LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du 17 décembre !
Vendredi 16 décembre en fin d’après-midi, le marché de Noël solidaire de Rosmerta ! Samedi 17 décembre en début d’après-midi, notre AG suivie d’une grosse fête !Et dimanche 18 décembre, on participe à la Journée Internationale des Migrants.... Lire Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

LEO (Liaison Est Ouest) : la lutte paie
Au cœur de l’été, l’état a fait paraître un arrêté retirant le projet de la LEO dans les conditions proposées, suite au recours contentieux déposé par ses opposants l’été précédent. Il reconnaît sans le dire les errements et aberrations d’un projet obsolète, vieux de 30 ans mais néanmoins bâclé, et ...

ARIAFERMA

Leonardo Di COSTANZO - Italie 2021 1h57 VOSTF - avec Toni Servillo, Silvio Orlando, Fabrizio Ferracate, Salvatore Striano... Scénario de Leonardo Di Costanzo, Bruno Oliviero et Valia Santella.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ARIAFERMALoin de tout, l’immense et sombre prison de Mortana, accrochée aux rocailleuses montagnes sardes, vit ses derniers jours, en voie de désaffectation. La plupart des prisonniers ont déjà été évacués, les quartiers ferment les uns après les autres, quand arrive une nouvelle qui va perturber le bon ordonnancement des choses : l’évacuation est suspendue car l’administration peine à trouver de la place pour recaser tout ce petit monde, les prisons italiennes sont déjà saturées. Une douzaine de prisonniers et quelques gardiens vont être contraints de rester là pour une durée indéterminée, cantonnés dans des cellules organisées autour d’un vaste espace circulaire.
Le plus expérimenté des gardiens, Gargiulo (Toni Servillo), se voit provisoirement attribuer le rôle de responsable tandis que la directrice est expédiée ailleurs pour gérer deux autres prisons… Le temps se fige, les repères sont bouleversés. Consignés dans des bâtiments en déshérence, privés de visite, abandonnés par la société, détenus et gardiens partagent le même enfermement – les uns à cause de leur boulot, les autres de leurs délits. La bouffe qui leur est livrée en barquettes n’est pas mangeable ; contre le règlement et les consignes, Gargiulo va faire ré-ouvrir les cuisines pour qu’un prisonnier, Lagioia, se mette aux fourneaux… Curieusement, l’incertitude bouscule les lignes, pousse à l’initiative : sans la présence de leur hiérarchie habituelle, les gardiens eux-mêmes en arrivent à improviser et, en desserrant l’étau de l’univers carcéral, tous glissent vers plus d’humanité. Une solidarité nouvelle pointe son nez.



Une forme de communauté improbable se crée ici insensiblement, jusqu’au point culminant d’un repas partagé tous ensemble par obligation, pour cause de coupure électrique provoquée par un fort orage : privés de lumière, de caméras de surveillance, incapables de manœuvrer les portes qui ouvrent vers l’extérieur… tous rassemblent les tables au cœur du patio, se serrent autour des rares lampes qui restent…
Cette prison-là n’existe pas, mais ressemble à beaucoup d’autres et on ne peut que s’interroger sur la capacité de réinsertion de lieux où la contrainte excessive engendre la violence et le désespoir… Que se passerait-il si, en ne misant pas sur toujours plus de répression, sur la contrainte sèche, on assouplissait les conditions carcérales, comme c’est le cas en Europe du Nord, dans des sociétés ayant mis au point d’autres types de réparations… Dans Ariaferma, une communauté commence à émerger quand l’institution, peu à peu, assouplit ses règles et, par le respect et l’écoute, amène le prisonnier à être acteur de sa propre évolution.
En mettant ses personnages dans un univers clos et restreint, pris dans des circonstances particulières qui obligent à la proximité et à l’échange, Leonardo di Costanzo souligne ce qui les différencie, mais aussi ce qui les unit : issus du même village, le fils du laitier est devenu le gardien du fils de l’aubergiste qui a mal tourné, et de fait leur socle culturel est le même. Le film est traversé par des moments d’une grâce infinie où chacun découvre que l’autre, malgré ses différences, est bien son semblable. Le clair-obscur de cette irréelle prison vient accentuer le sentiment d’un temps arrêté par magie, où tout peut arriver : le meilleur ou le pire ne tient qu’à un fil.

En France, le nombre de détenus a atteint un niveau historique : au 1er octobre, la population carcérale était de 72 350 personnes (58 109 au 1er juin 2020). 2053 détenus sont contraints de dormir sur un matelas au sol, relevé dans la journée : c’est 39 % de plus en un an. Certaines prisons affichent un taux d’occupation qui dépassent 150 % et certaines, comme la maison d’arrêt de Bordeaux-Gradignan, atteignent plus de 200 % de leur capacité… et, comme partout, le personnel manque. (cf Le Monde du 2 novembre)