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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

VERS LA LUMIÈRE

Écrit et réalisé par Naomi KAWASE - Japon 2017 1h42mn VOSTF - avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji, Kazuko Shirakawa...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VERS LA LUMIÈRELe cinéma de Naomi Kawase est un cinéma de la sensualité. Impressionniste : la grâce qui surgit dans les moindres gestes quotidiens, les gouttes d’eau qui subliment une peau fraîche, le bruissement d’une feuille d’automne, les odeurs délicieuses qui s’échappent d’un chaudron ou des herbes aromatiques hachées menu, la sensation du vent qui fouette rivages et visages avant la tempête. Quel que soit le sujet abordé, on sent une gourmandise contagieuse qui traverse l’écran, stimule nos papilles, nos oreilles, nos sentiments. Naomi Kawase nous offre son angle de vision si particulier qui fait la patte de cette grande cinéaste. Il y a parfois de quoi être dérouté, par ce rythme qui fait l’éloge de la patience, du plaisir d’observer, du temps qu’on prend à s’étonner, s’émerveiller des choses les plus infimes, dont, dans le fond, nous faisons tous partie. Elle a cette capacité de nous faire ressentir dans notre chair ce que l’on sait mais qu’on s’efforce d’oublier trop souvent : nous ne sommes que les petits pantins d’un tout qui nous dépasse, d’une nature à laquelle on n’échappe jamais vraiment et qu’il vaut mieux suivre plutôt que de s’entêter à vouloir la dompter.

On entre dans Vers la lumière par une voix, celle de Misako. Elle est enjouée, respire la jeunesse, et sa manière de raconter par le menu tout ce qu’elle voit dans la rue résonne comme un jeu étrange. Cela intrigue, en devient presque comique ou agaçant. Malgré sa bonne bouille et ses grands yeux ronds on a envie de lui dire : « C’est bon. Tu ne peux pas arrêter de nous dire des évidences qu’on constate par nous-même ? Les poteaux, les feux rouges, le vieux d’en face… ». On se demande où cette première séquence veut en venir… Puis tout s’éclaire : Misako s’entraîne, apprend à n’être qu’une voix pour ceux qui ne voient pas. C’est son métier : audiodescriptrice. Elle tisse ce lien avec le cinéma pour ceux qui ne peuvent qu’imaginer les images, leur texture. Décrire devient peu à peu comme une seconde nature.

Lorsqu’elle parvient toute exaltée devant le comité d’écoute (constitué en partie de mal voyants) qui doit juger de la qualité de son travail, sa description est retoquée. Tous entendent la bonne volonté de Misako, son désir de bien faire, mais ce n’est pas suffisant. L’audiodescription doit restituer fidèlement toutes les nuances d’une œuvre, permettre à celui qui écoute, comme à celui qui regarde de se connecter à la vie des autres. Chose difficile à retranscrire, à traduire sans trahir les intentions des auteurs, sans imposer aux spectateurs-auditeurs sa propre vision des choses. Conscients que c’est un art difficile, les membres du petit groupe se montrent compréhensifs et bienveillants, sauf peut-être Masaya Nakamori, dont la réaction particulièrement acide bouscule la jeune femme.

Mais Misako est déterminée, passionnée et elle ne va pas baisser les bras. Loin de se laisser décourager, elle va non seulement s’entêter, vouloir progresser mais aussi se poser des questions sur la personnalité du bonhomme, ne pas s’arrêter à ses sautes d’humeur malhabiles. Derrière les apparences, elle perçoit qu’il y a une souffrance qu’il essaie de cacher. Masaya est un photographe de renom. Lui qui n’a vécu en grande partie que pour immortaliser des images est en train de perdre la vue. Entre eux, progressivement, se tissent une connivence, une complicité où le temps n’a plus de prise. C’est un long dialogue qui s’installe au-delà des seuls mots. Dans les beaux silences, les prises de vue, Misako redécouvre les petits bonheurs de son enfance, celui de simplement observer un coucher de soleil aux côtés de Masaya et de s’émouvoir quand il déclare « Il n’y a rien de plus beau à voir que ce qui s’apprête à disparaître »… Alors que l’un perd la lumière, l’autre la décrit…