Mot-clé - UGC

Fil des billets

vendredi, octobre 6 2017

UGC PROCHAINEMENT PARTOUT ?

Nous voici gâtés au delà de toute espérance. Nous allons en effet perdre un voisin proche : Gaumont et son multiplexe de Talence. Mais, me direz-vous, un multiplexe de moins, c’est une bonne nouvelle. Pas vraiment, hélas ! Car c’était un gentil celui-là, qui broutait paisiblement son pré carré d’herbe tendre sans nourrir le moindre instinct cannibale à notre endroit. A sa place et dans ses onze salles va s’installer un vrai méchant, le prochainement partout UGC. Et ce multiplexe de 11 salles racheté à Gaumont va contribuer à porter à terme sur l’agglomération la puissance de feu de notre prédateur à 42 salles !

 

On imagine notre tête et celle de nos collègues de Pessac et de Mérignac. Pour vous donner une idée de la mauvaise surprise, c’est comme si nos ancêtres de Cro-Magnon avaient vu débarquer sur leur territoire de chasse un Tyrannosaurus Rex en lieu et place du placide brontosaure salué civilement chaque matin. Inutile alors de vous faire un dessin. Que Gaumont, le puissant circuit associé à Pathé, se carapate discrètement hors de l’agglo est un très mauvais signal qui confirme ce que nous redoutions depuis l’annonce de l’ouverture de 13 salles UGC aux Bassins à flot. Il se prépare bien un mauvais coup, en l’occurrence une mise en coupe réglée de Bordeaux par un unique opérateur. Car d’une position dominante à l’instauration d’un monopole, il n’y aura qu’un pas aisément franchi avec 42 salles…

Lire la suite...

lundi, mai 8 2017

Le Bassin à flots, quelle galère !

Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on vous l’a peut-être un peu trop martelé, de cette ambition affichée d’UGC de se faire plus grosse que le bœuf au Bassin à flots en portant sa capacité de feu sur la ville à 31 pièces d’artillerie contre 18 actuellement. Une prétention validée par la Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique et contestée par nous le 30 Mars devant la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux, en compagnie de la Médiatrice du Cinéma et de quelques élus soucieux de leurs salles publiques de proximité déjà lourdement impactées par le développement tous azimuts des multiplexes.
Une démarche rendue d’autant plus légitime à nos yeux que le discours martelé, ad nauseam, par nos autorités de tutelle sur l’impérieuse nécessité de se montrer très fermes dans la défense de la diversité et de l’exception culturelle relève d’un mythe quasiment fondateur. On se souvient ainsi, d’André Malraux et son joli « par ailleurs le cinéma est une industrie » : dans la culture multiplexe, les termes sont hélas inversés. Des intentions donc, proclamées mais battues constamment en brèche par une décision de la CNAC qui conduirait, par le développement déraisonnable d’un opérateur privé, à la disparition programmée sur Bordeaux d’un autre opérateur privé, connu et reconnu pour sa réussite et la qualité de sa programmation.

 

Lire la suite...

jeudi, mars 30 2017

Des nouvelles du front (local, pas national, pour une fois)

Ce 30 Mars à 9h du matin, au moment même où nous sera livrée la nouvelle gazette, votre cinoche favori se présentera à la barre de la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Mais que diable, me direz vous, allons nous faire dans cette galère ?
Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher un groupe surpuissant et dominateur de s’assurer le contrôle hégémonique de la diffusion du film sur Bordeaux, et donc de notre survie pure et simple à moyen terme sur la ville.

 

Rappelons les faits de la procédure pour les cancres qui dorment au fond de la classe à côté du radiateur : le groupe UGC, qui exploite dans le centre-ville un multiplexe constitué de 18 salles représentant 2835 fauteuils, a déposé devant la Commission d’Aménagement Commercial de la Gironde une demande tendant à obtenir l’autorisation de créer à Bordeaux un second établissement cinématographique de 13 salles et 2400 places. Ce qui aurait pour effet de porter à 31 le nombre de salles exploitées dans notre ville par la même enseigne…
Disons le tout net, les 18 salles UGC de la rue Bonnac suffisent déjà largement à notre bonheur, car les 27 salles UGC implantées dans le quartier des Halles à Paris nous aident aujourd’hui largement à mesurer les effets déplorables d’un excès de concentration. La photo et le texte publiés cette semaine par le Film Français et joints à l’édito dans la gazette vous aident d’ailleurs à comprendre l’effet d’aspirateur géant engendré par de tels monstres…

 

Lire la suite...

lundi, juin 15 2015

Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?

On ne s’ennuie décidément jamais à Utopia ! Nous voici aujourd’hui embarqués dans le grand bain de l’état de droit. Nous avons en effet demandé à un avocat spécialisé en droit public d’introduire une requête auprès de la cour administrative d’appel de Bordeaux en annulation de la décision de la Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique d’autoriser la création de 13 salles UGC supplémentaires de 2394 fauteuils, à quelques encablures de leurs 18 salles de la rue Georges Bonnac.
Tout recours épuisé, certains pourraient dire que nous sommes mauvais joueurs. Sans doute, mais peut-être admettront-ils qu’il est courant, pour qui se noie, de s’accrocher au plus petit esquif.
On se souvient en effet que nous avons été recalés par les deux commissions chargées de délivrer ou pas les autorisations de construire de nouveaux multiplexes. La première, locale, présidée par le Préfet et composée de tout un panel de représentants économiques et d’élus locaux, ne pouvait, on s’en doute, que porter au pinacle un de ces grands projets dits « structurants » qui font les profits des aménageurs et les petits bonheurs des poseurs de première pierre et des coupeurs de ruban. Notre commission de première instance était si convaincue d’ailleurs de l’impérieuse nécessité de son choix qu’elle n’avait même pas jugé bon de consulter les cinémas locaux sur l’opportunité d’un tel projet et les conséquences économiques et culturelles qu’elles produiraient dans le landernau local.

