LA GAZETTE
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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

La séance du jeudi 21 novembre à 20h30 sera suivie d’une discussion avec Les Amis du Monde diplomatique.

SORRY WE MISSED YOU

Ken LOACH - GB 2019 1h40 VOSTF - avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor, Ross Brewster
... Scénario de Paul Laverty.

Du 23/10/19 au 10/12/19

SORRY WE MISSED YOUSi Bourdieu considérait la sociologie comme un sport de combat, il est indéniable que Ken Loch utilise le cinéma comme une arme de poing. Levé, le poing, c'est bien le moins qu'il puisse faire pour, dit-il « défier le récit des puissants », documenter à hauteur d'hommes et de femmes l'histoire des violences faites à la classe ouvrière depuis la fin du xxe siècle. Ken Loach, c'est quarante-cinq ans passés derrière la caméra, à raconter les effets dévastateurs du libéralisme sur la société. Il nous avait à nouveau annoncé sa retraite après Moi, Daniel Blake, mais c'est bien la violence de l'étau social, la nécessité de la raconter, qui le ramène encore une fois au cinéma, dans un récit ici encore plus sec, épuré et doté d'une force de frappe étourdissante. À 83 ans, il signe l'un de ses meilleurs films !
À l'inverse de Moi, Daniel Blake, qui s'ouvrait sur un rendez-vous au pôle emploi anglais, Sorry we missed you s'engage sur un entretien d'embauche. Espoir, pense-t-on ?



Ricky, bourreau de travail, était ouvrier dans le bâtiment. C'était avant l'effon- drement des banques et des organismes de crédit, avant qu'il ne perde son bou- lot. Avant, c'est aussi le moment où il est tombé amoureux d'Abby, lors d'un grand festival rock. Depuis ils ont fondé une famille, ils sont devenus les bons parents de Seb, 16 ans, qui sèche l'école dès qu'il peut pour exprimer son talent artistique sur les murs de la ville, et de Liza Jane, gamine brillante, pétillante et pleine d'humour, rouquine comme son père. Espoir donc : de cesser d'enchaî- ner les petits boulots, les contrats zéro heure et d'enfin s'en sortir, espoir de cesser de tirer le diable par la queue et de pouvoir enfin régler les dettes et accéder peut-être à la propriété tant souhaitée par Abby. Elle qui rêve d'une jolie petite maison qu'elle pourrait décorer elle-même et qui donnerait à la famille le cadre d'une vie décente. Une vie normale quoi !
Et le sésame pour Ricky, c'est cette nouvelle forme de travail qu'est l'auto-entrepreneuriat, ce travail où chacun est son propre patron, on ose le gros mot : l'ubérisation. Ricky sera chauffeur-livreur, payé à la course. L'entretien d'em- bauche, c'est Maloney, le patron du hangar, qui le mène. C'est lui qui donne les missions. Ici, plus on travaille, plus on gagne. Pas de contrat, chacun est son propre responsable et possède son outil de travail. Puisqu'il s’agit de livraisons, il faudra acheter un camion – ainsi que le pistolet-liseur qui permet de scanner les colis... Ricky y croit, fonce tête baissée, apprend à s'exploiter lui-même...
De son côté Abby est aide à domicile. Elle travaille quatre soirs par semaine. Dépossédée de sa voiture pour financer l'outil de travail de Ricky, elle passe des heures dans les transports en commun pour aller de rendez-vous en rendez-vous. Payée à la tâche elle aussi, elle court, saute d'un bus à l'autre, fait tout pour prendre soin, coûte que coûte, des personnes qui dépendent d'elle, comme si elles étaient toutes sa grand-mère dit-elle.
Sorry we missed you, c'est l'histoire d'une famille qui doit survivre à la loi du plus fort de l'économie de marché, et qui tente vaille que vaille de maintenir un semblant d'unité. C'est l'histoire d'une famille qui pourrait partir en vrille si elle cessait de porter sur l'autre un regard bienveillant. Un père sur son fils qui se cherche, une mère sur ses enfants qu'elle voit trop peu. Une gamine qui fait de son mieux pour faire le lien entre tous. « Sorry we missed you », c'est aussi le petit mot que Ricky dépose dans la boîte aux lettres lorsque le client de la com- mande n'est pas chez lui pour réceptionner son colis : « Désolé, vous n'étiez pas là quand nous sommes