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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

APRÈS L'OMBRE

Stéphane MERCURIO - documentaire France 2017 1h33mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APRÈS L'OMBREDédé le Lyonnais, Alain le Marseillais, Louis Perego, Éric, Annette… Quatre hommes, une femme, si loin de nous, si proches… Enfants d’une même humanité trop tôt sevrée du lait de la tendresse humaine. Stéphane Mercurio, subtile documentariste, porte une fois encore à l’écran la parole des oubliés de la république, des sans voix, trop rare et pourtant essentielle. Dès la première minute elle est là qui nous happe comme une évidence universelle, intemporelle. Ces gens à l’écran ne jouent pas à être d’hypothétiques héros, ils jouent leur propre vie.



Comment ne pas être touché par André qui, dans un souffle ému face aux 73 bougies d’un modeste gâteau, susurre que c’est là son plus bel anniversaire ? Sans que cela soit évoqué, ne se demande-t-on pas de quoi furent faits les soixante-douze précédents ? C’est au spectateur de l’imaginer car rien ici ne sera étalé qui tirerait des larmes indécentes et faciles. Chaque parole reste fière et digne. Dès lors comment ne pas se reconnaître dans celle d’Annette, épouse d’ancien détenu, qui déclare : « Je peux te dire que c’est une belle connerie de s’arrêter de pleurer. Parce que ça va où, les larmes, quand tu les arrêtes ? » Puis presque on se marre avec le parcours abracadabrantesque de cet autre qui décrit son tour de France en vingt-sept prisons, vingt-sept villes parcourues sans jamais connaître d’elles que de vagues cellules grises…

Mais au-delà des mots, c’est dans une palpitante aventure collective qu’on est entraîné, vers la reconquête d’un courage collectif, celui de dire, de se dire sans pathos, sans misérabilisme, de raconter l’irracontable. « Car une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps. » Ainsi s’exprime Didier Ruiz lorsqu’il entreprend la mise en scène de ce spectacle monté avec des anciens détenus ayant purgé 14, 18, 35, 40 ans de prison… Des années plus longues que certaines vies. J’entends d’ici ceux qui ont le verbe facile s’esclaffer que nos prisons ont désormais un confort digne du club Med avec les chaînes câblées (payantes !), les téléphones, les petits trafics en tous genres. À les entendre il ne manquerait guère plus que les vahinés et les cocotiers pour s’y épanouir pleinement ! Ah, si ceux-là pouvaient venir en priorité voir Après l’ombre ! Difficile de proférer de telles inepties après ce formidable documentaire. Il nous invite à une véritable révolution intérieure qui ne peut que tournebouler salutairement nos esprits, nos convictions.
Progressivement, sous la jovialité, les silences, dans les coulisses des répétitions, la construction théâtrale qui prend forme, on discerne les blessures indicibles, toujours béantes, impossibles à cautériser, même après le retour à une vie dite normale. C’est cet « Au revoir » qu’on a pas pu dire à ceux que l’on aimait, ce sentiment d’avoir abandonné ceux que l’on chérissait. Et curieusement, au fil des témoignages poignants, parfois crus, naît une forme de poésie digne qui incite au respect. On ressent presque dans sa propre chair combien il est difficile de se reconstruire après tant d’années d’isolement, combien le terme de réinsertion peut apparaître comme un cynique miroir aux alouettes. L’enfermement, ça vous colle à la peau, ça vous ronge les os, bien au-delà des portes du pénitencier. Quand on retourne enfin à l’air libre c’est plus affaibli, plus vieux, plus isolé, plus malade, souvent incapable de rêver l’avenir, moins capable de le construire.