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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

TERMINAL SUD

Écrit et réalisé par Rabah AMEUR-ZAÏMECHE - France 2019 1h37 - avec Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul, Slimane Dazi, Salim Ameur-Zaïmeche... FIFIB 2019 : GRAND PRIX DE LA COMPÉTITION FRANÇAISE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TERMINAL  SUDTerminal Sud captive, dès les premières images. Justesse de ton, tendresse pudique, tension de chaque instant, humour qui fait mouche – on oubliera pas le duo Ramzy Bedia et Slimane Dazi en train de se bidonner sur un constat : « Ici, il y a toujours un bémol »… Mais où est cet « ici » ? Un pays sans nom qui marche sur la tête. Pour son sixième film, Rabah Ameur-Zaïmeche (dont on suit la filmographie depuis le début, avec passion : Wesh, Wesh, Bled Number One, Dernier maquis, Les Chants de Mandrin, Histoire de Judas) fait encore une fois un pas de côté et nous incite à faire de même. Il brouille subtilement les pistes, non pour nous déstabiliser, mais pour nous inciter à regarder au-delà de l’espace et du temps, derrière les apparences. Qu’importe l’histoire officielle, qu’importe le lieu. Est-on ici et maintenant ? Est-on avant et ailleurs ? À chaque fois qu’on croira saisir « la » vérité, elle nous échappera, comme pour nous signifier qu’elle n’est qu’une vérité parmi d’autres. Cette atemporalité volontaire, très calculée, ce voyage en terra incognita, pourtant si familière, nous mènent droit à l’essentiel. Impossible de se raccrocher à de rassurantes certitudes, il faut, comme le personnage joué par Ramzy (formidable), être en permanence aux aguets, ouvrir l’œil, ne laisser échapper aucun des détails qui nous permettent d’avancer dans le récit. La seule évidence, c’est que nous sommes au cœur de la Méditerranée, le berceau de peuples unis par les mêmes racines, par la même histoire… et que l’Histoire et la folie des hommes a désunis.



Terminal Sud nous tend un miroir où se déforment les raccourcis simplistes. Nous voilà apatrides, ou plutôt citoyens universels. Ce film profondément libertaire ne prend pas le spectateur au piège de la facilité, il ne joue pas une civilisation contre une autre, une classe sociale contre une autre, ni les colons contre les colonisés. Il se place du côté de ceux que les événements dépassent, et broient, de ceux qui subissent sans comprendre alors qu’ils essaient, pourtant… Mais qu’y a-t-il d’ailleurs à comprendre à la sauvagerie ? Que rien ne la justifie, aussi bonne en soit la cause. Rabah Ameur-Zaïmeche ne nous en fait pas une savante démonstration, il nous donne à ressentir les affres de l’humaine condition, son impuissance face à ce qui rend certains hommes plus loups entre eux que les loups eux-mêmes.
Le protagoniste principal de l’histoire est médecin. Un docteur dont on ne saura jamais le prénom, ni le nom, comme si l’homme ne pouvait que s’effacer derrière un rôle social plus grand que lui-même. Son travail à l’hôpital le place en première ligne face à une détresse qui ne fait pas dans la dentelle et ne choisit pas son camp. Chacun ici, juste ou corrompu, bourreau ou victime, se retrouve seul face à la maladie, aux blessures, à la souffrance, seul face à ce médecin qui tente l’impossible, avec comme seules armes l’écoute, quelques remèdes, deux ou trois instruments et un peu de savoir-faire, pour repousser la camarde qui rôde. Elle non plus ne choisit pas son camp.

Terminal Sud, sans discours, par l’observation et la restitution de mille gestes quotidiens, parle de l’écroulement d’une société civile et de la fragilité de l’État de droit. On y verra tout aussi bien des références à l’Histoire plus ou moins récente qu’à notre époque actuelle, une ode à tous les opprimés de la terre, entre thriller philosophique et chronique de la guerre ordinaire. Un film prenant, d’une grande intelligence, d’une grande force et d’une grande beauté.