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Appel à musique !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette périoded trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’AJMI, ...

Voici donc la liste des nouveautés au « ciné-déconfiné »
Nous avons travaillé avec cœur et ardeur (vous nous connaissez) pour que la reprise se passe dans les meilleures conditions sanitaires pour le public et l’équipe, sans stress excessif ni désinvolture déplacée. • Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vo...

Collectif 23h59
Madame la Maire,Tout vient à point à qui sait attendre, car il aura fallu une année : le Collectif 23h59 (en passe de se transformer en association s’assignant pour mission de veiller à la bonne santé du quartier de la Manutention) a pu constater que la Ville a su répondre avec profit aux criti...

Le Café Citoyen
Le Café Citoyen a poursuivi ses activités pendant le confinement et a repris ses soirées, les lundis soirs, à partir de 18h30, tous les 15 jours. Nous nous retrouvons pour échanger, réfléchir ensemble, et faire du concret (envisager des actions communes). Nous débattons de tous sujets...

Que les spectacles recommencent ! Et on ouvre les portes !
Le Théâtre du Chêne Noir a hâte de vous retrouver en septembre pour une nouvelle saison foisonnante, riche en théâtre, musique, conférences et humour, avec Eric-Emmanuel Schmitt, Denis Lavant, Patrick Timsit Alain Manoukian, Pierre Notte, Swann Arlaud, Maxime d’Aboville, Luc Ferry, Naïm, Rémi Charma...

Nous discuterons à bâtons rompus avec Frédérique Hammerli, professeure de cinéma, à l’issue de la projection du jeudi 16 juillet à 20h00.

BENNI

Écrit et réalisé par Nora FINGSCHEIDT - Allemagne 2019 2h01 VOSTF - avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Hagmeister...

Du 01/07/20 au 04/08/20

BENNILa découverte de ce film fut un choc, un coup de cœur absolu. Un film phare, tendu, sur le fil, comme ne tient qu’à un fil la vie de sa petite héroïne, funambule en perpétuel mouvement pour ne pas perdre l’équilibre, pour ne pas tomber. On se souviendra longtemps de Benni, impossible même de l’oublier. Le public allemand ne s’y est pas trompé : 600000 spectateurs pour ce premier long-métrage magistral dont la réalisatrice a fini le montage sur un coin de table chez sa grand-mère. Un manque de moyens qui ne transparaît jamais à l’écran, qu’on peine à imaginer tant la texture de l’image est lumineuse, tant le récit est travaillé, son rythme ciselé, son ton criant de vérité. Tout est beau et palpitant dans Benni. On peut toujours essayer d’anticiper, de se préparer… on ne fait pas le poids face à ce scénario implacable et on sera cueilli là où l’on ne s’y attend pas. De bruit et de fureur, cette œuvre investie par la grâce marque l’avènement d’une grande cinéaste, en même temps que celui d’une actrice époustouflante, magique, d’à peine dix ans !



Il n’y a pas plus blonde, plus gracile que Benni, une véritable bouille d’ange au teint diaphane. Mais quand passent les anges, les démons sont rarement loin… Benni porte en elle le pire qui la rend exaspérante, inquiétante, comme le meilleur qui la rend plus qu’attendrissante. Pourtant, on a tôt fait d’oublier, quand elle se déchaîne, soudain sauvage, tornade insatiable balayant tout sur son passage, qu’elle n’est qu’une enfant vulnérable, une petite gosse fluette, dont la peau douce masque des meurtrissures invisibles. Mais Benni, combative, en rit déjà, à gorge déployée, de cela, elle ne se prive pas : se moquer, taquiner, chahuter, chanter à tue-tête, se trémousser sur des airs endiablés… Pitre à ses heures pour les autres ou à leurs dépends… C’est là que reviennent toujours les problèmes, comme une boucle infernale, car la fillette ne sait pas doser ses effets, c’est le moins qu’on puisse dire. Quand elle dérape, sa vie redevient comme une fuite en avant, une course à bout de souffle, éreintante pour qui essaie de la suivre. Et ils sont une flopée ! Entre Madame Banafé, l’assistante sociale généreuse comme du bon pain qui désespère de voir sa protégée sortir de l’ornière, les différents éducateurs qu’elle use et qui ne parviennent plus à endiguer ses crises, les médecins qui tentent de la calmer avec une batterie de pilules, bien difficiles à avaler. Et puis, par dessus tout, il y a cette mère aimante mais qui ne sait pas s’y prendre. Une relation essentielle, devenue plus destructrice que bénéfique à force de valses hésitations permanentes.

Mais pour Benni, c’est la rencontre avec Micha, son nouvel auxiliaire de vie scolaire, qui va apporter une grande bouffée d’oxygène. Sous les provocations habituelles de la gamine, on percevra les germes d’une belle complicité prête à naître, la naissance d’une espérance. Sans doute parce qu’elle percevra d’emblée que Micha lui aussi trimbale ses écorchures intérieures et qu’il comprend d’autant mieux les siennes… Chaque scène, chaque image témoigne de ce que le moindre détail de cette fiction a été méticuleusement travaillé, renseigné, observé. Benni y gagne un réalisme et une efficacité poignants qui font la part belle à l’humanité, ne jugeant jamais, condamnant encore moins. Ici chacun fait comme il peut, compose avec ce qu’il est, ses émotions, ses manques, ses angoisses. Oscillant entre révolte, larmes, éclats de rire et tendresse, ce film sans concessions, cette ode à l’amour inaccessible est plus que salutaire. Il donne à penser, il interroge, donne envie de briser la glace, à notre tour.