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vendredi, mai 4 2018

Le manifeste de la haine islamophobe

La réaction de l’Union Juive Française pour la Paix au manifeste Contre le nouvel antisémitisme écrit par Philippe Val, signé par 300 personnalités et publié le 22 avril 2018 dans Le Parisien

 

Vous avez dit antiracistes ? 
Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie ». Il y a Nicolas Sarkozy qui a passé son quinquennat à pourchasser les sans-papiers et dont un ministre déclarait à propos des Arabes : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça peut poser des problèmes ». Il y a Laurent Wauquiez qui fait du copier-coller de Marine Le Pen sur l’immigration. Il y a Alain Finkielkraut qui déclarait sur l’équipe de France de football 1998 : « Elle n’est pas black-blanc-beur, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l’Europe ». 
On pourrait continuer longtemps cet inventaire à la Prévert. Bien sûr, ces braves gens vont s’étrangler si on parle de racisme d’État ou de racisme structurel encouragé par l’État, par les administrations, par la politique de ségrégation territoriale… 

 

L’antisémitisme en France 
L’antisémitisme, c’est notre histoire intime. L’attribuer aux musulmans est une contre-vérité meurtrière. Pétain, Laval et les auteurs de la rafle du Vel d’hiv n’étaient pas musulmans. En cette période, ils disaient des Juifs ce qu’aujourd’hui certains disent des immigrés : « inassimilables », « n’ont pas vocation à vivre en France ». Prenez ce qu’on dit aujourd’hui des Noirs, des Roms, des Arabes et des musulmans et mettez à la place le mot « Juif ». Vous avez les discours des années 30 et on sait où cela a mené. 

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jeudi, avril 5 2018

Commémorer n'est pas célébrer…

Se rappeler des « moments lumineux » certes, mais aussi « braquer quelque lumière sur les périodes les plus sombres »… répondent de sages personnes à ceux qui s’obsèdent à préserver le petit peuple des mauvaise influences susceptibles de lui polluer le mental…
En fait de moments pas rigolos à inscrire dans le grand bouquin des commémorations, on proposerait bien, dans la liste des événements à ne pas oublier : Fukushima, 11 mars 2011, et Tchernobyl, 26 mars 1986. Dates qui marquent le début de deux catastrophes qui continuent à diffuser insidieusement leurs conséquences alors que tout le monde est incité à regarder ailleurs. 
Côté Tchernobyl, 31 ans après, le bilan humain de la catastrophe reste incertain : entre 4 000 et 100 000 morts ! 31 ans après, les chercheurs s’interrogent toujours sur les causes réelles de la catastrophe et des études récentes viennent démentir la version officielle de l’époque : une explosion nucléaire serait la cause de tout et non une erreur humaine. Peut-être une erreur de conception qu’il ne serait pas inutile d’analyser pour anticiper d’autres faiblesses dans la conception des centrales actuelles. Mais chut…

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jeudi, mars 8 2018

HIROSHIMA = 1 – TALENCE = 0

C’est rien de dire que l’on s’était sentis un peu seuls à Bordeaux lors de nos vaines tentatives d’obtenir un poil de régulation face au projet d’implantation d’un deuxième multiplexe UGC au Bassin à Flots. Bien sûr, il y avait vous, heureusement, chers spectateurs, toujours fidèles au poste depuis bientôt 20 ans, mais personne, hélas, parmi les donneurs d’ordre, comme il est habituel de les nommer, pour se donner la peine de se pencher sur nos pauvres arguments en faveur de la préservation de la si nécessaire diversité des œuvres et des opérateurs. On se souvient, en particulier, de cette Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique (CNAC) à Paris, où la première adjointe d’Alain Juppé, Virginie Calmels, appelée à défendre le projet de multiplexe au Bassin à Flots, nous avait croisés ce jour-là sans même saisir l’opportunité d’échanger quelques mots avec nous. Autant dire que cela confirma la certitude que nous n’avions aucune chance d’influer par la suite sur ce quasi doublement du nombre de fauteuils mis à disposition de notre concurrent prédateur. 
Les problèmes volant généralement en escadrille, l’annonce, quelques temps après, du rachat par UGC des 11 salles du Gaumont Talence ne parvint même pas à nous émouvoir, tant l’opération semblait relever du nouvel ordre mondial et normal des choses, où pouvoir et profit se concentrent dorénavant entre quelques bonnes mains.
Par contre deux informations très récentes, puisqu’elles datent du 1er février 2018, ne manquèrent pas d’alimenter notre perplexité :
Ce fut, pour la première, la décision d’UGC de solliciter l’autorisation de la Commission ad hoc pour ajouter une salle supplémentaire de 111 places et ainsi porter la capacité de leur multiplexe de Talence à 12 salles et 2426 fauteuils.

