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Le blog des profondeurs...
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23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

LES SIFFLEURS

(LA GOMERA) Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU - Roumanie 2019 1h38 VOSTF - avec Vlad Ivanov, Catrinel Marlon, Rodica Lazar, Antonio Buil...

Du 08/01/20 au 28/01/20

LES SIFFLEURSCinéaste atypique, Corneliu Porumboiu n’a décidément pas fini de nous surprendre, ce coup-ci en se jouant des archétypes des films de genre : noir, western, romance… Tout les ingrédients sont là : vamp irrésistible, truands à la gâchette facile, flics ripoux, courses-poursuites, trafics illicites… un scénario brillamment construit et rythmé. S’il s’éloigne du ton réaliste et dénonciateur de ses précédents films (12h08 à l'est de Bucarest, Le Trésor, Policier adjectif…), le réalisateur ne se départit surtout pas de son humour, qui se fait sifflotant et moins grinçant dans le cas présent. Il s’empare, en variations à la musicalité affirmée, d’un langage ancestral, développé dans les zones montagneuses et escarpées, afin de communiquer à distance, nommé ici dans les îles Canaries le « Silbo », l’une des soixante-dix langues sifflées encore usitées de nos jours. C'est curieusement le deuxième film en quelques mois à s’inspirer d’un de ces dialectes insolites, peut-être en voie de disparition. Si le premier, le turc Sibel, avait un caractère ethnologique, le roumain Les Siffleurs se déploie en un très surprenant thriller de haute volée, servi par une distribution, des personnages dignes des grands classiques des années 50. On pourra d’ailleurs s’amuser à décrypter les clins d’œil, les références dont le scénario est émaillé, tel un excitant jeu de piste à la grammaire cinématographique parfaitement maîtrisée.

L’ouverture du film est délibérément olympienne. The Passenger, titre culte d'Iggy Pop, donne le ton et accompagne l’entrée en lice de Cristi. Ce dernier semble alors incarner le « passager » désabusé mais énamouré que décrit la chanson, accoutumé aux dessous « déchirés de la cité », presque extérieur à la vie. Pourquoi cet inspecteur de police de Bucarest vogue-t-il vers la côte rocheuse et sauvage de la paradisiaque Gomera, île des Canaries que l’on découvre depuis un ferry battu par les flots ? La première raison, on a tôt fait de la découvrir, est l’apprentissage de l’idiome local, que la mafia a décidé d’utiliser comme un langage codé, censé permettre d’échapper à la surveillance de la flicaille. Car Cristi est un flic corrompu, qui arrondit ses fins de mois en frayant avec des malfrats, ce dont ses supérieurs ont fini par se douter. La deuxième raison, qui serait presque plus noble, est qu’il est définitivement tombé sous l’emprise de la sublime Gilda (Catrinel Marlon). On succomberait à moins, elle a l’allure de son prénom désormais légendaire, beauté fatale qui inverse les rôles de domination, traînant à ses pieds une cour d’admirateurs incapables de lui refuser quoi que ce soit. On comprendra progressivement le lien sulfureux et troublant qui lie ces deux êtres, ou du moins on s’y essaiera, car toujours subsistera une part de mystère.
En attendant, voilà notre inspecteur sur le retour contraint à des cours particuliers, à la façon d’un vulgaire écolier à la traîne, s’appliquant en vain à placer ses lèvres correctement autour de son doigt recourbé dans sa bouche, ne réussissant, malgré tous ses efforts risibles, qu’à produire des pfuitt incompréhensibles, ridicules aux oreilles initiées. Il a beau faire, l’apprentissage du langage sifflé semble plus ardu que celui du javanais. Pourtant, le motivé Cristi finira par moduler quelques sons audibles… pour un jour être fin prêt à accomplir sa mission. Situation on ne peut plus cornélienne. Pour satisfaire sa belle, notre condé défroqué, transporté par un élan chevaleresque, lui a promis de faire sortir son amant Zsolt de prison. Si ce dernier est officiellement un homme d’affaire, officieusement il a tout d’un parrain très puissant. Dans cette histoire de dupes, les dés sont incontestablement pipés, l’amour damné… On ne donne pas cher de la peau ni de l’une, ni des autres et l’on se retrouve suspendu aux lèvres du destin, attendant l’inévitable moment où tout va dangereusement déraper…