Éditos

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vendredi, novembre 10 2017

Cherche parrain désespérément…

Il semblerait que nous ne soyons pas seuls à sentir comme une odeur de poudre dans le milieu du cinéma français. Notre nouvelle ministre de la culture, pleine de bonne volonté sans doute, a entrepris cette semaine de pacifier les relations dans notre petit monde en chargeant l’ex-directeur financier de Lagardère de mener une mission de médiation. Petit problème d’entrée de jeu : ce loustic, pour avoir exercé une fonction aussi sensible auprès d’un type aussi louche, n’est pas forcément un bon choix. Ce sont décidément toujours les mêmes, pêchés dans le même marigot peuplé des plus épouvantables sauriens, que l’on va chercher pour résoudre les problèmes et, vous l’aurez remarqué, jamais les problèmes ne sont résolus… Aller en effet chercher le directeur financier d’une multinationale pour prendre des mesures intelligentes, cela semble aussi foutu que café bouillu.

 

Pourtant, aujourd’hui, les enjeux sont de taille. Et parce qu’ils sont de taille, que risquerait-on, par exemple, à interroger le Landerneau culturel et politique en confiant à notre ami Philippe Poutou, qui travaille en usine, le soin d’aller effectuer quelques brasses au milieu de toute cette bande de crocodiles ? Est-il vraiment moins qualifié pour cette mission que ce directeur financier qui n’a sans doute jamais vu le moindre film à Utopia, contrairement à Philippe Poutou ? D’ailleurs, est-il au moins réel, ce type, ou est-ce un de ces robots qui va prendre le boulot des humains avec les dents ?


Tout démarre en fait cette année à Cannes, après la polémique soulevée par Netflix, une plateforme de diffusion sur internet grosse comme un camion, qui veut bien montrer son film Okja dans un festival de cinéma mais refuse de le sortir en salle. Les professionnels du cinéma se mettent alors à s’écharper sur un éventuel aménagement de la chronologie des médias. Pour ce que l’on peut en voir, du côté d’Utopia, un lieu qui manifestement n’existe pas, les choses nous paraissent compliquées et mériteraient bien l’expertise d’un ancien candidat à la Présidence de la République à visage humain (c’est pas rien !)

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vendredi, octobre 6 2017

UGC PROCHAINEMENT PARTOUT ?

Nous voici gâtés au delà de toute espérance. Nous allons en effet perdre un voisin proche : Gaumont et son multiplexe de Talence. Mais, me direz-vous, un multiplexe de moins, c’est une bonne nouvelle. Pas vraiment, hélas ! Car c’était un gentil celui-là, qui broutait paisiblement son pré carré d’herbe tendre sans nourrir le moindre instinct cannibale à notre endroit. A sa place et dans ses onze salles va s’installer un vrai méchant, le prochainement partout UGC. Et ce multiplexe de 11 salles racheté à Gaumont va contribuer à porter à terme sur l’agglomération la puissance de feu de notre prédateur à 42 salles !

 

On imagine notre tête et celle de nos collègues de Pessac et de Mérignac. Pour vous donner une idée de la mauvaise surprise, c’est comme si nos ancêtres de Cro-Magnon avaient vu débarquer sur leur territoire de chasse un Tyrannosaurus Rex en lieu et place du placide brontosaure salué civilement chaque matin. Inutile alors de vous faire un dessin. Que Gaumont, le puissant circuit associé à Pathé, se carapate discrètement hors de l’agglo est un très mauvais signal qui confirme ce que nous redoutions depuis l’annonce de l’ouverture de 13 salles UGC aux Bassins à flot. Il se prépare bien un mauvais coup, en l’occurrence une mise en coupe réglée de Bordeaux par un unique opérateur. Car d’une position dominante à l’instauration d’un monopole, il n’y aura qu’un pas aisément franchi avec 42 salles…

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jeudi, juin 29 2017

TGV Paris - Bordeaux en 2 heures : un progrès inoui ?

Attendue par les uns, redoutée par les autres, la nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse Tours - Bordeaux entrera en service commercial le 2 juillet 2017, permettant de diminuer le temps de trajet entre Paris et Bordeaux d’environ une heure.

 

Les quelques 600 km séparant ces deux métropoles seront dorénavant parcourus dans le meilleur des cas en 2 heures, sauf conditions climatiques extrêmes (canicules, tempêtes…) dont la fréquence et l’intensité devraient augmenter avec le réchauffement planétaire.
Sans vouloir froisser les compétences de nos brillants techniciens du xxie siècle, il convient de relativiser leur performance, car l’ouverture de la première ligne ferroviaire de Paris à Bordeaux en 1853 avait permis de raccourcir le temps de trajet d’une centaine d’heures ! Nous courons aujourd’hui après les minutes.