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vendredi, février 23 2018

Quel monde voulons-nous pour demain ?… Et quel débat pour aujourd’hui ?

Les États généraux de la bioéthique se sont ouverts le jeudi 18 janvier sous le thème : « Quel monde voulons-nous pour demain ? ». Au menu : des débats dans toute la France, ouverts aux citoyens, via les espaces éthiques régionaux déclinaisons locales du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui a en charge l’organisation, sur les implications des progrès scientifiques sur le vivant, de sa conception jusqu’à sa fin. Voilà pour l’officiel. Cependant, au fond, il s’agit de collecter nos avis, ausculter nos consciences pour en retour, finalement, chercher à les rassurer. Nous voilà donc conviés à valider l’avancée des technologies « convergentes » ou « exponentielles », selon la novlangue de la Silicon Valley, pendant que sondages et médias préparent l’opinion à l’adoption des mesures qui avaient été mises de côté il y a sept ans : PMA et GPA, suicide assisté…

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mardi, février 13 2018

Les centres commerciaux : nouvelle bulle immobilière spéculative et projets climaticides…

Non à Val Tolosa ! 
Nous ne résistons pas à l’envie de vous communiquer cette excellente nouvelle provenant de nos amis d’Utopia Tournefeuille : le Conseil d’État a, en ce début d’année 2018, annulé le 2e permis de construire du méga-centre commercial imaginé par le groupe du CAC40 Unibail Rodamco, Val Tolosa, prévu en périphérie de Toulouse ! Nous saluons cette superbe victoire des opposants qui n’en démordent pas depuis 10 ans que dure la bataille ! 
L’absurdité du projet. Val Tolosa, c’est 115 000 m2 de béton en plein champ et la destruction de plus de 44 ha de terrains naturels très appréciés par les espèces animales et végétales qui y ont trouvé leur biotope. 

GARDAREM LA MENUDE

En France, les centres commerciaux poussent comme des champignons (vénéneux) et Val Tolosa n’est malheureusement qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. C’est ce que révèle l’association Agir pour l’environnement dans son enquête et dans sa Campagne Hypermarchés… le début de la faim lancée le 20 Décembre 2017 jusqu’au 31 Mars 2018, pour faire pression sur le ministre de l’économie et le ministre de l’agriculture, afin d’obtenir un moratoire sur la création ou l’extension des zones commerciales périphériques, de privilégier les circuits-courts et d’améliorer notre autonomie alimentaire par la sauvegarde des terres agricoles. 
Ci-dessous, nous vous livrons un extrait de leur travail. Sur leur site vous trouverez des cartes-pétitions à envoyer aux ministres concernés. Et il y en aura aussi dans le hall du cinéma.

HYPERMARCHÉS… LE DÉBUT DE LA “FAIM”
 

