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DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
Le croiriez-vous ? La bonne nouvelle – car il y en a une – est arrivée le 9 novembre dernier du Conseil d’État, qui a annulé le décret de dissolution du mouvement des Soulèvements de la terre. Pris en Conseil des ministres fin juin, le décret suivait de peu la tentative de requalification – ou ...

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

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Projection en avant-première le mercredi 13 juillet à 14h en présence de Kirill Serebrennikov. Animée par Oriane Jeancourt Galignani, rédactrice en chef du magazine Transfuge. Séance de rattrapage le même jour à 18h.
(Vente des places à partir du 1er juillet).

LA FEMME DE TCHAÏKOVSKI

(Zhena Chaikovskogo)
Écrit et réalisé par Kirill SEREBRENNIKOV - Russie 2022 2h26 VOSTF
avec Odin Lund Biron, Alyona Mikhailova, Ekaterina Ermishina…

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)



La Femme de Tchaïkovski est une œuvre au noir, terrible et splendide, une leçon de ténèbres, en même temps que la révélation d’une histoire méconnue : l’amour fou et non partagé qu’éprouva Antonina Tchaïkovski pour son mari pendant des décennies, de leur première rencontre jusqu’à la mort de l’illustre compositeur, et même au-delà.

C’est un peu comme si l’homme aimé religieusement, fanatiquement par l’Adèle H. de François Truffaut (et fille de Victor Hugo), presque à la même époque - la fin du xixe siècle -, avait été non seulement indifférent mais homosexuel. Le génie ombrageux de la musique, dans la force de l’âge, ne répond à la déclaration d’amour épistolaire de la jeune femme modeste que dans le but de contracter un mariage de façade. S’ensuit pour elle un enfer de frustration, d’humiliation, d’aveuglement, de déni.
Serebrennikov, ouvertement gay, endosse avec frénésie le point de vue de la suppliciée. Il met sa virtuosité tourbillonnante, sa démesure fantasmatique au service de cette chute, qui est aussi une résistance. Antonina est méprisée en tant que femme dans une époque et une société patriarcales (milieu artistique compris), un monde d’hommes, homosexuels ou non. Elle est rejetée en tant qu’épouse. Et tenue pour quantité négligeable, compte tenu de ses origines sociales. Mais sa puissance tient à la force de son désir pour Tchaïkovski. Un désir tout sauf éthéré, nourri d’admiration mais violemment sexuel, et qui tend vers l’infini au fur et à mesure que le compositeur se dérobe, puis cherche à se débarrasser de sa femme.

Par son ampleur tragique, et l’énigme de cette vie à la fois gâchée et embrasée, le film esquisse une métaphysique de la passion amoureuse, laissant en suspens une question taraudante : Antonina (extraordinaire Alyona Mikhailova) aurait-elle brûlé d’un tel feu si Tchaïkovski ne l’avait pas repoussée d’emblée et toujours, et s’il lui avait rendu ne serait-ce qu’un seul baiser ? (Louis Guichard dans Télérama)

Kirill Serebrennikov présente dans le cadre du Festival d’Avignon, Le Moine Noir du 7 au 15 juillet à 22h (relâche le 11) à la Cour d’honneur du Palais des Papes.