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Le blog des profondeurs...
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Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

La séance du lundi 19 novembre à 18h00 sera suivie d’une discussion avec des membres des Amis du Monde diplomatique et de Présences palestiniennes

SAMOUNI ROAD

Stefano SAVONA - documentaire France / Italie 2018 2h08 VOSTF - Scénario de Stefano Savona, Léa Mysius et Penelope Bortoluzzi. Oeil d’Or du Meilleur film documentaire, Festival de Cannes 2018. Animation de Simone MASSI.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SAMOUNI ROAD« Plomb durci », un nom qui fait référence à un poème que l’on récite à l’occasion de Hannoukah, la fête juive des Lumières. Mais pour les habitants de la bande de Gaza, ce nom évoque les quelques semaines de l’hiver 2008-2009 où leur vie a basculé dans la tragédie, les bombardements israéliens qui ont apporté mort et désolation. Les Israéliens eux-mêmes ne le contestent pas, la distorsion du nombre de victimes est édifiante : un peu plus d’une dizaine de victimes côté israélien, plus de 1300 côté palestinien, dont un tiers d’enfants.

En 2009, le sicilien Stefano Savona, archéologue de formation mais cinéaste depuis une dizaine d’années à l’époque (il avait travaillé auparavant au Kurdistan), parvient malgré les multiples obstacles à s’introduire au Nord de la bande de Gaza au lendemain des bombardements. Face au traitement aseptisé des médias occidentaux, face aussi à la débauche d’images terrifiantes mais non structurées que chacun peut trouver sur le net, il décide de tenir un blog cinématographique pour raconter le vécu des habitants de Gaza. C’est alors qu’il rencontre la famille Samouni : vivant loin de Gaza City, ces paysans paisibles se croyaient épargnés par le fracas des combats et les conséquences souvent terribles du conflit qui dure depuis plus de 60 ans. Et pourtant, quand Stefano Savona arrive, 29 des membres de cette famille ont été tués, femmes et enfants essentiellement, leurs terres dévastées, leurs maisons détruites ou vandalisées par l’occupant israélien qui s’est installé dans les lieux avant de tout saccager à son départ. Ce blog cinématographique, du nom même de l’opération Plomb durci, sera primé au festival de Locarno. Mais Stefano Savona était resté dans l’idée qu’il fallait redonner une existence à la famille Samouni au-delà de l’image de victimes endeuillées et ruinées que produisaient l’immédiateté et la violence des événements. Rendre compte de la mémoire des disparus, de ce qu’ils étaient, de ce qu’ils avaient bâti, mais aussi voir comment les Samouni au fil des années reconstruisaient leur vie, leurs champs, leurs maisons, évoluaient dans le nouveau contexte après cette effrayante déflagration.
Un an après les bombardements, le réalisateur trouva l’occasion de revenir – encore une fois en toute illégalité – pour assister au mariage d’un jeune couple qui avait perdu tous ses parents. Il se demanda alors comment rendre vie par l’image aux disparus, comment restituer ces fameuses images manquantes, chères au cinéaste cambodgien Rithy Panh. Et ce fut la rencontre avec l’artiste Simone Massi, auteur de courts métrages d’animation sur les gens de son village, avec une technique magnifique d’aplats noirs grattés. La solution était trouvée : raconter la vie d’avant de ses chers disparus puis le jour fatal à travers des séquences d’animation.

L’intense beauté, la formidable intelligence de Samouni Road tiennent à la fois à la reconstruction fascinante par le cinéma de tout le passé, du présent voire même du futur d’une famille dévastée – c’est le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre – et à l’équilibre entre la force des témoignages des membres survivants et la beauté de la reconstitution en animation, qui n’évoque pas uniquement la nuit de l’attaque mais aussi les moments apaisés qu’ont connus les disparus. Côté témoignages, vous n’oublierez pas celui, magnifique, de cette fillette à la lucidité stupéfiante qui, sans haine, constate avec désarroi les graffitis haineux et racistes laissés par les soldats israéliens sur les murs de son salon et qui s’exclame « mais qu’est ce qu’ils ont dans la tête, ceux là ? ».
Au moment où, inlassablement, malgré les civils abattus presque quotidiennement, les Gazaouis se pressent à la frontière pour manifester et réclamer leur droit au retour, ce film magnifique tombe à point nommé.