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“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

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Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

RADIOACTIVE

Marjane SATRAPI - GB 2019 1h50 VOSTF - avec Rosamund Pike, Sam Riley, Aneurin Barnard, Anya Taylor-Joy... Scénario de Jack Thorne, d’après le roman graphique de Lauren Redniss, Radioactive : a tale of love and fallout.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

RADIOACTIVENulle n’est prophète en son pays, encore moins quand ce pays n’est pas complètement le sien. Tout film sur la brillantissime scientifique est l’occasion de rappeler combien la polonaise Maria Sklodowska (le nom de jeune fille de Marie Curie avant qu’elle n’épouse son Pierre et ne francise son prénom) fut ostracisée de son vivant. Elle fut longtemps tenue à l’écart d’une chaire de professeure par ses affreux collègues phallocrates jaloux, qui n’auront rien trouvé de plus puissant pour rentrer dans les livres d’Histoire, et encore… se souvient-on vraiment de leur nom ? Elle fut également souvent reléguée dans l’ombre de son époux par la suite, malgré leurs efforts conjoints pour faire valoir leur travail collaboratif. Et la vindicte populaire s’empressera même de la conspuer et de vouloir la renvoyer dans son pays à cause d’une malheureuse liaison qu’elle osa nouer suite à la mort prématurée de son cher et tendre, pour tromper un peu sa tristesse et sa solitude. Elle aura subi bien des déconvenues avant de connaître un peu réparation et être portée au pinacle.



L’histoire de Marie et Pierre, c’est non seulement celle de grandes avancées de la science pour le meilleur et pour le pire – la découverte des deux premières mamelles du nucléaire, radium et polonium – mais aussi une grande histoire romantique. Et c’est sur la rencontre, en 1870, de ce garçon amusé, un peu gauche et de cette fille méfiante qui se sent scientifique avant que de se revendiquer femme, que démarre le film.
Mais plus qu’un traditionnel biopic, Marjane Satrapi n’aura de cesse de nous faire transhumer à travers l’incroyable héritage laissé par Marie Curie à travers l’espace et le temps, jusque dans les années 1980. L’invention des premiers appareils de radiographie, des premières machines portables à rayon X qui sauveront tant de monde, puis le dévoiement des travaux du couple jusqu’à la fabrication de la première bombe nucléaire, qui en tuera tant. Incroyables séquences d’essais plus vrais que nature, où l’on donnait aux spectateurs privilégiés de simples lunettes de soleil pour se protéger… C’est toute l’inconscience et la vacuité de notre monde contemporain en train de jouer les apprentis sorciers sans en mesurer les conséquences qui nous monte à la gorge et nous glace les sangs, le lourd tribu payé par le Japon : Hiroshima, Nagasaki, Fukushima…

Évidemment la réalisatrice met en scène ces sauts spatio-temporels, de la France aux États-Unis en passant par le continent asiatique, avec le sens de l’esthétisme qu’on lui connait, créant à chaque plan un nouveau tableau irradiant et c’est pour le coup vraiment le cas de le dire. Le film trouve ainsi un rythme très enlevé, un univers visuel très vivant qui évitent les écueils de l’académisme figé.
Rosamund Pike campe une Marie entière et droite, au caractère affirmé et exalté, Sam Riley un Pierre patient, respectueux et attentif, ensemble ils pourraient incarner une sorte de couple moderne bien en avance sur leur temps, non seulement sur le plan scientifique, mais sur la place des femmes. Après tout, si Marie Curie obtint deux prix Nobel, elle mourut en 1934 sans connaître le droit de vote !