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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

LEILA ET SES FRÈRES

Écrit et réalisé par Saeed ROUSTAEE - Iran 2022 2h49 VOSTF - avec Taraneh Alidoosti, Navid, Mohammadzadeh, Payman Maadi, Farhad Aslani...

Du 24/08/22 au 04/10/22

LEILA ET SES FRÈRESVoici Leila, la grande oubliée du palmarès cannois, comme le sont les femmes dans certaines sociétés patriarcales. Cette fable grinçante sur la vanité des hommes aurait mérité de figurer non loin de la Palme d’Or ! Le réalisateur de l’époustouflant thriller La loi de Téhéran met ici toute la force de frappe de sa mise en scène dans une fresque familiale tout autant que sociale où les destinées individuelles se trouvent inextricablement liées aux destinées collectives. Le portrait sans concession de toute une société, de toute une époque se reflète dans le regard de Leila.

Une usine qui ferme, le patron corrompu qui part en cavale avec la caisse, des ouvriers qui hésitent entre espoir, peur et colère. Un débrayage forcé, la violence qui monte, tension intenable, captivante. Alireza, l’un des frères de Leila, hésite au milieu de tout ça, sans savoir quel camp choisir : la résignation ou la révolte… Désormais il ne pourra plus payer son loyer, il doit renoncer à l’espoir d’une vie digne…



En parallèle, son père Ismaël, à son grand dam, recueille un à un ses grands enfants, échoués d’un système qui se durcit, renforce les inégalités sociales. Le retraité tantôt geint ou pétarade dans son minuscule appartement qui fait office d’arche de Noé sans en avoir la capacité d’accueil. Pourquoi avoir fait tant de gosses ? La mère, elle, se tait. Qui lui demande son avis ? Qui le lui a jamais demandé ?

On n’imagine plus guère le goût âcre de la promiscuité, de cette solidarité de tribu subie quand on n’a d’autre choix pour survivre, quand le travail ne paie plus. Progressivement le ton se fait plus rude, moins bienveillant. On oublie le respect dû aux aînés, l’amour qu’on s’est porté, qu’on se porte sans doute encore un peu quand on oublie de se maudire. Il ne reste à chacun que l’illusion de faux espoirs. Pour l’un c’est un salaire, pour l’autre la réussite dans des combines pas très musulmanes, pour le troisième la fuite vers un eldorado étranger… pour le patriarche c’est d’obtenir enfin la reconnaissance de ses pairs, de sa communauté. Chacun s’accroche à ce qu’il peut, prêt à ramer en solitaire sans se demander s’il ne le fait pas dans le sens opposé de ceux auxquels son sort est lié, risquant ainsi d’encalminer la galère familiale.
Seule Leila, la seule fille de la famille, tente de prendre de la hauteur. Puisqu’elle est celle qui s’en sort le mieux, puisque chaque jour, dans le temple de la consommation où elle bosse, elle voit des bourgeois dilapider des fortunes en gadgets futiles et inutiles, pourquoi ses quatre frères et elle ne s’allieraient-ils pas pour ouvrir une jolie boutique et, qui sait, ambitionner de vivre de façon plus décente ? Dans le fond, Leila c’est la voix de la raison qui n’a d’autre tort que celui d’être née femme. Mais malgré tout, à force d’arguments, de pugnacité, voilà que progressivement sa proposition l’emporte, même auprès de son frère le plus radin. C’est compter sans l’égoïsme d’Ismaël, tout aussi bourreau que victime des autres, sans la pression séculaire des conventions qui l’emportent sur la raison.

Tout va basculer dans un dilemme tragicomique quand le titre honorifique auquel le vieil homme aspirait va lui sembler à portée de main : « Parrain ». Et l’on trouvera étrange qu’être couché sur un testament pour endosser cette charge puisse coûter tant d’argent. Dieu nous préserve d’un tel héritage ! Mais en Iran, il en est ainsi, aussi vrai que les femmes se voilent. Il ne reste plus qu’à espérer que le bon sens triomphe et guide Ismaël dans le choix cornélien qui s’offre à lui : assurer l’avenir de sa famille ou jouir d’une gloire illusoire…