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mercredi, avril 22 2020

Soutenir Utopia

Vous êtes nombreux à nous poser la question : comment vous soutenir, peut-on acheter des abonnements…

On en a longuement parlé entre nous… les informations qui nous viennent du côté de la profession évoluent chaque jour : nous ne savons ni quand, ni comment nous allons pouvoir ouvrir à nouveau les salles. Pour le moment, les diverses mesures mises en place, l’annonce du versement anticipé de la subvention Art et Essai, le chômage partiel, les différés d’emprunt (merci le Crédit Coop qui nous a immédiatement soutenu)… font que nous pouvons « voir venir », prendre le temps d’analyser la situation . Les six Utopia se concertent, chacun compte ses sous et nous agissons en priorité sur l’entraide de notre petite communauté.

Notre premier élan était de répondre à votre proposition de soutien, tant elle nous faisait chaud au coeur… merci ! Mais il nous semble sage d’attendre et de faire appel à vous quand nous aurons un minimum de visibilité, quand nous pourrons vous donner des annonces claires… Nous avons déjà de votre part un bon nombre d’abonnements qui sont en trésorerie et que vous n’avez pas utilisé : grâce à vous déjà, on peut tenir le coup… vous demander de faire un effort plus grand est prématuré.

Pour le moment, suivez le site des Utopia on vous racontera tout à mesure. Soyez nombreux à voir les films qu’on vous propose, soyez nombreux à jouer avec nous… pour le moment c’est comme chanter à vos fenêtres : ça nous soutient le moral…

lundi, avril 20 2020

Journal de bord 14

« On nous cache tout, on nous dit rien… plus on apprend plus on ne sait rien…. » chantait en 67 Jacques Dutronc, fringant jeunot à la belle gueule… Ça ressemble aux chansons que nous débite la foule des coryphées sur les réseaux sociaux et médias divers, ça cancane, ça ricane, ça tweete, ça facebooque : « mais comment se fait-ce qu’il n’y ait pas un seul gourou qui puisse nous donner une bonne petite certitude à se coller sous la comprenette : petite grippe saisonnière ou grand désastre ? Virus anodin ou catastrophe du siècle? Et pourquoi qu’on n’a pas de vaccin ? et pourquoi qu’on ne peut pas nous dire une date précise pour qu’on puisse retenir nos billets d’avion pour partir en vacances ?… et les masques, hein les masques ?… là, je rigole : qu’est-ce qu’on s’était payée sa tête à la Roselyne lorsqu’elle avait fait fabriquer deux milliards de masques… les Guignols en régalaient les rieurs du soir, les réseaux sociaux s’esbaudissaient… quelle andouille cette Roselyne… et quand ce Covid-ci a commencé à pointer son nez les rires antérieurs n’étaient pas encore oubliés : même qu’on en a entendu plus d’un se moquer de ceux qui voulaient arrêter les bises et se cacher le nez: booho ho ! c’est une grippe comme une autre… puis les infos passant, comme un ban de poissons qui virent tous ensemble, les mêmes qui s’indignaient des dépenses insensées de Roselyne s’indignent maintenant qu’on n’ait pas pensé plus tôt à faire fabriquer deux milliards de masques…

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vendredi, avril 17 2020

Journal de bord 13

C’était quelque part en Italie, écrasée sous la chape du corona virus, une toute petite information au journal de 6h30 sur France Inter, une petite information de rien du tout, mais qui touchait véritablement au cœur de l’humaine condition. Ce soir là, à 20h, dans le petit appartement tristounet de Giuseppe, arrive Maria, jeune assistante de vie qui se désole tant elle trouve son patient déprimé… un ancien maçon presque centenaire. Il n’a plus toute sa tête à l’issue d’une journée de solitude, et refuse la petite soupe que la jeune fille lui a préparée. Giuseppe, visiblement, n’a plus goût à rien, mais comme il aime bien Maria et ses visites, il accepte de goûter à sa soupe : une cuillère, puis deux… monte alors des balcons, tout autour, un tonnerre d’applaudissements, des cris, des chants, un concert de casseroles, et de fait, à ce moment là, Maria n’a aucune peine à se convaincre et à convaincre le vieux bonhomme au moral vacillant que tout ce charivari, c’est pour eux. Elle qui a fait la soupe et lui qui, cuillère après cuillère, a fini par la manger… Ce soir là, Giuseppe, le regard brillant, sortira son vieil harmonica d’un tiroir pour se joindre au chahut.