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samedi, février 3 2018

Le cinéma français pète la forme… paraît-il…

Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de tomber, relayé par le concert des médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets de cinéma vendus, soit à peine 4 millions de moins que l’an dernier et la part des films français progresse de façon vertigineuse : +2,6 % pour atteindre 37 % du marché (elle était de 44,5 % en 2014 sous Hollande), tandis que le cinéma américain, en perdant 8 %, passe sous la barre des 50 %. Le reste du monde (Europe comprise) se partage le reste, soit 15,1 % des billets vendus en France ce qui, pour être mieux que d’habitude, n’écorne pas vraiment l’hégémonie blockbusterienne, plus prégnante encore dans les autres pays européens.
Pour modérer l’enthousiasme obligatoire, il faut tout de même préciser que chaque jour s’ouvrent, sur un modèle « généraliste », des salles nouvelles dans tout l’hexagone : pas moins de 102 nouveaux écrans avaient ouvert en 2016, gageons qu’il n’y en a pas eu moins en 2017. Et 2018 devrait encore rajouter une palanquée de fauteuils aux 1 100 000 fauteuils déjà existants. 
L’agglomération bordelaise ne fait pas exception : UGC, qui programme actuellement 29 écrans, va en rajouter très bientôt 13 de plus au Bassin à Flots, soit 42 écrans, se plaçant ainsi en position abusivement dominante sur la métropole : Megarama + CGR + Utopia totalisent à eux tous 37 écrans… Le département qui, en 2014, comptait 29 308 fauteuils et 5 351 441 entrées, passera alors largement la barre des 33 000 places disponibles alors que la Gironde est déjà le département le mieux équipé de France en matière de cinéma.
Globalement, et pour résumer la situation : si les entrées cinéma se maintiennent à peu près, cela signifie que c’est au prix d’investissements privés ou / et publics constants et que le nombre moyen de fessiers qui se posent chaque année sur un fauteuil est plutôt à la baisse. Le nombre d’écrans a progressé en France de 10 % depuis dix ans, celui du nombre de séances de 27 % précise la Fédération Nationale des Cinémas Français… De nombreuses salles sont à la peine et n’atteignent pas leurs objectifs. Rapportés à l’augmentation des fauteuils, les - 1,8 % de baisse générale de 2017 sur l’an dernier n’ont donc rien de spécialement réconfortant.

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vendredi, novembre 10 2017

Cherche parrain désespérément…

Il semblerait que nous ne soyons pas seuls à sentir comme une odeur de poudre dans le milieu du cinéma français. Notre nouvelle ministre de la culture, pleine de bonne volonté sans doute, a entrepris cette semaine de pacifier les relations dans notre petit monde en chargeant l’ex-directeur financier de Lagardère de mener une mission de médiation. Petit problème d’entrée de jeu : ce loustic, pour avoir exercé une fonction aussi sensible auprès d’un type aussi louche, n’est pas forcément un bon choix. Ce sont décidément toujours les mêmes, pêchés dans le même marigot peuplé des plus épouvantables sauriens, que l’on va chercher pour résoudre les problèmes et, vous l’aurez remarqué, jamais les problèmes ne sont résolus… Aller en effet chercher le directeur financier d’une multinationale pour prendre des mesures intelligentes, cela semble aussi foutu que café bouillu.

 

Pourtant, aujourd’hui, les enjeux sont de taille. Et parce qu’ils sont de taille, que risquerait-on, par exemple, à interroger le Landerneau culturel et politique en confiant à notre ami Philippe Poutou, qui travaille en usine, le soin d’aller effectuer quelques brasses au milieu de toute cette bande de crocodiles ? Est-il vraiment moins qualifié pour cette mission que ce directeur financier qui n’a sans doute jamais vu le moindre film à Utopia, contrairement à Philippe Poutou ? D’ailleurs, est-il au moins réel, ce type, ou est-ce un de ces robots qui va prendre le boulot des humains avec les dents ?


Tout démarre en fait cette année à Cannes, après la polémique soulevée par Netflix, une plateforme de diffusion sur internet grosse comme un camion, qui veut bien montrer son film Okja dans un festival de cinéma mais refuse de le sortir en salle. Les professionnels du cinéma se mettent alors à s’écharper sur un éventuel aménagement de la chronologie des médias. Pour ce que l’on peut en voir, du côté d’Utopia, un lieu qui manifestement n’existe pas, les choses nous paraissent compliquées et mériteraient bien l’expertise d’un ancien candidat à la Présidence de la République à visage humain (c’est pas rien !)

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vendredi, octobre 6 2017

UGC PROCHAINEMENT PARTOUT ?

