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Verger Urbain V, écrin ou carcan ?
 Vous êtes nombreux à nous questionner sur la soudaine fermeture du passage du Verger Urbain V le soir. C’est le chemin qui vous mène directement  du centre-ville vers le cinéma. Vous êtes nombreux à ne pas comprendre les objectifs de cette décision (nous, pas vraiment non plus), à trouver...

Enseignantes, enseignants
Reprise des séances scolaires en septembre :Nous redémarrons les dispositifs École au cinéma (prévisionnement le samedi 29 septembre pour le 1er trimestre), Collège au cinéma (inscriptions possibles jusqu’au 22 septembre) et Lycéen au cinéma.  Pour les séances hors dispos...

L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

APRÈS LA GUERRE

Annarita ZAMBRANO - Italie / France 2017 1h32mn VOSTF - avec Giuseppe Battiston, Charlotte Cétaire, Barbara Bobulova, Fabrizio Ferracane, Maryline Canto... Scénario d'Annarita Zambrano et Delphine Agut.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APRÈS LA GUERREAprès la guerre fait écho aux années de plomb italiennes et à la blessure entre la France et l’Italie qui en a résulté, souvent méconnue, qui s’organisait autour de ce qu’on appelle la « Doctrine Mitterrand ». En 1985, François Mitterrand avait en effet promis de ne pas extrader les terroristes italiens réfugiés en France (idem pour les Basques et les Irlandais) à condition qu’ils acceptent de changer de vie et d’abandonner la lutte armée. Ce choix politique avait été perçu par l’Italie comme une trahison, laquelle voyait la France bien plus comme un vivier d’ex-terroristes que comme un pays aux racines et valeurs communes… C’est ainsi que la France protégea officiellement des centaines de personnes poursuivies. Et cela jusqu’en 2002, époque où une recrudescence inattendue d’attentats perpétrés en Italie par le Parti Communiste Combattant (le BR-PCC), groupe revendiquant une parité avec les Brigades Rouges, rouvre la polémique. Le gouvernement italien saute immédiatement sur l’occasion et relance sa chasse aux terroristes. Résultat : un ancien militant de gauche, condamné en Italie et devenu entre-temps professeur de Sciences Politiques à Paris VIII, est extradé vers l’Italie en 2002, date à laquelle commence le film… Au moment même où le refus de la loi travail explose dans les universités.



On l’aura compris : la période est trouble, soumise à des soubresauts de violence qui finissent par déboucher sur l’assassinat d’un juge. Marco, ex-militant d'extrême gauche, condamné pour meurtre et réfugié en France depuis 20 ans grâce à la Doctrine Mitterrand, est soupçonné d’avoir commandité l'attentat. Forcément, avec un tel casier judiciaire, le gouvernement italien ne perd pas une minute pour demander son extradition… Et puis, quand une journaliste française l’interviewe sur son passé activiste, il ne manifeste ni regrets pour les crimes passés, ni indignation pour l’attentat qui vient d’avoir lieu… Autant dire qu’il n’a rien d’un repenti et tout d’un homme à abattre, qui doit payer pour ses erreurs passées. Sauf que Marco a depuis refait sa vie, une vie qui ne le concerne plus uniquement : il a une fille de 16 ans, Viola, qui se retrouve malgré elle à affronter l’épée de Damoclès que son père a sur la tête. Ce père écrasant, qui prend toute la place, l'étouffe et l’empêche d’être libre. Voilà qu’avec lui, elle doit prendre la fuite et vivre en ermite, retranchée dans une immense forêt, loin du monde, loin des autres. Mais Marco, qui pensait ainsi fuir la justice, ne se doute pas encore qu’il aura en face de lui la plus redoutable des juges : sa propre fille. Car tout se jouera autour de la manière dont elle cherchera à s’émanciper d’une histoire qu’elle n’a pas choisie… Même si cela doit mener à la chute de sa famille. Non c'è che dire : L’Enfer de Dante n’est pas une œuvre italienne pour rien… Terre de beauté, terre de tragédie…

Fresque familiale qui explore la complexité morale d’une histoire privée ancrée dans une histoire nationale et politique, Après la guerre a le mérite d’interroger aussi bien le rôle de la justice que d’apporter un éclairage sur une période confuse, à la source de beaucoup de rage et de souffrance, encore perceptibles aujourd’hui. De tous les questionnements que le film soulève, nous retiendrons cette interrogation de la réalisatrice : « Quelqu’un s’est-il jamais demandé ce que toute cette violence a provoqué en nous ? »