 

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jeudi, mai 4 2017

Misère, misère…

C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le paternel copinait avec le gratin des officiers putschistes de l’OAS. Pourtant il y avait urgence, pensait-on, à changer de disque. Et nous voici, horreur et abomination, à nourrir la perspective de se retrouver pour cinq ans avec un président qui, dans une de ses premières déclarations faites à je ne sais qui, je ne sais où… trouva moyen de déclarer qu’il fallait donner à notre belle jeunesse « le goût de devenir milliardaire ». Milliardaire ? Une idiotie insondable quand on sait que même à Davos le mot fait tousser tant la fonction fait problème aujourd’hui plutôt que solution. A Davos donc… vous savez, cette station de sports d’hiver qui reçoit chaque année, entre deux promenades à traineau, la fine fleur de l’élite des décideurs économiques de la planète qui, dans un bien étonnant sursaut d’humanité, se sont penchés, cette année, sur le développement incroyable des inégalités.
L’un d’entre eux, coiffé parait-il d’un béret et probable réincarnation de l’Abbé Pierre, s’est même fendu d’une image surprenante pour dénoncer la concentration de plus en plus phénoménale de la finance internationale entre les mains d’une poignée de plus en plus riquiqui d’heureux bénéficiaires. Celui-ci donc, au risque d’être lynché à la récré par ses petits camarades, utilisa pour se faire bien comprendre une petite démonstration pas trop compliquée, où il apparaissait qu’il fallait, il y a quelques années, un bus Macron de 85 places pour contenir les 85 personnes riches d’autant d’avoirs que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Avant de conclure : « Depuis cette année, la taille d’un véhicule aussi grand n’est plus nécessaire, un monospace de huit places suffit désormais ». 

jeudi, mars 30 2017

Des nouvelles du front (local, pas national, pour une fois)

Ce 30 Mars à 9h du matin, au moment même où nous sera livrée la nouvelle gazette, votre cinoche favori se présentera à la barre de la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Mais que diable, me direz vous, allons nous faire dans cette galère ?
Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher un groupe surpuissant et dominateur de s’assurer le contrôle hégémonique de la diffusion du film sur Bordeaux, et donc de notre survie pure et simple à moyen terme sur la ville.

 

Rappelons les faits de la procédure pour les cancres qui dorment au fond de la classe à côté du radiateur : le groupe UGC, qui exploite dans le centre-ville un multiplexe constitué de 18 salles représentant 2835 fauteuils, a déposé devant la Commission d’Aménagement Commercial de la Gironde une demande tendant à obtenir l’autorisation de créer à Bordeaux un second établissement cinématographique de 13 salles et 2400 places. Ce qui aurait pour effet de porter à 31 le nombre de salles exploitées dans notre ville par la même enseigne…
Disons le tout net, les 18 salles UGC de la rue Bonnac suffisent déjà largement à notre bonheur, car les 27 salles UGC implantées dans le quartier des Halles à Paris nous aident aujourd’hui largement à mesurer les effets déplorables d’un excès de concentration. La photo et le texte publiés cette semaine par le Film Français et joints à l’édito dans la gazette vous aident d’ailleurs à comprendre l’effet d’aspirateur géant engendré par de tels monstres…

 

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mardi, janvier 31 2017

DU BLUFF TECHNOLOGIQUE À L’ESBROUFE ARTISTIQUE


Contre les projets d’art contemporain de la commande Garonne, et en particulier la mise au puits de l’œuvre de Jacques Ellul par Suzanne Treister.

 

Décidément, les aménageurs n’en peuvent plus d’attentions envers les aménagés. Après la commande artistique Tramway (3 millions d’euros pour les deux premières tranches) qui nous a déjà valu une douzaine d’« œuvres » aussi ridicules que prétentieuses, Bordeaux Métropole nous annonce sa nouvelle commande Garonne (12 artistes, 8 millions d’euros) censée agrémenter nos rives dès l’an prochain.

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mardi, décembre 13 2016

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Les souvenirs, les regrets et le Chili aussi…

Vertuchou ! Qui songerait un seul instant à nier, que, pour citer la chère Arletty, la planète bleue en affiche aujourd’hui une vraie, de gueule d’atmosphère ? Et pas seulement question climat, la dégradation catastrophique en la matière n’étant somme toute qu’une résultante parmi bien d’autres de choix politiques mis en œuvre avec une obstination maniaque par une bande de sales types : les Chicago boys de sinistre mémoire… Une quasi secte économique, adoratrice du veau d’or, sur laquelle régnait sans partage un affreux parmi les affreux, le fort peu regretté Milton Friedman. Cette bande, véritablement inspirée par le diable, mit au point, au tournant des années 60, les tables de la loi d’un nouvel ordre économique mondial qui renvoyait dans les limbes les théories libérales déjà gratinées de grand-papa, qui permettaient encore au moins aux exploiteurs et aux exploités de se croiser dans la rue, même si c’était pour se foutre sur la gueule.

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mercredi, septembre 7 2016

Pourquoi dire NON au nouveau compteur électrique Linky

On va rentrer de suite dans le vif du sujet pour celles et ceux qui ont loupé les épisodes précédents. Connaissez-vous le nouveau compteur électrique Linky ? Celui-là même décrit dans le courrier que vous venez de (ou que vous allez) recevoir d’ENEDIS (ex-ERDF) et qui vous demande un RDV pour l’installer à la place de votre compteur actuel. À moins qu’il n’ait déjà été installé cet été, et que vous veniez de le découvrir en rentrant de vacances… Voici ci-dessous quelques explications que vous ne trouverez pas dans la doc officielle d’EDF/ERDF ou dans les comités de suivi, si vous avez la chance d’y assister, organisés par Bordeaux Métropole conjointement avec ENEDIS pour expliquer à la population bordelaise ce qu’est Linky.

