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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du 17 décembre !
Vendredi 16 décembre en fin d’après-midi, le marché de Noël solidaire de Rosmerta ! Samedi 17 décembre en début d’après-midi, notre AG suivie d’une grosse fête !Et dimanche 18 décembre, on participe à la Journée Internationale des Migrants.... Lire Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

LEO (Liaison Est Ouest) : la lutte paie
Au cœur de l’été, l’état a fait paraître un arrêté retirant le projet de la LEO dans les conditions proposées, suite au recours contentieux déposé par ses opposants l’été précédent. Il reconnaît sans le dire les errements et aberrations d’un projet obsolète, vieux de 30 ans mais néanmoins bâclé, et ...

LES REPENTIS

(Maixabel) Iciar BOLLAIN - Espagne 2021 1h55 VOSTF - avec Blanca Portillo, Luis Tosar, Maria Cerezuela, Urko Olazabal... Scénario d’Isa Campo et Iciar Bollain.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES REPENTISLe monde n’en finit pas d’être à feu et à sang, ici on termine à peine les procès des attentats, la guerre en Ukraine ravage durablement les corps et les cœurs… Chaque jour nous parviennent les images de peuples qui se déchirent…
Dans ce contexte, le film magnifique d’Icíar Bollaín prend une résonance particulière. Après les procès, les condamnations, l’incarcération… Que se passe-t-il ? Une résilience est-elle possible ? Un dialogue peut-il s’établir entre l’auteur d’un crime et ceux qui en ont souffert ?… Comment mettre un terme à l’infernal engrenage de la haine et du désir de vengeance ? Y a-t-il la moindre ouverture vers le repentir pour le bourreau, et la victime peut-elle sortir de son statut de victime pour devenir acteur lucide de sa propre tragédie ?… L’humain est-il capable d’évolution ? Comment faire pour que le venin de la haine ne continue indéfiniment à ronger les esprits et les cœurs ?
On se souvient des attentats de l’ETA… De 2011 à 2012, le gouvernement espagnol a rendu possible des rencontres entre les détenus et leurs victimes… Sur les 600 membres de l’ETA emprisonnés, une vingtaine seulement ont accepté l’accord. Peu de victimes ont accepté de leur côté.
De telles tentatives ont eu lieu en Afrique du Sud, au Rwanda, en Colombie, etc.
La veuve de Juan Mari Jaurégui, Maixabel Lasa, fait partie de celles qui ont accepté de rencontrer les auteurs d’attentats et elle accepte que ce soit, en l’occurrence, celui-là même qui a tué son époux.
Superbe, Blanca Portillo porte le personnage de cette femme qui n’accepte pas que la douleur mutile son humanité, fidèle à sa foi dans l’être humain et à la possibilité d’évolution de la société pour laquelle elle a toujours milité, refusant que ses idéaux soient brisés par le geste d’un seul : comprendre l’autre, l’écouter, surmonter son ressentiment pour concéder à celui qui est la cause de sa souffrance qu’il reste un être humain malgré tout. Une fois que les armes et les passions se sont tues, il arrive qu’on relativise et réalise les piètres raisons qui les ont motivées : les guerres apparaissent dans toute leur absurde horreur… Ne restent alors que de pauvres humains cassés qui, parfois, prennent conscience des limites de ce qui les a fait agir.
Condamné à 390 ans de prison, Ibon, grand gaillard au visage sombre, après de nombreux échanges avec Maixabel, vient, avec une émotion visible mais contenue, déposer une gerbe de fleurs sur la tombe de sa victime… Est-il toujours le même que celui qui a tué pour une cause à laquelle il croyait au moment de son acte ? « Ces gens vont un jour sortir de prison, ils vont revenir dans la société, il vaut mieux qu’ils aient changé et réintègrent la société en ayant pris conscience de ce que leurs actes ont provoqué de souffrance et d’horreur »… disait Maixabel Lasa.

Le film a eu un énorme succès en Espagne. Certains ne croient pas en ce processus de confrontation, à la possibilité d’évolution, ni à la sincérité des repentirs… D’autres croient qu’il n’y a pas d’évolution possible sans que les uns et les autres s’interrogent, essaient de comprendre, écoutent… Le film plaide pour ceux-là, car il faut une bonne dose de lucidité et de courage pour avancer à contre-courant du flot de haine qui nous tombe dessus chaque jour.