Mot-clé - Tournefeuille

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi, avril 4 2020

Journal de bord 10

Satané virus (ou les tribulations immobiles d’une projectionniste de Borderouge au chômage technique) : à vous, l’équipe du cinéma, à vous chers spectateurs.

Avant l’arrivée de ce satané virus, il me paraissait déjà bien compliqué de participer à l’ouverture de ce nouvel Utopia ce 12 Juin dernier. L’impatiente que je suis, n’arrivant pas à accepter qu’un lieu nouveau se crée un jour après l’autre, une chose à la fois et ce avec l’énergie de tout un chacun. Jusqu’à l’arrivée de ce satané virus, j’avais la sensation ingrate de ne pas… Ne pas allez assez vite, assez bien, ni avec assez de temps. 9 mois, que nous avons ouvert les portes de ce nouvel espace et lieu de vie, de rencontres et d’échanges. 9 mois, à ce qu’on dit, juste le minimum pour arriver à poser les bases d’un nouveau projet. À peine le temps de démarrer un début de quelque chose, que bim ! - ce satané virus vient nous stopper dans notre élan. C’est rageant.

Lire la suite...

vendredi, avril 3 2020

Journal de bord 9

Je suis allée faire le plein de bonne nourriture au magasin bio près de chez moi aux aurores… curieuse ambiance… étrange, bizarre ! Chacun avait son masque, vrai ou bricolé maison, certains l’avaient coincés avec les lunettes et tous remplissaient à la hâte leur panier en jetant des regards furtifs et méfiants aux 6 personnes tournant dans le magasin, inquiets de garder des distances suffisantes pour ne pas écoper d’un virus qui leur bondirait au nez par surprise, le regard en dessous… drôle de sentiment irréel de se retrouver figurant dans un de ces films de fiction qui peuplent les « nuits fantastiques d’Utopia »… quel monstre allait donc surgir parmi les endives, les carottes et les navets… brrrr ! Ce brocolis me regardait d’un œil bizarre… Pas envie de traîner… en sortant, un escadron de mousquetaires à moustache contrôlaient les laisser-passer.

Mais alors interroge d’entrée Le Monde Diplomatique du mois d’avril : « une fois cette tragédie surmontée… tout recommencera-t-il comme avant… » ce confinement qui nous oblige à un repli sur nous mêmes, aura-t-il été un temps de méditation, de réflexion, de remise en question ?… allons nous bondir hors de notre tanière une fois la contrainte levée en scandant « plus jamais ça ! » quitte à reprendre la Bastille pour obliger nos dirigeants à changer de logiciel… ou allons nous repiquer aussi sec avec nos sales petites habitudes ?

Lire la suite...

mercredi, avril 1 2020

Journal de bord 8

Il y a des histoires vraies qui sont plus belles que des contes, des histoire qu’on pourra raconter aux générations futures au coin d’un feu qui pétille l’hiver, à l’ombre du murier, l’été… Il était une fois… c’était dans ces temps où les multinationales prises par une sorte de frénésie folle construisaient partout des bâtiments immenses et laids qui se ressemblaient tous, et on ne savait plus si on était à Cergy Pontoise, à Toulouse ou en Californie… se faisant une sorte de guerre planétaire à mort : laquelle d’entre elles possèderait le plus grand nombre de ces gigantesques hangars où les gens déambulaient comme des morts-vivants en faisant rouler devant eux des caddies plein de choses qui, au trois quart ne leur étaient pas indispensables, et étaient même parfois fort nuisibles pour leur santé, pendant qu’une musique décervelante leur couinait aux oreilles : « ne pas réfléchir, acheter, ne pas réfléchir… ». Bien entendu ces temps sont révolus et, depuis que les cieux leur sont tombés sur la tête, les promoteurs de multinationales ont fait amende honorable et sont tous rentrés au couvent, jeûnent et portent le cilice pour expier leur faute… mais ça c’est après la grande catastrophe de mars 2020… revenons à notre histoire…

Lire la suite...

mardi, mars 31 2020

Journal de bord 7

« Si l’on compare la quantité produite, le coût de la production, l’eau et l’énergie consommée, l’emploi créé (on pourrait ajouter la qualité offerte) on arrive à la conclusion qu’il vaut mieux avoir 100 fermes de 50 hectares qu’une seule ferme de 5000 hectares. Je ne pense pas qu’il faille aller jusqu’à revenir à l’ancien, mais il faut trouver un autre équilibre que celui que nous avons fait l’erreur de croire bon »… Ce n’est pas un militant écolo qui formule cette analyse, mais c’est un personnage d’État, ministre de l’agriculture de 1961 à 1966… la plus longue durée pour ce ministère : autant dire que le monsieur a eu l’occasion d’analyser les choses… on le retrouve dans le très beau film d’Agnès Fouilleux Small is beautifull que nous venons de mettre en ligne (voir « les films confinés »).