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jeudi, avril 9 2020

Journal de bord 12

Allez donc voir du côté d’Utopia Bordeaux : au mercredi 8 avril (jour 24 de l’après…) nos amis utopiens vous racontent ce qui se dit dans les coulisses du cinéma, les inquiétudes des distributeurs, des producteurs, des réalisateurs… le chamboulement gigantesque que provoque cette pandémie dans la profession cinéma…

En Chine, dans le grand mouvement de dé-confinement en cours là-bas, les salles de cinéma ont été autorisées à ouvrir… mais personne n’a eu envie de s’enfermer dans les salles obscures : avides de se dégourdir les arpions et de respirer l’air frais de la nature après trois mois de confinement, les Chinois se sont précipités massivement vers les zones touristiques : par milliers on les voyait au coude à coude se promener sur les chemins du parc national des monts Huang… alors que l’épidémie régressait, les autorités sanitaires s’inquiètent et redoutent à nouveau que le virus reprenne de la vigueur… le gouvernement a donc fait machine arrière : le parc Huang a refermé ses portes et les salles de cinéma ont a nouveau été bouclées… alors écoutez bien et prenez en de la graine : faudra pas vous coller les uns aux autres le jour où sonnera, guillerette, la cloche du dé-confinement…

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mardi, avril 7 2020

Journal de bord 11

7 avril : une nouvelle semaine de confinement commence… Bravo à Claude qui a été la première a trouver les deux réponses au Quiz 9&10. La première séquence était un extrait de Quatre garçons dans le vent (A hard day’s night) avec les Beatles et sorti en 1964. La séquence suivante : La rose et la flèche du même Richard Lester, réalisé douze ans après le précédent est un passage du merveilleux film où Robin des bois (Sean Connery), brigand au grand cœur qui détroussait les riches au profit des pauvres, retrouve Marianne après une vingtaine d’années passées aux croisades: elle est rentrées au couvent (Audrey Hepburn plus belle que jamais) le temps a passé, mais leurs retrouvailles sont superbes… c’est beau comme l’automne, déchirant et doux… s’il passe un jour à votre portée : ne ratez pas !

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samedi, avril 4 2020

Journal de bord 10

Satané virus (ou les tribulations immobiles d’une projectionniste de Borderouge au chômage technique) : à vous, l’équipe du cinéma, à vous chers spectateurs.

Avant l’arrivée de ce satané virus, il me paraissait déjà bien compliqué de participer à l’ouverture de ce nouvel Utopia ce 12 Juin dernier. L’impatiente que je suis, n’arrivant pas à accepter qu’un lieu nouveau se crée un jour après l’autre, une chose à la fois et ce avec l’énergie de tout un chacun. Jusqu’à l’arrivée de ce satané virus, j’avais la sensation ingrate de ne pas… Ne pas allez assez vite, assez bien, ni avec assez de temps. 9 mois, que nous avons ouvert les portes de ce nouvel espace et lieu de vie, de rencontres et d’échanges. 9 mois, à ce qu’on dit, juste le minimum pour arriver à poser les bases d’un nouveau projet. À peine le temps de démarrer un début de quelque chose, que bim ! - ce satané virus vient nous stopper dans notre élan. C’est rageant.

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vendredi, avril 3 2020

Journal de bord 9

Je suis allée faire le plein de bonne nourriture au magasin bio près de chez moi aux aurores… curieuse ambiance… étrange, bizarre ! Chacun avait son masque, vrai ou bricolé maison, certains l’avaient coincés avec les lunettes et tous remplissaient à la hâte leur panier en jetant des regards furtifs et méfiants aux 6 personnes tournant dans le magasin, inquiets de garder des distances suffisantes pour ne pas écoper d’un virus qui leur bondirait au nez par surprise, le regard en dessous… drôle de sentiment irréel de se retrouver figurant dans un de ces films de fiction qui peuplent les « nuits fantastiques d’Utopia »… quel monstre allait donc surgir parmi les endives, les carottes et les navets… brrrr ! Ce brocolis me regardait d’un œil bizarre… Pas envie de traîner… en sortant, un escadron de mousquetaires à moustache contrôlaient les laisser-passer.

Mais alors interroge d’entrée Le Monde Diplomatique du mois d’avril : « une fois cette tragédie surmontée… tout recommencera-t-il comme avant… » ce confinement qui nous oblige à un repli sur nous mêmes, aura-t-il été un temps de méditation, de réflexion, de remise en question ?… allons nous bondir hors de notre tanière une fois la contrainte levée en scandant « plus jamais ça ! » quitte à reprendre la Bastille pour obliger nos dirigeants à changer de logiciel… ou allons nous repiquer aussi sec avec nos sales petites habitudes ?

