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UN JEUNE, UN TOIT, UNE ÉCOLE !
Ça s’est passé près de chez vous… N. 16 ans et demi est arrivé en juillet dans le Vaucluse. Il a traversé la méditerranée au péril de sa vie. Il est « pris en charge » par l’Aide Sociale à l’Enfance qui conteste sa minorité, le fait convoquer à la police des frontières, des ...

Les Lumières de la ville deviennent le Collectif 1,2,3 soleil.
Les Lumières de la ville, c’est cette fabrique de film que l’association 100 pour 1, les Ateliers du Court et Utopia ont mis en place il y a quelques mois. L’idée est de regrouper des jeunes mineurs isolés de 100 pour 1, quelques-uns de nos spectateurs volontaires et un ou deux « professionnel ...

Séances bébé
   Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés, ett déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son p...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

LE FEU QUI NE S’ÉTEINT JAMAIS
 Il y a sept ans nous apprenions avec effroi l’explosion de 3 réacteurs nucléaires dans la centrale de Fukushima au Japon. Au pays du shintoïsme – un culte dédié à la nature -, le choc fut terrifiant. Il venait implacablement raisonner avec la mémoire traumatique d’Hiroshima et Nagasaki. Grand pe...

La séance du vendredi 2 février à 20h sera suivie d'une rencontre avec Paule Baisnée, enseignante de cinéma. Cette projection aura lieu en collaboration avec l'AFIA (association franco-italienne d'Avignon).

FORTUNATA

Sergio CASTELLITO - Italie 2017 1h43 VOSTF - avec Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Alessandro Borghi, Hanna Schygulla... Scénario de Margaret Mazzantini.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FORTUNATATélérama titrait au moment du Festival de Cannes : « Fortunata, portrait solaire d’une Antigone moderne »… On approuve : Jasmine Trinca dans le rôle titre crève l’écran, littéralement lumineuse, un tourbillon de vie et de sensualité. Elle porte le film, à la manière de son personnage, Fortunata, qui porte son entourage sur ses jolies épaules tout en vacillant parfois sur ses talons hauts qui ripent sur les pavés de Rome, ceux du quartier de Torpignattara dans lequel Pasolini tourna jadis Mamma Roma



La première scène, dont on vous laisse la surprise, donne allègrement le ton, par un décalage spatiotemporel délicieux, une chorégraphie que Beethoven aurait peiné à imaginer à son époque. Ne sortez pas de la salle, cela se passe bien en Italie ! Puis on découvre Fortunata, pressée, toujours pressée, parce qu’elle se démène, qu’elle doit survivre. On devine d’emblée que les seuls nantis qu’elle croise sont ceux qu’elle coiffe à domicile. Son métier semble avoir déteint sur elle, en la croisant dans la rue sans la connaître, on pourrait deviner qu’elle est coiffeuse. Ses cheveux un brin trop décolorés, ses robes cheap aux décolletés provocants. Tout dans son allure, malgré ses efforts pour paraître classe, révèle une appartenance à la grande famille des prolétaires… N’empêche, plus que n’importe quelle bourgeoise bien apprêtée, elle a du chien ! C’est d’une évidence criante. Elle est de celles que les hommes convoitent. D’ailleurs on comprend que pour dompter la belle l’un d’eux se soit empressé de l’engrosser, alors qu’elle découvrait à peine sa féminité, l’appel de ses désirs… Huit ans plus tard, le feu des sens éteint, la voilà flanquée d’un mari pas encore ex, un macho râblé comme tout dont elle ne parvient pas à se débarrasser, et d’une gosse espiègle et adorable, Barbara. Pour elle, elle donnerait tout. Elle déborde tellement d’amour qu’elle ne connaît plus les limites, la dorlote, la couve, lui permet de prendre un espace dans sa vie qui leur laisse à peine la possibilité d’exister, de respirer l’une sans l’autre. Elle sait si peu ce qu’est être mère, ni ne connaît les recettes pour le devenir.

Fortunata, loin d’avoir goûté à la fortune annoncée par son prénom, est une gamine qui a grandi trop vite, comme elle a pu, telle une jolie fleur sur le bitume aride. Et pour mieux s’en sortir, notre pétulante capillicultrice entreprend, avec son ami tatoueur déjanté, de monter un salon de coiffure… Pleine de courage et de gnaque, la voilà qui court de plus belle, d’immeuble en immeuble, de porte en porte, pour gagner l’argent nécessaire, tâchant de laisser Barbara entre de bonnes mains, essayant de lui faire comprendre que si elle galope si vite, c’est pour justement pouvoir se poser, être plus présente à l’avenir. Mais à huit ans, l’avenir est un mot bien lointain et Barbara ne voit que ce présent contrariant marqué par l’absence : celle de sa mère qui travaille trop, celle de son père qui oublie ses temps de garde… Alors, bouillonnante de colère, elle sème la zizanie, tant et si bien qu’à l’école on exige qu’elle consulte un psy… Voilà Fortunata en train de cavaler encore plus pour honorer ces nouveaux rendez-vous, bien décidée à ne pas se laisser impressionner par le praticien qui peut en un clin d’œil faire basculer sa vie et celle de sa mioche, même si, ma foi, il est bel homme…

C’est un film foutraque, débordant d’énergie, d’ironie, peuplé d’une galerie de personnages épiques, un véritable patchwork humain improbable. Aux Romains de souche se mêlent des ribambelles de Chinois, quelques bonnes sœurs, une Allemande théâtrale en train de perdre la boule (l’occasion si rare de revoir Hanna Schygulla à l’écran)… et j’en passe. Mais d’où qu’on vienne, dans ce quartier-là on s’accepte mutuellement et on avance la tête haute…