Nous voici gâtés au delà de toute espérance. Nous allons en effet perdre un voisin proche : Gaumont et son multiplexe de Talence. Mais, me direz-vous, un multiplexe de moins, c’est une bonne nouvelle. Pas vraiment, hélas ! Car c’était un gentil celui-là, qui broutait paisiblement son pré carré d’herbe tendre sans nourrir le moindre instinct cannibale à notre endroit. A sa place et dans ses onze salles va s’installer un vrai méchant, le prochainement partout UGC. Et ce multiplexe de 11 salles racheté à Gaumont va contribuer à porter à terme sur l’agglomération la puissance de feu de notre prédateur à 42 salles !

 

On imagine notre tête et celle de nos collègues de Pessac et de Mérignac. Pour vous donner une idée de la mauvaise surprise, c’est comme si nos ancêtres de Cro-Magnon avaient vu débarquer sur leur territoire de chasse un Tyrannosaurus Rex en lieu et place du placide brontosaure salué civilement chaque matin. Inutile alors de vous faire un dessin. Que Gaumont, le puissant circuit associé à Pathé, se carapate discrètement hors de l’agglo est un très mauvais signal qui confirme ce que nous redoutions depuis l’annonce de l’ouverture de 13 salles UGC aux Bassins à flot. Il se prépare bien un mauvais coup, en l’occurrence une mise en coupe réglée de Bordeaux par un unique opérateur. Car d’une position dominante à l’instauration d’un monopole, il n’y aura qu’un pas aisément franchi avec 42 salles…

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jeudi, juin 29 2017

TGV Paris - Bordeaux en 2 heures : un progrès inoui ?

Attendue par les uns, redoutée par les autres, la nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse Tours - Bordeaux entrera en service commercial le 2 juillet 2017, permettant de diminuer le temps de trajet entre Paris et Bordeaux d’environ une heure.

 

Les quelques 600 km séparant ces deux métropoles seront dorénavant parcourus dans le meilleur des cas en 2 heures, sauf conditions climatiques extrêmes (canicules, tempêtes…) dont la fréquence et l’intensité devraient augmenter avec le réchauffement planétaire.
Sans vouloir froisser les compétences de nos brillants techniciens du xxie siècle, il convient de relativiser leur performance, car l’ouverture de la première ligne ferroviaire de Paris à Bordeaux en 1853 avait permis de raccourcir le temps de trajet d’une centaine d’heures ! Nous courons aujourd’hui après les minutes.

 

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jeudi, mai 4 2017

Misère, misère…

C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le paternel copinait avec le gratin des officiers putschistes de l’OAS. Pourtant il y avait urgence, pensait-on, à changer de disque. Et nous voici, horreur et abomination, à nourrir la perspective de se retrouver pour cinq ans avec un président qui, dans une de ses premières déclarations faites à je ne sais qui, je ne sais où… trouva moyen de déclarer qu’il fallait donner à notre belle jeunesse « le goût de devenir milliardaire ». Milliardaire ? Une idiotie insondable quand on sait que même à Davos le mot fait tousser tant la fonction fait problème aujourd’hui plutôt que solution. A Davos donc… vous savez, cette station de sports d’hiver qui reçoit chaque année, entre deux promenades à traineau, la fine fleur de l’élite des décideurs économiques de la planète qui, dans un bien étonnant sursaut d’humanité, se sont penchés, cette année, sur le développement incroyable des inégalités.
L’un d’entre eux, coiffé parait-il d’un béret et probable réincarnation de l’Abbé Pierre, s’est même fendu d’une image surprenante pour dénoncer la concentration de plus en plus phénoménale de la finance internationale entre les mains d’une poignée de plus en plus riquiqui d’heureux bénéficiaires. Celui-ci donc, au risque d’être lynché à la récré par ses petits camarades, utilisa pour se faire bien comprendre une petite démonstration pas trop compliquée, où il apparaissait qu’il fallait, il y a quelques années, un bus Macron de 85 places pour contenir les 85 personnes riches d’autant d’avoirs que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Avant de conclure : « Depuis cette année, la taille d’un véhicule aussi grand n’est plus nécessaire, un monospace de huit places suffit désormais ». 

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