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LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !
LAISSEZ-PASSER LE PÈRE-NOËL !Vous êtes attendus nombreux le jeudi 20 décembre à 19h30 dans le jardin Urbain V. Nous décorerons notre sapin de Noël avec nos cartes de vœux pour le PASSAGE ! Une hotte accueillera les modestes cadeaux que chacun voudra y déposer et que nous nous offrirons… Pr...

NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

LA PRIÈRE

Cédric KAHN - France 2017 1h47mn - avec Anthony Bajon, Damien Chapelle, Alex Brendemühl, Louise Grimberg, Hanna Schygulla... Scénario de Cédric Kahn, Fanny Burdino et Samuel Doux

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA PRIÈREAnthony Bajon est magnifique et vient de recevoir l’Ours d’argent à Berlin

C’est un endroit magique où l’air est pur, l’espace si profond qu’on n’en perçoit pas les limites : le regard se perd vers des sommets enneigés qui se fondent avec l’horizon. On devine qu’il est rude de vivre là, mais l’esprit et les sens semblent se dilater au contact d’une immensité qui modifie la perception qu’on a des autres, de soi-même et laisse un goût d’éternité.
Vit là une petite communauté, créée il y a déjà longtemps par une religieuse hors-norme, pour permettre à des âmes perdues de raccrocher avec l’humanité en trouvant refuge, réconfort et énergie nécessaire pour sortir de leur dépendance à toutes sortes de substances. Ceux qui viennent là on fait le choix de s’extraire de l’agitation, des sollicitations multiples de la ville. Ils ont le corps meurtri, l’esprit en capilotade, au bord de l’asphyxie. Pour eux c’est souvent la dernière chance de renouer avec l’espoir d’un avenir possible. Ici, on ne condamne pas, on ne juge pas, on ne vous fait pas la morale, on vous accepte sans vous demander d’où vous sortez mais sans vous faire de câlins non plus : ils en ont bavé des ronds de chapeau, tous ceux qui composent cette communauté où isolement ne signifie pas solitude, où la pitié n’a pas de place mais où la solidarité ne faiblit jamais.



Ils viennent de tous horizons, de tous milieux. Fils de bourgeois ou « fils de rien », ils sont croyants, athées ou agnostiques, mais tous sont à la même enseigne, pour tous les règles sont les mêmes, elles sont strictes, reposent sur trois socles solides : le travail, la prière et l’amitié. Pour commencer, le sevrage sera brutal, total, sans concession : pas la moindre cigarette, le moindre verre, le moindre écart. Un plus ancien, qui est passé par là, vous sert d’ange gardien dans les moments insupportables, vous suit partout, prompt à appeler l’ensemble de la communauté à la rescousse pour faire front en cas de passage risqué. On parle, on prie, on rit, on crapahute vers les sommets, on entraîne son corps à l’effort répété… et on apprend à se regarder sans se mépriser ou se haïr.
Si Thomas déboule un beau soir, c’est qu’il a été ramassé dans la rue, alors qu’il était au bord du néant, par un prêtre qui passait par là et qui l’a convaincu de jouer sa dernière carte en rejoignant le petit groupe. Quand le film commence, son regard est lourd de détresse et d’emblée accroche celui du spectateur. La prière, la foi, la vie avec d’autres : cet univers lui est totalement étranger. Avant… il se serait moqué sans doute. Dans cet endroit paumé il devra couper tout contact avec le monde : ni musique, ni télé, ni internet, ni journaux, ni oisiveté. L’esprit est occupé en permanence pour ne pas penser à la drogue, pour échapper à ce manque vertigineux qui l’aspire vers son abîme intérieur. Tous bossent dur, chantent beaucoup, prient souvent, parlent à tour de rôle, se réjouissent du moindre progrès et s’il est beaucoup question des forces de l’esprit, de la foi et de Dieu, rien n’est imposé à personne : les chants dans la chapelle, les longues marches dans le brouillard… Thomas sort peu à peu de son isolement mental, commence à se soucier de ses compagnons, acquiert le réflexe de leur tendre la patte à son tour, doute parfois. Mais, quand lui prend l’envie de fuir, il rencontre Sybille dans le village voisin. Éclatante de santé, elle a des yeux magnifiques et si elle ne fait pas partie de la communauté, elle comprend, capable de trouver les mots pour convaincre Thomas d’aller au bout de ce cheminement douloureux qu’il a amorcé… vers quelque chose de moins sombre qui passe par un retour sur soi, une rencontre…

On pense à la chanson de Brel : « À l’église où j’allais, on l’appelait le Bon Dieu… l’amoureux l’appelle l’amour, le mendiant la charité, le soleil l’appelle le jour et le brave homme, la bonté »… La Prière « est un film qui passe de la conviction au doute, de la mort à l’amour… il ne répond pas à la question de la foi mais l’interroge » dit Cédric Kahn.