Lire la suite...

lundi, mars 30 2020

Journal de bord 6

Il pleut, il neige, il mouille… c’est la fête à la grenouille ! plus facile pour les confinés de ne pas mettre imprudemment le nez dehors !… Ana Pitoun et Valérie Mitteaux réalisent depuis quelques années, ensemble ou chacune de leur côté, plein de films tout à fait passionnants. Vous avez pu en voir une bonne partie à Utopia : Caravane 55, Kings of the world, 8 avenue Lenine… de Valérie seule : Filles ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre, Dreamocracy… Anna : Pologne aller-retour, Smaïn cité Picasso… tous programmés par de nombreux festivals dans plein de pays et très souvent abondamment primés. Ils sont régulièrement programmés sur diverses chaines, notamment Arte. « Le documentaire, c’est une relation au-delà d’un cadre, d’un message, c’est une relation que vous vous mettez à entretenir avec la personne que vous filmez. C’est un contrat de confiance » et c’est toute la richesse de ce cinéma de l’humain, qui nous immerge dans la vie de personnes qui cessent peu à peu de nous être inconnues et au fil des images crée du lien, interroge leur vie et fait évoluer notre regard sur « les autres ». Elles ont du talent, un savoir faire : les images sont belles, le montages précis, les musiques judicieuses… elles ont de l’humour mais surtout une formidable empathie qui passe jusqu’à nous. C’est un cinéma qui n’est ni neutre ni gratuit ; il est fait pour alimenter compréhension et réflexion, et s’il fait rire, émeut, indigne ou touche…. il ne vise jamais bas. C’est un cinéma qui milite pour une humanité plus tolérante et plus juste. « Filmer, c’est écouter avant de regarder » dit Ana, tandis que les personnes qui leur parlent de confiance nous incitent à partager cette curiosité bienveillante qu’elles leur portent. En ces temps de pandémie qui peuvent révéler de la société humaine aussi bien le meilleur que le pire… ce cinéma là nous ouvre une piste vers le meilleur et c’est bien bon.

Lire la suite...

samedi, mars 28 2020

Journal de bord 5 : les films du confinement…

Pendant la durée du confinement, nous allons nous efforcer de vous proposer des films qu’on aime, qu’on trouve passionnants, qui ouvrent une fenêtre sur la vie des autres, qui nous aèrent les méninges… La programmation d’Utopia est faite de films choisis parmi ceux qui sortent, mais aussi de pépites rares, puisées au fil de nos recherches, de nos rencontre avec des réalisateurs peu médiatisés… et donc peu diffusés. Tous ceux qui travaillent à Utopia voient des films avant leur mise sur le « marché »  et les films portés par les « distributeurs indépendants » sont visionnés avec une attention toute particulière… Ces passionnés de cinéma qui ne dominent pas « le marché » y jouent pourtant un rôle essentiel parce qu’ils font son renouvellement et sa diversité. Leur rôle de « découvreurs » a une influence réelle sur l’évolution de la « profession », bien au-delà de la moindre part qu’ils prennent dans son économie générale. Côté public, ils sont indispensables pour la frange de plus en plus importante de spectateurs qui ont besoin que le cinéma leur apporte diversité et ouverture et ils résistent grâce à votre curiosité…. Or quand le public évolue dans ses goûts et dans son exigence « le marché » tout entier bouge aussi et les grosses compagnies de distribution suivent l’évolution du public. Les plus grosses compagnies, celles qui ont les plus forts moyens et rayonnent sur le monde entier (particulièrement les américains) influencent la demande du public le plus large, le conditionnent, mais, si le public exprime suffisamment fort une demande, les grosses compagnies tente de répondre à cette demande. Ils sont nombreux les réalisateurs qui ont commencé par être soutenus par les indépendants et ensuite ont été « récupérés » par les plus gros : c’est bien parce que les consommateurs ont commencé à s’intéresser à leur nourriture que les supermarchés se sont mis à offrir un rayon bio…

Lire la suite...

vendredi, mars 27 2020

Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 4

La civilisation du poisson rouge… c’est un bouquin dont je vous recommande la lecture : pas gros, vite lu, mais grosse réflexion à la clé. On le voit bien, partout et en tous lieux impossible de passer du temps avec quelqu’un sans qu’il lorgne du coin de l’oeil les messages qui arrivent sur son portable. Des jeunots de ma connaissance, dorment avec, se réveillent la nuit pour le cas où ils auraient loupé le message de leur vie, branchés en permanence sur des relations artificielles, ponctuées de likes et de fake news… et tous perdent l’habitude de la lecture, de la réflexion longue, on Tweete plus vite que son ombre, on facebooque, on survole, le cortex orbito frontal à force d’être mis au chomage technique finit par ne plus permettre à son propriétaire de voir plus loin que le bout de son nez…

Lire la suite...

