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À l’attention des enseignants : 9e édition de l’opération CINÉALLEMAND POUR LES JEUNES, en partenariat avec le Goethe-Institut.
 Trois films sont proposés, pour les élèves de primaire, collège et lycée. Plus d’informations au 04 90 82 65 36    D’ÉGAL À ÉGAL Pour les 9-13 ansMichi, 10 ans, vit dans un foyer pour enfants. Une lettre trouvée par hasard ayant appartenu à sa mère disparue lui permet de...

UNE CARTE UTOPIA ?
Oui, vous avez bien lu, je parle bien d’une carte de cinéma Utopia. Vous en rêviez, on s’en doute bien. Mais comme rien n’est vraiment gratuit ou illimité dans ce dur monde de l’exploitation cinématographique (ou même ailleurs, il me semble…) on vous donne une explication. Si cette carte que nous av...

VENIR À UTOPIA… C’EST PLUS FACILE QU’ALLER À MOSSOUL !
   Nous vous mettons ci-dessous, et après vérifications auprès des opérateurs, les tarifs et horaires des différents parkings. Si toutefois ces informations sont erronées, merci de nous le faire savoir que nous relancions nos limiers pour tirer cette affaire au clair. PARKING DE L’ÎLE PIOT, gratu...

Des nouvelles de Ben et Arouna.
Vous avez été nombreux à signer la pétition pour Ben, jeune ivoirien hébergé par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) dans un hôtel à Avignon suite à son Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) du 19 octobre. Contrairement à nos espoirs raisonnables, le tribunal administratif (TA) vient de c...

L’État poursuit Nicole Briend pendant que la BNP-Paribas poursuit ses pratiques d’évasion à grande échelle.
Souvenez-vous, dans une précédente gazette nous vous parlions de cette militante d’Attac, Nicole Briend. Elle est convoquée le 6 février au tribunal de Carpentras pour vol en réunion et refus de donner ses empreintes ADN après avoir participé, avec une dizaine de personnes d’Attac, à une&n...

CENTAURE

Aktan Arym KUBAT - Kirghizistan 2017 1h29 VOSTF - avec Aktan Arym Kubat, Taalaïkan Abazova, Bolot Tentimyshov... Scénario d'Aktan Arym Kubat et Ernest Abdyjaparov. Festival de Berlin 2017 - Prix des Cinémas Art et Essai.

Du 14/02/18 au 06/03/18

CENTAUREC'est un film qui nous vient d'un pays que l'on ne voit presque jamais ni au cinéma ni dans les feux de l'actualité. Un pays de grandes steppes qui furent traversées autrefois par des princes cavaliers. Un pays qui, avant de devenir indépendant en 1991, fut une des nombreuses républiques d'URSS au cœur de l'Asie centrale, coincée entre le Kazakhstan et la Chine. Mais il serait pour le moins réducteur de voir Centaure comme un joli objet exotique, dans le genre Connaissance du Monde… Car Centaure est bien plus que ça : à la fois drôle, beau et lucide, le film parle magnifiquement d'un monde a priori immuable qui s'effondre, tandis qu'un autre, façonné aux normes de la mondialisation à l'occidentale, pointe malheureusement son nez.



Au cœur du récit, Centaure, un homme au surnom évocateur, un ancien projectionniste qui a toujours un peu trop aimé les chevaux et qui mène désormais, à cinquante ans passés, une vie discrète et paisible, du moins en apparence. Il a une épouse sourde-muette d'origine russe et un jeune enfant dont on se demande bien s'il parlera un jour et à qui Centaure raconte inlassablement des contes traditionnels où il est toujours question de chevaux mythiques.
Tout se passe tranquillement dans le village jusqu'à ce qu'un étalon hors de prix soit volé une nuit, malgré une surveillance serrée des propriétaires. Qui est ce mystérieux voleur de chevaux, cavalier émérite dont on ne sait si sa motivation est simplement l'appât du gain ou le plaisir de chevaucher au clair de lune des destriers exceptionnels ?

À travers cette petite intrigue policière parfaitement menée, le réalisateur Aktan Arym Kubat (qui incarne également Centaure) décrit, dans une veine délicieusement tragi-comique, l'évolution de son pays. Alors que le cheval était autrefois un bien commun pour les Kirghizes qui le considéraient comme le compagnon indispensable qui, selon la légende, donnait des ailes à chaque membre du peuple, il est devenu aujourd'hui objet de spéculation, les plus beaux spécimens n'étant accessibles qu'aux oligarques locaux, les nouveaux riches, des incultes qui ont proliféré à la chute de l'Union soviétique.
Est dénoncé le repli sur soi, l'absence de solidarité, la mesquinerie grandissante entre les gens (notamment quand une femme se sent obligée d'aller dénoncer le prétendu adultère de Centaure)…
Le réalisateur décrit aussi de manière ironique l'islamisation galopante qui gangrène le village, avec ces barbus pathétiques tentant d'imposer leur vision réactionnaire de la femme, dans une société où celle-ci a toujours tenu une place très importante. Il est aussi question de la perte du goût pour la culture : Centaure était le projectionniste du ciné club local, très fréquenté à l'époque soviétique, qui s'est effondré avec l'indépendance et la fin de la distribution des copies de films…
C'est donc à la fois un regard triste et drôle, lucide et lumineux sur l'évolution de son pays que nous propose Aktan Arym Kubat, qui nous donne par ailleurs une très belle mise en scène, mettant en valeur toute la beauté de ce pays montagneux et presque vierge de la marque des hommes.

PS : jusqu'en 2003, Aktan Arym Kubat s'appelait Aktan Abdykalykov, et c'est sous ce nom qu'il a réalisé les très beaux Le Fils adoptif (1998) et Le Singe (2001).