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Le blog des profondeurs...
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LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

Procès de la faucheuse de chaises de Carpentras.
 Le 6 février, Nicole Briend, membre d’ATTAC, était convoquée au tribunal correctionnel de Carpentras pour avoir participé à une action collective de désobéissance civile : emprunter 3 chaises à l’agence locale de la BNP, qui devaient être rendues quand la banque aurait fermé toutes ses filiale...

A PART OF US
 Ou une odyssée photographique et toponymique à travers les USA, qui permet de se plonger dans les origines internationales de ce pays. Elle débutera à Amsterdam dans l’État de New York le 5 juin et s’achèvera à Avignon en Californie. Entre temps elle passera par Naples, Paris, China…Réalisée par le...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son po...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

QUE LE DIABLE NOUS EMPORTE

Écrit et réalisé par Jean-Claude BRISSEAU - France 2017 1h48mn - avec Fabienne Babe, Isabelle Prim, Anna Sigalevitch, Fabrice Deville, Jean-Christophe Bouvet...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

QUE LE DIABLE NOUS EMPORTEDeux femmes en couple dans un appartement, bientôt rejointes par une troisième, plus jeune, qui cherche à échapper à un de ses amants ne pouvant plus se passer d’elle. Le chassé-croisé des sentiments, la libre union des chairs et la recherche de cet amour qui transcende tout : voilà le grand sujet que Jean-Claude Brisseau ne cesse d’explorer et qui nous a tant touché chez lui, de Céline à La Fille de nulle part en passant par Les Anges exterminateurs. De la même façon, Que le diable nous emporte s’attache à trouver chez ses personnages ce point d’incandescence où l’amour est si fort qu’il fusionne avec une forme de surnaturel très singulier, élevant le rapport sexuel à une expérience métaphysique, sensuelle et mentale à la fois. On pourra reprocher à Brisseau beaucoup de choses, y compris son obsession pour le sexe féminin, mais on ne pourra pas lui enlever la sincérité un peu folle qui transparaît à travers ses films. Il y a dans Que le diable nous emporte une façon très frontale d’aborder de « grands » sujets : l’amour, la quête du bonheur, la rémission, la croyance en l’autre. Cela ne plaira pas à tout le monde. Ceux qui sauront l’apprécier – c’est notre cas ! – éprouveront le plaisir de voir se révéler, sous des apparences un peu abruptes, un univers sans fard au charme unique, profondément érudit et d’une vivifiante candeur.

Camille est une femme mûre, meurtrie par un passé douloureux, qui a trouvé refuge auprès de Clara. Elles vivent en couple un peu à l’abri du monde extérieur, le temps que Camille reprenne ses forces pour mener une vie ordinaire. C’est en ramassant un téléphone portable que Camille va faire la connaissance de Suzy, belle femme d’une génération de moins qu’elle, dont Camille s’aperçoit qu’elle échange par messages des photos érotiques d’elle avec plusieurs hommes. Lors de leur première rencontre, Camille ne peut s’empêcher de demander à Suzy ce qui la motive à agir ainsi. Car justement, pour guérir de son passé, Camille travaille à sublimer le corps des femmes en réalisant des compositions de nus-artistiques. Entre les deux femmes, le désir ne tardera pas à naître. Mais c’est au tour de Suzy d’être rattrapée : Fabrice, un de ses nombreux amants qu’elle ne veut plus voir, la poursuit dangereusement. Dans l’appartement, Suzy reste en sécurité auprès de Camille, tandis que Clara, partie négocier avec l’ancien amant, cède peu à peu aux charmes de Fabrice…
Cette intrigue qu’on jugerait volontiers trop vaudevillesque est en réalité très vite absorbée par l’univers cinématographique sans pareil de Jean-Claude Brisseau. Si les situations paraissent légèrement surannées, c’est pour mieux faire la part belle aux préoccupations philosophiques et morales du cinéaste. Ce qui circule entre les êtres, la signification enfouie de leurs désirs et un appétit certain pour l’expérimentation sexuelle sont au cœur de Que le diable nous emporte. Le film exalte avec fraîcheur une belle idée de la complicité et du plaisir féminin autour des trois femmes emmenées par l’excellente Fabienne Babe. Une fois de plus, Brisseau ajoute une dimension mystique à son film à travers le drôle de personnage de « Tonton », sorte de vieux sage yogi arpentant l’appartement du dessus et veillant moralement sur le trio d’héroïnes. Brisseau ose décidément tout, même les scènes les plus invraisemblables où le spirituel et le charnel se fondent dans un élan cosmique. Son cinéma peut tout se permettre, et pour cause : il ouvre les portes de la sublimation des êtres par l’amour.