 

Imposé par une directive européenne en 2009 et prévu par la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 Août 2015 pour favoriser les économies d’énergie et faire face au réchauffement climatique, le déploiement de Linky a commencé en France en 2010 et d’ici à 2021, 35 millions de compteurs doivent être installés. Sont concernés les foyers et les bâtiments commerciaux.

Aujourd’hui 400 communes sont équipées, 238 ont voté contre : la première fut Saint-Macaire, commune girondine de 2000 habitants, la dernière est Caen, ville de 110 000 habitants. Les industriels allemands et ceux du Royaume-Uni pensent que le compteur n’est pas efficace et qu’il y a d’autres moyens pour réaliser la transition européenne vers un réseau électrique intelligent. Par exemple : l’intégration plus rapide des renouvelables, le développement des réserves d’énergie, et une meilleure gestion de la demande d’énergie, selon La Tribune du 16/06/2016.

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mardi, août 30 2016

AU SECOURS, L'ÉCREVISSE DE LOUISIANE PROGRESSE…

L’été, riche et belle saison pour les multiplexes. Un phénomène récent gagne en effet notre malheureux pays qui nous rapproche un peu plus encore des standards américains.
La saison estivale, qui traditionnellement en France était une période plutôt morose en terme d’exploitation cinématographique, épouse depuis quelques années les habitudes fastes de nos cousins d’outre-Atlantique à travers une pluie météoritique de blockbusters, tous plus tartignoles les uns que les autres et qui ne se distinguent plus guère, sous la canicule, que par le numéro d’entrée en scène dont on les affuble : Insaisissables 2, L’Age de glace 4 ou 5, American Nightmare 3, Ninja Turtles 2, Star Trek 7 + 3 font 10 et 6 font 16 (penser au Roi et l’oiseau au milieu d’une telle énumération, ça fait respirer) et Suicide Squad qui, vu son succès, ne manquera pas d’engendrer un autre rejeton monstrueux l’été prochain…
Une mode qui n’est guère rassurante puisqu’elle s’étend aujourd’hui de plus en plus à notre propre paysage cinématographique. Les Visiteurs 3 ou 4 (on s’y perd) Camping 3… en sont deux exemples qui ne manqueront pas aussi de faire des petits. On s’en doute, cette stratégie paresseuse ne favorisera pas l’éclosion d’œuvres originales. Pourquoi en effet se creuser le ciboulot s’il est plus « bankable » d’exploiter, comme ils disent, une franchise, c’est à dire de se contenter de sucer la roue d’un maillot jaune, même s’il est dopé à mort.
Alors, bien sûr, on le vérifie de plus en plus, ce genre de stratégie n’est pas sans conséquences sur la fréquentation de nos salles, même si nous ne sortons pas ces films trop ostensiblement formatés. Massivement promus, vite consommés, ils façonnent les esprits d’une jeune génération montante à qui ils s’adressent en majorité, ils donnent le ton à un mode opératoire marketing qui tend à s’étendre et à uniformiser toute autre forme de promotion qui serait pourtant bien mieux adaptée. 
Un film sensible, fin et subtil se voit ainsi propulsé parfois pour ce qu’il n’est pas. Une franche bonne occasion de se rincer l’œil ou de rigoler. Il arrive ainsi de plus en plus que nous renoncions à utiliser le matériel publicitaire qui nous est livré (bandes-annonces, affiches) tant il nous semble inadapté à défendre la vraie nature du film. Peine perdue, car aujourd’hui, le même film s’affiche dans un nombre grandissant de multiplexes avides de films, eu égard à leur nombre de salles, et qui ne se privent pas, eux, d’en rajouter une couche en matière de promotion frelatée. Il n’y a plus guère dans ce cas-là que la gazette pour vous en faire un juste écho et cela marche encore, même si l’on sent bien que la force qui se dégage du marketing dominant tend à affaiblir nos propres efforts de promotion. 

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vendredi, avril 15 2016

Happy birthday Fukushima... Happy birthday Tchernobyl...

30 ans pour l’un, 5 ans pour l’autre et dans les deux cas, la catastrophe est toujours en cours,  les coûts induits ne cessent d’augmenter. Greenpeace parle de 1000 milliards pour Tchernobyl, on n’en est qu’au début pour Fukushima : trop tôt pour annoncer des chiffres de toute façon imprévisibles. La construction de l’arche enfermant le sarcophage de Tchernobyl ne sera terminée qu’en 2017 (108 m de haut, 270 m de long…) et pendant les travaux, la contamination continue et continuera encore longtemps longtemps après que le dernier poète contaminé ait disparu. Tchernobyl for ever : c’est un bouquin, un DVD qui racontent que le monstre atomique n’a pas fini de sévir (voir sites internet en fin de texte).

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