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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

Projection en avant-première le mercredi 13 juillet à 14h en présence de Kirill Serebrennikov. Animée par Oriane Jeancourt Galignani, rédactrice en chef du magazine Transfuge. Séance de rattrapage le même jour à 18h.
(Vente des places à partir du 1er juillet).

LA FEMME DE TCHAÏKOVSKI

(Zhena Chaikovskogo)
Écrit et réalisé par Kirill SEREBRENNIKOV - Russie 2022 2h26 VOSTF
avec Odin Lund Biron, Alyona Mikhailova, Ekaterina Ermishina…

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)



La Femme de Tchaïkovski est une œuvre au noir, terrible et splendide, une leçon de ténèbres, en même temps que la révélation d’une histoire méconnue : l’amour fou et non partagé qu’éprouva Antonina Tchaïkovski pour son mari pendant des décennies, de leur première rencontre jusqu’à la mort de l’illustre compositeur, et même au-delà.

C’est un peu comme si l’homme aimé religieusement, fanatiquement par l’Adèle H. de François Truffaut (et fille de Victor Hugo), presque à la même époque - la fin du xixe siècle -, avait été non seulement indifférent mais homosexuel. Le génie ombrageux de la musique, dans la force de l’âge, ne répond à la déclaration d’amour épistolaire de la jeune femme modeste que dans le but de contracter un mariage de façade. S’ensuit pour elle un enfer de frustration, d’humiliation, d’aveuglement, de déni.
Serebrennikov, ouvertement gay, endosse avec frénésie le point de vue de la suppliciée. Il met sa virtuosité tourbillonnante, sa démesure fantasmatique au service de cette chute, qui est aussi une résistance. Antonina est méprisée en tant que femme dans une époque et une société patriarcales (milieu artistique compris), un monde d’hommes, homosexuels ou non. Elle est rejetée en tant qu’épouse. Et tenue pour quantité négligeable, compte tenu de ses origines sociales. Mais sa puissance tient à la force de son désir pour Tchaïkovski. Un désir tout sauf éthéré, nourri d’admiration mais violemment sexuel, et qui tend vers l’infini au fur et à mesure que le compositeur se dérobe, puis cherche à se débarrasser de sa femme.

Par son ampleur tragique, et l’énigme de cette vie à la fois gâchée et embrasée, le film esquisse une métaphysique de la passion amoureuse, laissant en suspens une question taraudante : Antonina (extraordinaire Alyona Mikhailova) aurait-elle brûlé d’un tel feu si Tchaïkovski ne l’avait pas repoussée d’emblée et toujours, et s’il lui avait rendu ne serait-ce qu’un seul baiser ? (Louis Guichard dans Télérama)

Kirill Serebrennikov présente dans le cadre du Festival d’Avignon, Le Moine Noir du 7 au 15 juillet à 22h (relâche le 11) à la Cour d’honneur du Palais des Papes.