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Le blog des profondeurs...
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LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

Procès de la faucheuse de chaises de Carpentras.
 Le 6 février, Nicole Briend, membre d’ATTAC, était convoquée au tribunal correctionnel de Carpentras pour avoir participé à une action collective de désobéissance civile : emprunter 3 chaises à l’agence locale de la BNP, qui devaient être rendues quand la banque aurait fermé toutes ses filiale...

A PART OF US
 Ou une odyssée photographique et toponymique à travers les USA, qui permet de se plonger dans les origines internationales de ce pays. Elle débutera à Amsterdam dans l’État de New York le 5 juin et s’achèvera à Avignon en Californie. Entre temps elle passera par Naples, Paris, China…Réalisée par le...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

EL PRESIDENTE

(La Cordillera) Santiago MITRE - Argentine 2017 1h54mn VOSTF - avec Ricardo Darín, Dolores Fonzi, Erica Rivas, Christian Slater, Elena Anaya, Alfredo Castro...

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EL PRESIDENTEDans le magnifique palais de la Casa Rosada à Buenos Aires, on pénètre à pas de velours, par la porte de service, en se faufilant derrière les employés de maison. Un univers feutré où chacun s’affaire dans les coulisses du pouvoir, rouage d’un mouvement perpétuel infernal à filer le tournis. L’on chuchote, l’on murmure… Si quelques voix s’élèvent, c’est pour mieux entourer le nouveau Président de la République pris dans le tourbillon de cette ruche humaine – à moins que ce ne soit un véritable guêpier ? S’il n’est élu que depuis six mois, celui qui s’est forgé la réputation d’un homme du peuple « normal » pour mieux séduire n’en est pas moins un animal politique aguerri, à l’œil perçant et à l’intelligence acérée. Hernan Blanco (Ricardo Darín, impressionnant), sans avoir à élever la voix, en impose immédiatement. Ses silences retenus, ses sourires énigmatiques, son regard impénétrable font de lui un adversaire au charisme et au sang froid redoutables. Tout cela, les chefs d’États qu’il s’apprête à rencontrer ne le devinent pas encore. Ils ne connaissent de ce nouvel arrivant sur l’échiquier international que les dires des journaleux qui le présentent comme un pion bien inoffensif. Entre nous, voilà une réputation bien pratique pour qui veut protéger sa part de mystère, ses points faibles, son intimité.

Mais est-ce encore possible parvenu à ce niveau-là ? Comment camoufler indéfiniment aux yeux du monde une vie familiale bancale, une fille adorée mais ingérable (Marina), un gendre corrompu et par là même encombrant ? Malgré ses efforts pour être irréprochable, force est de constater que notre président trimballe quelques casseroles qui pendent au-dessus de sa tête comme autant d’épées de Damoclès alors même qu’il s’apprête à faire son entrée dans la cour des grands.

Car Hernan Blanco va représenter l’Argentine lors d’un sommet décisif pour construire une entente économique capitale entre les pays latino-américains. Il a beau s’être préparé des années à l’exercice de l’État, c’est une première impressionnante qui monopolise toute son énergie. Il n’a d’autre alternative que l’excellence, là se jouent, sans doute définitivement, son image et sa carrière politique internationale. Sa fidèle conseillère le suit à la trace, soufflant les anecdotes, les noms, les attitudes à adopter, le dopant, comme un coach sportif, avec tous les moyens du bord. Un petit vol d’avion présidentiel plus tard, voilà Blanco à Santiago du Chili, accueilli en grande pompe par ses pairs. Tout le gratin est réuni dans un hôtel immense perdu au beau milieu de la Cordillère des Andes. Entre le puissant président brésilien à l’initiative du sommet et le redoutable et machiavélique président mexicain, les chefs des États plus modestes n’en mènent pas large et les pourparlers s’annoncent houleux… Sans oublier la présence d’un négociateur américain qui semble vouloir jouer une tout autre partie. Chacun roule à sa façon des mécaniques, intrigue, affiche sa superbe… C’est alors que la sphère privée vient interférer de la manière la plus inopportune. Marina, acculée par son mari qui s’est emparé de l’occasion pour se livrer à un odieux chantage, déboule tel un fou de trop dans un jeu d’échecs. C’est évidemment là que tout bascule dans un registre inattendu, où le thriller psychologique vient s’imbriquer dans l’intrigue politique. Peu-à-peu l’irrationnel s’immisce, et tandis que la tension monte, ces personnes dirigeantes tellement importantes aux yeux du monde semblent rétrécir sous l’œil indifférent des montagnes imposantes et immortelles qui les font paraître ridiculement minuscules. Ceux qui se voulaient blancs comme neige révèlent face à elle leurs âmes noires…

Pour son troisième film et comme dans les précédents (les déjà remarquables El Estudiante et Paulina), Santiago Mitre continue d’explorer de façon réjouissante la sphère du pouvoir. Il le fait en plongeant toujours plus profond dans les intentions qui animent les êtres, questionnant leur attrait pour la puissance, échafaudant une œuvre passionnante tout aussi politique que philosophique.