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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES

Écrit et réalisé par Hélène CATTET et Buno FORZANI - France-Belgique 2017 1h32mn - avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Marc Barbé, Bernie Bonvoisin, Marine Sainsily... D'après le roman de Jean-Patrick Manchette (son premier) et Jean-Pierre Bastid. Interdit aux moins de 12 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRESDans quelque sens qu'on le prenne, Laissez bronzer les cadavres est une tuerie. Au propre parce que, malgré le nombre restreint de protagonistes, ça défouraille comme à Bastogne – et le titre ne ment pas. Au figuré surtout parce qu'on est en présence d'un incroyable film sensoriel, maquillé en polar, qui nous poursuit longtemps après la projection d'une impression de sidération dont on peine à se défaire. Après deux films confidentiels (Amer et L'Étrange couleur des larmes de ton corps), Hélène Cattet et Bruno Forzani réussissent avec Laissez bronzer les cadavres à nous faire partager, entre hommage ultra-référencé et rêverie (ou cauchemar) éveillée, leur déclaration d'amour filmée au cinéma. Avec une prédilection certaine pour le cinéma dit « de genre », européen – et essentiellement transalpin – qui a connu une sorte d'âge d'or dans les décennies 70 et 80. Après avoir revisité l'univers de Dario Argento dans les deux opus sus-cités, c'est sur les traces de Sergio Leone qu'ils lancent leur caméra (mais le foisonnement de citations dépasse largement le cinéma du maître du western spaghetti). À l'instar du roman, le film tient tout autant du polar que du western, un Règlement de comptes à OK-Corral réduit à l'os d'une intrigue minimaliste pour mieux laisser éclater le formalisme d'une écriture tranchante, ahurissante de précision. Réputé inadaptable, le roman est ici adapté avec une fidélité quasi-littérale à la sèche linéarité de son récit. Lequel, en forme de tragédie classique, tiendrait résumé sur une demi-feuille de papier à cigarette et respecte scrupuleusement les trois unités : de temps, de lieu et d'action.



Pendant vingt-quatre heures, un hameau en ruines, écrasé par le soleil, va être le théâtre d'un affrontement à mort entre une poignée de malfrats qui vient de réaliser dans un bain de sang « son » casse du siècle et la paire de gendarmes qui les débusque pour ainsi dire par erreur. Bataille rangée au milieu de laquelle s'efforcent de survivre, avec plus ou moins d'énergie et d'efficacité, la maîtresse des lieux, artiste performeuse sur le déclin, sa cour décadente et quelques encombrantes pièces rapportées. C'est à peu près tout. Comme le roman, le film ne dévie pas de l'aridité de son argument. Pas l'ombre d'un coup de théâtre à l'horizon, chaque rôle est connu et chaque destin inéluctablement mené à son terme. Et comme dans le roman, la sécheresse du canevas permet aux auteurs de déployer un invraisemblable savoir-faire (comment tenir en haleine un lecteur / spectateur sur un schéma aussi simple et convenu ? C'est possible, la preuve !) pour enrober l'affaire d'un habillage stylistique aussi maniéré, érudit et multi-référentiel qu'impeccablement et artisanalement ouvragé. Le résultat donne un de ces films beaux, fous, étincelants, frondeurs, d'une formidable liberté de ton et d'une implacable rigueur formelle, aussi séduisants que malaisants, qui allient avec panache une radicalité pour le moins rugueuse à la recherche du charme imparable des objets ostensiblement surannés. Un de ces films qui ont l'air de bolides méticuleusement déglingués, lancés sans visibilité à 200 km/h sur les chemins de traverse de la cinéphilie non-conventionnelle, de série B à Z.

Il se dit que Quentin Tarantino est le premier fan du travail de Cattet & Forzani. S'appuyant sur un aussi prestigieux parrainage, on fait le pari que la beauté formelle, l'inventivité sans limite, la rigueur narquoise de ces exquis cadavres vont, comme nous, vous laisser comme deux ronds de flan : épuisés, rincés, à bout de souffle – et, on vous le souhaite, ravis.