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Le blog des profondeurs...
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LES LUMIÈRES DE LA VILLE, DES NOUVELLES DU PROJET.
Les Lumières de la ville, c’est ce projet qui nous tient à coeur, celui que nous développons patiemment avec la dévouée Marie-Hélène de 100 pour 1 et le non-moins dévoué Christophe pour l’aspect technique. Sans oublier nos complices de Cinambule et du Collectif Inouï. C’est donc la création d’une «&...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

Ils viennent découvrir des films
Que nous les appellions migrants, immigrés, réfugiés… Qu’ils soient partis de chez eux pour des raisons économiques, de famine ou de guerre, raisons religieuses, orientation sexuelle… Ils ont fui l’âme abimée, espérant trouver un endroit où la vie serait possible. Ils sont jeunes et viennent de temp...

PÉTITION POUR QUE BEN RESTE EN FRANCE
Ben jeune ivoirien qui était hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon a reçu jeudi 19 octobre une Obligation de Quitter le Territoire Français et l’ASE a demandé une levée de placement. Ben peut donc se retrouver à la rue. Ben Diakite est né le 24/03/2000, il a un certifi...

QUE LE DIABLE NOUS EMPORTE

Écrit et réalisé par Jean-Claude BRISSEAU - France 2017 1h48mn - avec Fabienne Babe, Isabelle Prim, Anna Sigalevitch, Fabrice Deville, Jean-Christophe Bouvet...

Du 10/01/18 au 23/01/18

QUE LE DIABLE NOUS EMPORTEDeux femmes en couple dans un appartement, bientôt rejointes par une troisième, plus jeune, qui cherche à échapper à un de ses amants ne pouvant plus se passer d’elle. Le chassé-croisé des sentiments, la libre union des chairs et la recherche de cet amour qui transcende tout : voilà le grand sujet que Jean-Claude Brisseau ne cesse d’explorer et qui nous a tant touché chez lui, de Céline à La Fille de nulle part en passant par Les Anges exterminateurs. De la même façon, Que le diable nous emporte s’attache à trouver chez ses personnages ce point d’incandescence où l’amour est si fort qu’il fusionne avec une forme de surnaturel très singulier, élevant le rapport sexuel à une expérience métaphysique, sensuelle et mentale à la fois. On pourra reprocher à Brisseau beaucoup de choses, y compris son obsession pour le sexe féminin, mais on ne pourra pas lui enlever la sincérité un peu folle qui transparaît à travers ses films. Il y a dans Que le diable nous emporte une façon très frontale d’aborder de « grands » sujets : l’amour, la quête du bonheur, la rémission, la croyance en l’autre. Cela ne plaira pas à tout le monde. Ceux qui sauront l’apprécier – c’est notre cas ! – éprouveront le plaisir de voir se révéler, sous des apparences un peu abruptes, un univers sans fard au charme unique, profondément érudit et d’une vivifiante candeur.

Camille est une femme mûre, meurtrie par un passé douloureux, qui a trouvé refuge auprès de Clara. Elles vivent en couple un peu à l’abri du monde extérieur, le temps que Camille reprenne ses forces pour mener une vie ordinaire. C’est en ramassant un téléphone portable que Camille va faire la connaissance de Suzy, belle femme d’une génération de moins qu’elle, dont Camille s’aperçoit qu’elle échange par messages des photos érotiques d’elle avec plusieurs hommes. Lors de leur première rencontre, Camille ne peut s’empêcher de demander à Suzy ce qui la motive à agir ainsi. Car justement, pour guérir de son passé, Camille travaille à sublimer le corps des femmes en réalisant des compositions de nus-artistiques. Entre les deux femmes, le désir ne tardera pas à naître. Mais c’est au tour de Suzy d’être rattrapée : Fabrice, un de ses nombreux amants qu’elle ne veut plus voir, la poursuit dangereusement. Dans l’appartement, Suzy reste en sécurité auprès de Camille, tandis que Clara, partie négocier avec l’ancien amant, cède peu à peu aux charmes de Fabrice…
Cette intrigue qu’on jugerait volontiers trop vaudevillesque est en réalité très vite absorbée par l’univers cinématographique sans pareil de Jean-Claude Brisseau. Si les situations paraissent légèrement surannées, c’est pour mieux faire la part belle aux préoccupations philosophiques et morales du cinéaste. Ce qui circule entre les êtres, la signification enfouie de leurs désirs et un appétit certain pour l’expérimentation sexuelle sont au cœur de Que le diable nous emporte. Le film exalte avec fraîcheur une belle idée de la complicité et du plaisir féminin autour des trois femmes emmenées par l’excellente Fabienne Babe. Une fois de plus, Brisseau ajoute une dimension mystique à son film à travers le drôle de personnage de « Tonton », sorte de vieux sage yogi arpentant l’appartement du dessus et veillant moralement sur le trio d’héroïnes. Brisseau ose décidément tout, même les scènes les plus invraisemblables où le spirituel et le charnel se fondent dans un élan cosmique. Son cinéma peut tout se permettre, et pour cause : il ouvre les portes de la sublimation des êtres par l’amour.