop parfaite pour être vraie. « Elle » ! Le pronom sonne comme un absolu féminin, faussement modeste dans son laconisme. Il colle bien à la façon cavalière dont cette séductrice aborde sans ambages Delphine Dayrieux, écrivaine dont la renommée incite pourtant à la déférence. Se croyant enfin seule, aspirant à quelques instants de répit après une interminable séance de dédicaces, Delphine fusille tout d’abord d’une œillade noire et agacée cette présence surgie de nulle part qui lui glisse : « Allez, un dernier petit effort pour votre grande admiratrice… » On se dit qu’elle devrait l’envoyer paître, on s’étonne qu’elle ne réagisse pas, qu'elle se laisse hypnotiser par le regard vert félin de la belle inconnue à la voix profonde, par son phrasé lent et majestueux. Devant elle sa volonté, ses réticences semblent se briser aussi facilement que la nuque d’une souris sous les crocs puissants d’un fauve. Voilà Delphine benoitement séduite et nous diablement troublé-es, suspectant quelque maraboutage diabolique.



Mais vite nous voilà rassuré-es et amusé-e-s par cette bonne farce sardonique où nous piègent Assayas et Polanski. Loin de nous servir du réchauffé, du déjà vu, ils se moquent insidieusement des codes, les embrouillent de façon suffisamment joviale pour que se confondent vessies et lanternes sans qu’on y voie goutte.
La complicité sensuelle qui se dégage de la relation entre les deux femmes devient rapidement envoûtante, fusionnelle, comme celles de deux âmes sœurs qui auraient attendu toute une vie pour ne faire qu’une. « Elle » sait écouter, Elle sait conseiller, Elle sait dorloter, coacher si nécessaire. Elle peut tout faire pour la romancière qu’Elle adule, comprend mieux que quiconque. Brillante en toutes choses, Elle s’impose progressivement dans la vie de l’auteure tel un placébo réparateur, capable de panser toutes ses blessures égotiques. Delphine, qui sort d’une phase d’écriture douloureuse, tétanisée par la peur de la page blanche, se repose avec bonheur sur cette amie inattendue, qui envahit progressivement ses pensées, ses moments d’indispensable solitude. François, le mari de Delphine, s’inquiète de la voir se transformer. Il a l’intuition que quelque chose commence à dérailler, quelque chose qui finit par devenir tangible mais qu’il n’a pas le temps de complètement analyser car il lui faut repartir vers de nouveaux congrès internationaux, de nouvelles importantes interviews, trop dévoré par son travail d’éminent critique littéraire. Car, bien sûr, tout se passe dans un milieu élitiste, presque consanguin, un entre-soi qui exclut les misérables, les incultes, les médiocres. Une intelligentsia qui se gargarise d’elle-même, s’auto-congratule perpétuellement, mais dont tous les membres semblent terriblement s’ennuyer sans oser se l’avouer. Ici nul ne se renouvelle. Hormis cette étrange intruse qui procède finement à un tri de plus en plus méthodique dans l’entourage désabusé de son idole qui pourrait bien devenir sa victime. Pour mieux la ferrer, la vicieuse manipulatrice ira jusqu’à feindre l’éloignement, au grand désarroi d'une Delphine se sentant plus vide que jamais, telle une toxico attendant sa dose devenue aussi indispensable que l’air qu’elle respire.

Et ce n’est bien sûr qu’un début. Il ne reste plus qu’à se laisser aller sans bouder son plaisir, en acceptant de se laisser enferrer dans un délicieux malaise, perturbant mais diablement séduisant, aussi troublant que les deux actrices, tour-à-tour agaçantes, ridicules, minables ou à croquer…