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mercredi, avril 1 2020

Journal de bord 8

Il y a des histoires vraies qui sont plus belles que des contes, des histoire qu’on pourra raconter aux générations futures au coin d’un feu qui pétille l’hiver, à l’ombre du murier, l’été… Il était une fois… c’était dans ces temps où les multinationales prises par une sorte de frénésie folle construisaient partout des bâtiments immenses et laids qui se ressemblaient tous, et on ne savait plus si on était à Cergy Pontoise, à Toulouse ou en Californie… se faisant une sorte de guerre planétaire à mort : laquelle d’entre elles possèderait le plus grand nombre de ces gigantesques hangars où les gens déambulaient comme des morts-vivants en faisant rouler devant eux des caddies plein de choses qui, au trois quart ne leur étaient pas indispensables, et étaient même parfois fort nuisibles pour leur santé, pendant qu’une musique décervelante leur couinait aux oreilles : « ne pas réfléchir, acheter, ne pas réfléchir… ». Bien entendu ces temps sont révolus et, depuis que les cieux leur sont tombés sur la tête, les promoteurs de multinationales ont fait amende honorable et sont tous rentrés au couvent, jeûnent et portent le cilice pour expier leur faute… mais ça c’est après la grande catastrophe de mars 2020… revenons à notre histoire…

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mardi, mars 31 2020

Journal de bord 7

« Si l’on compare la quantité produite, le coût de la production, l’eau et l’énergie consommée, l’emploi créé (on pourrait ajouter la qualité offerte) on arrive à la conclusion qu’il vaut mieux avoir 100 fermes de 50 hectares qu’une seule ferme de 5000 hectares. Je ne pense pas qu’il faille aller jusqu’à revenir à l’ancien, mais il faut trouver un autre équilibre que celui que nous avons fait l’erreur de croire bon »… Ce n’est pas un militant écolo qui formule cette analyse, mais c’est un personnage d’État, ministre de l’agriculture de 1961 à 1966… la plus longue durée pour ce ministère : autant dire que le monsieur a eu l’occasion d’analyser les choses… on le retrouve dans le très beau film d’Agnès Fouilleux Small is beautifull que nous venons de mettre en ligne (voir « les films confinés »).

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lundi, mars 30 2020

Journal de bord 6

Il pleut, il neige, il mouille… c’est la fête à la grenouille ! plus facile pour les confinés de ne pas mettre imprudemment le nez dehors !… Ana Pitoun et Valérie Mitteaux réalisent depuis quelques années, ensemble ou chacune de leur côté, plein de films tout à fait passionnants. Vous avez pu en voir une bonne partie à Utopia : Caravane 55, Kings of the world, 8 avenue Lenine… de Valérie seule : Filles ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre, Dreamocracy… Anna : Pologne aller-retour, Smaïn cité Picasso… tous programmés par de nombreux festivals dans plein de pays et très souvent abondamment primés. Ils sont régulièrement programmés sur diverses chaines, notamment Arte. « Le documentaire, c’est une relation au-delà d’un cadre, d’un message, c’est une relation que vous vous mettez à entretenir avec la personne que vous filmez. C’est un contrat de confiance » et c’est toute la richesse de ce cinéma de l’humain, qui nous immerge dans la vie de personnes qui cessent peu à peu de nous être inconnues et au fil des images crée du lien, interroge leur vie et fait évoluer notre regard sur « les autres ». Elles ont du talent, un savoir faire : les images sont belles, le montages précis, les musiques judicieuses… elles ont de l’humour mais surtout une formidable empathie qui passe jusqu’à nous. C’est un cinéma qui n’est ni neutre ni gratuit ; il est fait pour alimenter compréhension et réflexion, et s’il fait rire, émeut, indigne ou touche…. il ne vise jamais bas. C’est un cinéma qui milite pour une humanité plus tolérante et plus juste. « Filmer, c’est écouter avant de regarder » dit Ana, tandis que les personnes qui leur parlent de confiance nous incitent à partager cette curiosité bienveillante qu’elles leur portent. En ces temps de pandémie qui peuvent révéler de la société humaine aussi bien le meilleur que le pire… ce cinéma là nous ouvre une piste vers le meilleur et c’est bien bon.

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