Lire la suite...

jeudi, février 19 2015

99 NON ! Un OUI… Le oui l'emporte…

C’est tout frais, ça vient de sortir pour illustrer la dernière conférence de presse de notre cher Président : il paraît qu’on va nous refiler une couche de démocratie participative, dans la foulée de l’élan national de l’après « 11 Janvier ». Ça tombe bien, car on vient juste de mesurer, à travers nos aventures, combien l’opinion du citoyen et de l’acteur de terrain compte aujourd’hui pour du beurre quand il est question de gros sous. Nous venons d’en faire les frais avec le multiplexe UGC des Bassins à flots qui vient de se voir plébiscité, seul contre tous, par la Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique.

Éternels optimistes que nous sommes, il nous était pourtant apparu, à la publication d’un certain rapport Lagauche, il y a un an, que nous pouvions enfin rêver d’une forme de régulation dans le domaine de l’exploitation cinématographique. Il s’agissait en effet pour ce gentil sénateur, missionné par notre autorité de tutelle, de prendre acte du développement exponentiel des multiplexes et d’en fixer enfin les limites pour éviter tout sur-équipement préjudiciable à l’équilibre économique du marché : rien de plus raisonnable on le voit dans le cadre d’un semblant d’aménagement harmonieux du territoire.
Plus accessoirement, puisqu’il ne s’agissait que de politique culturelle, était évoqué dans le rapport en question le sort de la poignée de salles indépendantes classées Recherche qui, les pauvrettes, n’encombrent pas vraiment les rues de nos cités. On les devinait, entre les lignes, promises à être confinées dans des réserves protectrices, un peu à la manière des derniers Indiens d’Amérique du Nord à la fin du xixe siècle. Une protection permettant de ne pas attenter trop clairement à la sacro sainte culture de l’exception culturelle, qui vaut d’ailleurs à nos multiplexes de s’acquitter d’une TVA minorée sur le prix des places et d’une TVA à taux sympa sur la confiserie. Tout cela ne cassait pas trois pattes à un canard et ne faisait pas de ce rapport un brûlot léniniste, mais cela nous laissait espérer que pour deux raisons au moins, le rapport en question nous permettrait d’échapper à ce nouveau et mortifère projet de multiplexe aux Bassins à flots. Il était en effet facile de constater, rapport Lagauche en main, qu’avec 52 salles en centre ville, Bordeaux était déjà la métropole la plus sur-équipée de France (par comparaison : 34 salles à Toulouse), comme il était évident qu’avec 18 salles UGC au pied de notre réserve d’indépendants du cinéma, il était inutile pour notre santé d’en rajouter 13 autres…

Lire la suite...

jeudi, octobre 30 2014

« Le renard libre dans le poulailler libre »

Ça faisait presque deux ans que les travaux battaient leur plein et le bâtiment très instable avait failli plusieurs fois se casser la figure tant cette malheureuse église Saint-Siméon en avait vu de vertes et de pas mûres depuis la Révolution. Mais en ce mois de septembre 1999, en plein été indien comme cette année, les derniers coups de pinceau avaient enfin permis à ce sacré cinoche de faire son entrée dans la cité. Les bonnes fées du cinéma et une foule joyeuse s’étaient déplacées pour prodiguer à ce joli bébé mille voeux de prospérité et de longue vie. Il faut croire que cet enthousiasme et les coups de baguette magique produirent leurs effets puisque, quinze ans après et sur le point de fêter cet anniversaire au champagne, on pouvait compter en nombre de billets vendus près de 4,8 millions de spectateurs, soit environ 320 000 spectateurs par an pour une capacité de 555 fauteuils et avec une programmation consacrée à 90% à la diffusion du cinéma de la diversité et de l’exception culturelle…

Lire la suite...

samedi, janvier 18 2014

18 salles ça va, 30 bonjour les dégâts

Autant l’avouer, nous avons un peu serré les fesses cet été. En effet, en cette fin du mois d’août, 2013 s’annonçait en terme de fréquentation, comme l’année la plus faible depuis notre ouverture en 1999. La presse professionnelle, jouant les mauvais augures, faisait état d’un effondrement inquiétant des entrées (jusqu’à 30 ou 40 % dans certaines salles). Pas assez de blockbusters, été beaucoup trop sec. Le premier constat nous faisait rigoler, le second beaucoup moins. On ne le dira jamais assez, la pluie est l’amie des salles obscures et rien ne défrise plus l’exploitant penché sur ses comptes qu’un lever de soleil radieux… Et malgré ça, aux douze coups de minuit 2013, on a compté, incrédules, sur tous nos doigts et dans un contexte de baisse générale du cinéma, qui se situe en France autour de 8% et à Bordeaux de 10%, nous terminons l’année à 305 000 spectateurs, soit une petite baisse de 2% qui doit encore être relativisée compte tenu de la fermeture du ciné pendant dix jours cet été pour cause de travaux sur la climatisation.

Lire la suite...