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FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :1- ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !La pétition pour le maintien de l’ouvert...

Le passage du Verger Urbain V : l’impasse ?
À ceux qui sont partis en vacances et ont décroché des faits divers.Vous l’avez sûrement remarqué, le Verger Urbain V a été refait : plus de terrain vague mais un jardin flambant neuf, beau passage pour aller le soir à la Manutention et même continuer en longeant la prison jusqu’au fleuve....

ET MAINTENANT ! NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER MASSIVEMENT LA PÉTITION !
Affirmez votre refus de nous voir remisés au fond d’un cul de sac et votre droit de nous rendre visite, comme celui de transiter, en journée comme en soirée par le passage du verger. Dans notre optimisme béat nous espérons des milliers de signatures, montrez que nous sommes timorés et que ce sera de...

Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

LA CAMÉRA DE CLAIRE

Écrit et réalisé par HONG Sang-soo - Corée du Sud 2017 1h08mn VOSTF - avec Isabelle Huppert, Kim Min-hee, Chang Mi-hee, Jung Jin-youn...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA CAMÉRA DE CLAIREIl y a des réalisateurs qui se montrent tellement prolifiques qu’on ne sait plus où donner de la tête, créant ainsi la sensation d’une vaste fête, d’un banquet où les profiteroles, le homard, la poule-au-pot, le Paris Brest, les flammekueches et les rillettes se redresseraient d’un bond et crieraient en chœur : « Mange-nous ! Mange-nous ! »
Hong Sang-soo appartient typiquement à cette catégorie de cinéastes prolifiques (lui serait plutôt du côté festin liquide : c'est le soju qui invite, « Bois-moi ! Bois-moi ! »). Et c’est sans doute cela qui fait sa force : la fureur de vivre, de créer, d’être inépuisable, à contre-courant des logiques du marché et de production des films, des limites du temps aussi. Car ça en fait, du temps consacré à Hong Sang-soo, pour voir tous ses films… Rien qu’en 2017, il en aura réalisé trois, histoire que personne ne reste sur sa faim, ni sur sa soif. C’est donc après Le Jour d’après en entrée et Seule sur la plage la nuit en plat de résistance que nous passons au dessert avec La Caméra de Claire.
Tourné en catimini au cours d'un festival de Cannes et de façon totalement improvisée, le film croise le chemin de Claire (Isabelle Huppert), professeure et photographe à ses heures perdues. Loin du tumulte festivalier, elle photographie les gens qui la touchent, aussi bien ceux qui errent sur la plage que ceux qui attendent l’addition dans les bistrots. Et c’est en montrant ses photos à un drôle de couple coréen rencontré sur son trajet aléatoire, un réalisateur et sa productrice, qu’un revirement de situation inattendu se produit : sur l’un des clichés apparaît Man-hee (Kim Min-hee), belle, mystérieuse, magnétique. Elle a été licenciée un peu plus tôt par ladite productrice, au motif de « malhonnêteté ». La scène était d’ailleurs burlesque à voir : ça tournait autour du pot sans jamais que le morceau soit craché, déconcertant Man-hee qui avait beau jeu de tirer les vers du nez de sa chef pour n’obtenir en retour que des justifications confuses et hallucinées. On comprendra plus tard que le véritable motif était la jalousie, la productrice étant persuadée que son assistante fricotait avec son réalisateur fétiche…
Dans le cinéma de Hong Sang-soo, tout n’est qu’une longue suite de quiproquos, plongeant les personnages dans un flou et un malaise qui finit par les rendre un peu idiots, tant ils n’y comprennent rien eux-mêmes et règlent leurs comptes bizarrement. Claire, au milieu de tout ça, joue le rôle d’une guérisseuse. Douce, sereine, elle est l’accalmie après la tempête. Elle le dit elle-même, à sa manière : lorsqu’elle photographie quelqu’un, il n’est plus tout à fait le même ; le fait d’être photographié modifie imperceptiblement le comportement. Par son regard, les issues se révèlent, l’apaisement s’instaure, la réparation commence. Comme si l’objectif de sa caméra était en fait un baume d’Arnica digital…

Comédie exquise où tout se tisse avec légèreté, révélant une toile subtile dont les intersections se dévoilent dans un jeu inédit de décalages et d’énigmes, La Caméra de Claire réussit l’exploit de présenter Cannes comme on n’a pas l’habitude de le connaître : des professionnels du cinéma bien loin du tapis rouge, qui déambulent dans des rues étriquées aux aspects de passages magiques perdus dans l’espace-temps et dont on ne soupçonnait pas même l'existence. Le tout avec beaucoup d’humour, le personnage d’Isabelle Huppert allant jusqu’à dire : « C’est ma première fois à Cannes ! »