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NOËL POUR LES ÉCOLES
Le mois de décembre approche à grand pas. Les cinémas Utopia vous proposent des films pour les petits et les plus grands pour des séances en matinée. Pensez à réserver auprès du cinéma en nous contactant au 0490826536.Vous trouverez ci-dessous une sélection de films.Si toutefois vous aviez d...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous :Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou car...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
Et si ce n’était pas le sujet ? Il est donné de-ci de-là, dans la presse, communiqué de la Ville, aux comptoirs des bistrots…, des « informations », pour le moins fantaisistes, surprenantes, voire peut-être avec une petite pointe de taquinerie, mais aussi, allez !, un zeste de ma...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

SOPHIA ANTIPOLIS

Virgil VERNIER - France 2018 1h38 - avec Dewi Kunetz, Hugues Njiba-Mukuna, Sandra Poitoux, Bruck, Lilith Grasmug... Scénario de Virgil Vernier et Mariette Désert.

Du 05/12/18 au 11/12/18

SOPHIA ANTIPOLISDrôle de zone que cette Sophia Antipolis. Pas vraiment une ville, puisqu’étendue sur plusieurs communes, des bords de Méditerranée aux hauteurs boisées d’Antibes, Sophia Antipolis a été créée à la fin des années 1960. Fleuron de ce qu’on appelle alors les technopoles, Sophia Antipolis est conçue comme un parc de 2400 ha dédié aux nouvelles technologies, un pôle de compétitivité installé au milieu de la nature (sic), regroupant des entreprises de pointe, des chercheurs, des universitaires. Et bien sûr, afin de parachever ce concept de ville « moderne », on décidait d’y mettre des habitants, des commerces, des écoles… Etrange idée que de fonder le vivre-ensemble sur la performance économique et technique. Justement, c’est le versant humain de cet espace hybride que nous propose d’explorer le film de Virgil Vernier (son second long métrage après le très beau Mercuriales). En y situant les chroniques fragmentaires de quelques récits de vie, Virgil Vernier filme autant ses personnages que la façon dont les lieux imprègnent leur état d'esprit, leurs comportements. Ce dédale de bureaux impersonnels et d’habitats ultra-barricadés ressemble à un no man’s land où errent des êtres en quête de liens et de sens. Saisie ainsi à la loupe, Sophia Antipolis apparaît comme un concentré sidérant des maux que peut produire notre époque.

De personnages en personnages, le film dévoile lentement sa structure faussement agencée en suite de portraits décousus. Tout commence dans une clinique où de très jeunes femmes se montrent persuadées de vouloir des prothèses mammaires, sans que le chirurgien comprenne bien leurs motivations. Puis on passe au quotidien d’une femme d’origine vietnamienne, veuve d’un mari qui l’a mise à l’abri du besoin. Pour tromper l’ennui, elle accepte de se rendre à une réunion ésotérique, tendance secte, pour s’initier à la spiritualité et l’au-delà. C’est là qu’elle se lie brièvement à une mère de famille dont la fille est portée disparue et qu’elle sait encore en vie quelque part. Enfin, c’est au tour de deux agents de sécurité qui sillonnent les infrastructures du parc la nuit. Le plus ancien propose à l’autre de rejoindre son groupe d’entrainement au combat en vue de mener des actions de protection, façon milice, pour faire le boulot que la police ne fait plus.
Tout se passe avec un certain calme, et c’est probablement ce qui est le plus inquiétant. La ville est si étrange que rien ne paraît anormal. Chaque personnage semble tour à tour seul, désemparé, envahi par la peur ou désespérément en quête d’idéal. Et puis, peu à peu, on prend conscience qu’un fait divers réapparaît fréquemment au cours du film. L’histoire d’une jeune femme non-identifiée disparue ou morte qui hante l’esprit de plusieurs des personnages. Et l’on se prend à associer autrement les histoires entendues au cours de ce récit qu’on pensait jusqu’alors morcelé…

Lentement, le film installe ses partis-pris avec pertinence. Grâce à l’attention portée aux cadrages et aux lieux, à l’innocence du jeu des comédiens et sans livrer ce qui relève de l’inventé ou du vécu, Virgil Vernier propose un film singulier en forme de songe sur notre époque. Sombre, certes. Pourtant chaque personnage apparaît toujours avec une fragilité touchante. Même empêtrés dans leur mal-être, tous débordent d’histoires à raconter et d’espoirs à réaliser. En confiant au spectateur le soin d’élaborer les liens invisibles qui unissent ces personnages, Virgil Vernier fait la preuve par l’exemple : seules les magies de l’imaginaire peuvent combler les vides creusés par le cynisme froid des logiques économiques.