jeudi, mars 26 2020

Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 3

Pendant le confinement, les projets continuent: un nouveau cinéma Utopia devrait voir le jour l’année prochaine, à l’initiative des élus de Pont Sainte Marie et d’une valeureuse permanente d’Utopia… Un cinéma du futur, écolo comme tout, à énergie positive et toilettes sèches bien moins propagatrices de microbes et virus… le petit dossier de présentation vous intéresserait beaucoup, il contient tous les fondamentaux d’Utopia et peut apporter des pistes de réflexions à ceux qui rêvent de créer leur petit cinoche… le contraire des multiplexes qui continuent à se construire un peu partout, qu’ils soient d’initiative privée ou publique, et dont on peut interroger la pertinence par ces temps de pandémie qui bousculent l’ordonnance des choses… la culture populaire à côté de chez vous, pas chère, garantie sans 3D, sans pop-corn et sans blockbusters… toutes ces choses qui polluent l’environnement sans nécessité et nuisent à la santé du corps et de l’esprit… un petit cinéma qui s’attache à l’essentiel : des films ouverts à toutes les cultures du monde, qui ne se contentent pas de « créer du temps de cerveau disponible pour Coca Cola », mais qui aide à voir et à comprendre l’autre, du plus proche au plus lointain, autant que soi-même…. bref, un petit cinoche ambitieux ouvert au plus large public, stimulateur d’imagination et de rêve, qui cultive le plaisir d’être ensemble, essaie de se construire contre les préjugés de toute sorte…

Lire la suite...

mercredi, mars 25 2020

Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 2

Dans ma salle de bain, il y a une petite souris. Je m’en suis aperçue parce qu’elle laissait ses crottes à côté du lavabo après avoir grignoté mon savon… Un soir, j’ai fini par voir son ombre furtive filer contre les tuyaux… Pour l’attraper, j’ai mis des petits morceaux de brioche sur le meuble dans une cage/piège = un petit morceau dans le sas qu’elle peut facilement atteindre pour l’appâter et lui donner le désir de poursuivre, un deuxième délicatement placé sur la partie qui bascule et devrait s’ouvrir comme une trappe pour la confiner, enfin ! Le troisième morceau, le plus gros, trône dans la deuxième partie de la cage, celle d’où elle ne pourra plus sortir… Mais elle est futée la diablesse… je l’ai d’ailleurs aussitôt appelée Algernon (avez vous lu Des fleurs pour Algernon ?). Elle a bouffé la moitié du premier morceau et a du en déduire que j’étais bien intentionnée puisque, ce matin, je l’ai surprise, la coquine, pas effarouchée du tout, debout sur la cage, à me regarder (en respectant les consignes de confinement = 2 m) son petit museau pointu me narguant tant que je restais immobile, puis disparaissant au moindre mouvement de ma part.

Lire la suite...

lundi, mars 23 2020

Fratelli d'Italia !... Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 1

À l’heure où je commençais ce texte, c’était pour l’édito… il y a une dizaines de jours… on préparait la nouvelle gazette et trois fois par jour la Fédération des cinémas nous communiquait les nouvelles du petit monde du cinéma : il y avait panique à bord, l’un après l’autre, les distributeurs différaient la sortie de leur film, certains espéraient tenir coûte que coûte, on envisageait un fonctionnement restreint, les réunions de crise se succédaient… On imagine la catastrophe pour un distributeur indépendant, dont l’existence peut être remise en question à chaque sortie de film… on avançait, mais on commençait à se demander si notre imprimeur allait pouvoir nous livrer la gazette… vous connaissez la suite… Les italiens récemment confinés chez eux inventaient une formidable façon de ne pas se laisser aller au pessimisme et pour la première fois, se donnaient rendez vous : à leur fenêtre, à leur balcon tous se sont mis à chanter « Fratelli d’Italia »… et ont continué depuis : et tant pis pour ceux qui chantent mal, qui chantent faux, qui couinent qui coassent, accompagnent en tapant sur une casserole, jouent du flutiau, du pipeau… Tutti a casa, certes ! Mais pas vraiment séparés : continuer à vivre, à faire collectif, à ne pas se laisser dévorer par l’inquiétude, ne pas se laisser gagner par la parano, la peur de l’autre… rester solidaires ! C’était un joli symbole, émouvant comme un film de Comencini ou de Capra (dont on se souviendra ici qu’il est d’origine italienne). Depuis, les choses se sont précipitées la situation se tend chaque jour davantage, nous voilà aussi confinés et, passé le premier moment à déblayer l’administratif, vous nous manquez, le cinéma nous manque… Patrick, le fantôme d’Utopia Bordeaux vous raconte très bien ce que nous éprouvons en parcourant les Utopia sans vous… L’équipe de Bordeaux a lancé l’idée d’un Quiz auquel vous pouvez tout à fait participer, avec des extraits de films…

Ici une fois réglé les premiers problèmes, on réfléchit à comment garder avec vous ce lien qui nous est cher, et comment vous faire participer… histoire de savoir si vous pensez à nous, si Utopia vous manque aussi. Le site d’Utopia pourrait devenir un lieu de rassemblement, d’échanges virtuels. Vous pouvez nous écrire, nous faire des suggestions, nous raconter ce qu’il vous plaira, qu’on sache comment vous allez, ce que vous faites, les films que vous aimeriez qu’on programme à nouveau, ceux qui vous ont ému, fait rire, Envoyez votre prose! Et on essaiera de les ajouter dans le blog des profondeurs, ou dans une rubrique créée pour l’occase : felicite.films@cinemas-utopia.org.

Lire la suite...

- page 1 de 6