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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

AU CRÉPUSCULE

(Sutemose) Sharunas BARTAS - Lituanie 2020 2h08 VOSTF - avec Marius Povilas Elijas Martinenko, Arvydas Dapsys, Alina Zaliukaite-Ramanauskiene, Valdas Virgailis... Scénario de Sharunas Bartas et Ausra Giedraityté.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AU CRÉPUSCULEDu fracas des canons au silence des sous-bois, des fumées des batailles aux brumes des forêts baltes, de petits matins pâles en ardents crépuscules, en un ballet secret des hommes se cachent, se battent, se tuent. C’est l’histoire violente d’un affrontement entre deux camps que tout oppose, les Frères de la Forêt lituaniens contre les forces d’occupation soviétiques, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. C’est l’histoire tragique d’un père et d’un fils pris dans les tenailles de l’Histoire, car dans ce genre d’affaire il n’y a pas d’entre deux. Il faut choisir son camp, au risque de trahir et d’en subir les foudres.


Jurgis, le père, est un modeste propriétaire terrien ; aidé de son fils Unté et par Ignas, ouvrier agricole, il exploite ses maigres ressources pour assurer sa subsistance, mais il est loin d’être un koulak, un de ces paysans grassement enrichis que Staline entreprit de liquider en 1930-1931. C’est pourtant ainsi que le perçoivent les nouvelles autorités communistes, qui s’apprêtent à confisquer ses terres au profit des plus humbles, ces terres qu’Ignas convoite avidement. Unté, pendant ce temps, fait la navette entre la ferme et un groupe de partisans cachés dans la forêt profonde. Entre les intérêts des uns et des autres, les mensonges, les intrigues, les trahisons qu’imposent les circonstances objectives ou les veuleries personnelles, la conflagration entre Grande Histoire et destins minuscules va entraîner la perte d’hommes et de femmes qui en d’autres circonstances auraient pu vivre en paix.
Apôtre d’une approche janséniste de la mise en scène, Sharunas Bartas filme à hauteur d’homme en refusant tout effet de manche, tout surlignage de la moindre note d’intention, et va à l’os. C’est armé de son seul talent qu’il s’élance dans la bataille, composant avec la plus grande sobriété les trois actes de sa tragédie. À la fois témoignage historique d’une guerre oubliée, réflexion sur le poison du mensonge et le prix du courage, Au crépuscule est un film d’une poignante beauté tant dans l’expression des sentiments que les personnages éprouvent que dans la manière dont il montre leur quotidien. Sans dialogues superflus, c’est par la seule force d’un regard, d’un geste ébauché, de la lueur d’une bougie sur un visage mutique nimbé de ténèbres – image qu’on croirait toute droit sortie d’un tableau de Georges de La Tour – que surgit la fragile beauté de ces âmes brisées.
Au crépuscule d’une guerre perdue, d’une vie mal vécue ou d’une mort attendue, Bartas recueille les débris de ces existences et les dépose sur l’autel des oubliés. A nous d’accepter de les contempler dans toute leur cruelle nudité.